Brigitte Breton
Les ordres professionnels doivent faire face au même défi et aux mêmes maux de tête que les cégeps et les universités pour évaluer ceux et celles qui veulent obtenir un permis et joindre leurs rangs.
Les ordres professionnels doivent faire face au même défi et aux mêmes maux de tête que les cégeps et les universités pour évaluer ceux et celles qui veulent obtenir un permis et joindre leurs rangs.

À l’hôtel pour l’examen final

CHRONIQUE / Trois jours dans une chambre d’hôtel d’une grande ville canadienne. Ceux qui aspirent au titre de comptable professionnel agréé (CPA) ne peuvent refuser cette offre. C’est la solution retenue par CPA Canada pour l’examen final commun (EFC) de septembre prochain.

Depuis le début de la pandémie, on a souvent parlé de la créativité et des efforts déployés par les cégeps et les universités pour permettre aux étudiants de terminer leurs études et leurs stages. 

Les ordres professionnels doivent faire face au même défi et aux mêmes maux de tête pour évaluer ceux et celles qui veulent obtenir un permis et joindre leurs rangs.

CPA Canada a fait le choix de ne pas repousser l’examen de septembre et de ne pas le dispenser à distance. 

Au lieu de regrouper les candidats dans une grande salle commune comme au centre des congrès de Québec, CPA Canada les réunira dans différents hôtels où chacun sera installé dans une chambre pour répondre aux questions d’examen.

«Chaque candidat se verra assigner une chambre pour les trois jours de l’examen, où il aura accès à sa propre salle de bain et à une table de travail». Un ordinateur portable sera fourni ainsi que les logiciels nécessaires.

CPA Canada précise de plus que «toutes les portes des chambres devront rester ouvertes; les tables de travail seront placées de façon à être visibles du corridor. Seuls le candidat et, au besoin, son surveillant pourront accéder à la chambre».

L’an dernier, quelque 9000 personnes étaient inscrites à l’EFC à travers le Canada.

Ginette Bourbonnais, directrice des affaires publiques à l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec, signale que la situation est en constante évolution à cause de la crise sanitaire.

Les étudiants doivent espérer que CPA Canada est cette fois en contrôle et a prévu divers scénarios en cas de pépin.

La séance d’examen de l’an dernier avait connu des ratés techniques à cause de l’utilisation d’un logiciel. Une situation qui a entraîné une dose supplémentaire de stress et d’anxiété chez les aspirants. Les résultats des examens ont pu être dévoilés seulement au début de janvier plutôt qu’à la fin de novembre.

La pandémie a aussi forcé l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) à faire les choses autrement cette année. Il a dû renoncer à l’examen prévu en mars. Pour septembre, il se retrouve donc avec deux cohortes. 

«Les milieux de travail ont besoin des diplômés», signale Colette Ouellet, directrice à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Pour faire passer l’examen à 3500 personnes dans le contexte de pandémie et de distanciation physique requise, l’ordre professionnel devra donc les répartir par petits groupes sur plusieurs sites. 

Les examens se dérouleront les 12 et 19 septembre. «Le retrait d’un si grand nombre de personnes des unités de soins nous oblige à tenir l’examen sur deux journées», explique Mme Ouellet.

L’École du Barreau a dû aussi revoir ses façons de faire. En mai, elle a opté pour un examen en ligne qui a connu des difficultés, soulevé des critiques parmi les 900 étudiants et commandé une analyse externe. L’évaluation finale de reprise, prévue pour le 13 juillet, se fera cette fois en personne, dans les centres de formation.

Qu’importe la profession, les personnes qui doivent se soumettre à l’examen d’un ordre professionnel se souviennent habituellement toute leur vie du jour de l’épreuve et de celui où elles ont obtenu leurs résultats. 

Celles qui ont vécu ce passage obligé en 2020, en période de pandémie, auront un «petit plus» à raconter.