Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
 Robert «Butch» Goring trace un parallèle entre la transaction impliquant Jean-Gabrielle Pageau et la sienne, survenue pendant la saison 79-80.
 Robert «Butch» Goring trace un parallèle entre la transaction impliquant Jean-Gabrielle Pageau et la sienne, survenue pendant la saison 79-80.

À la Butch Goring

RUBRIQUE — À TRAVERS LA LNH / Le brio de Jean-Gabriel Pageau, depuis le début des séries éliminatoires, donne aux plus vieux partisans des Islanders de New York une merveilleuse impression de déjà-vu.

Ils font un plongeon vers le passé. Ça les ramène au début des années 1980.

Juste avant d’obtenir le statut de super puissance, dans la Ligue nationale, les dirigeants des Islanders ont conclu une transaction déterminante. Ils ont arraché le centre Robert «Butch» Goring aux Kings de Los Angeles.

Goring est aujourd’hui perçu comme le «chaînon manquant». Les fans demeurent convaincus qu’en stabilisant l’attaque, il a permis à l’équipe de remporter la coupe Stanley quatre fois d’affilée.

À 70 ans, Goring demeure très actif, à titre d’analyste à la télévision.

Ce printemps, on lui parle beaucoup de Pageau.

Quand on lui demande de se comparer au centre gatinois, il offre une réponse, toute prête.

«On pourra commencer à jaser quand il aura obtenu sa quatrième bague de championnat.»

Il dit ça avec humour.

En réalité, il a beaucoup d’admiration pour le numéro 44.

«Toutes les comparaisons sont boiteuses», a dit Goring, quand nous l’avons contacté, plus tôt, cette semaine.

«Je crois qu’il y a quand même un parallèle à tracer entre ma transaction et celle de Jean-Gabriel Pageau.»

«En début de saison, les Islanders ont mis Derick Brassard sous contrat, en s’imaginant qu’il pourrait jouer le rôle de centre numéro trois. Ça n’a pas très bien fonctionné. On s’est éventuellement rendu compte que Brassard était plus efficace en tant qu’ailier. Les Islanders avaient encore besoin d’un centre numéro trois, quand ce gamin-là est arrivé.»

«Barry Trotz, on le sait, pense à la défensive avant tout le reste. Pageau sait ce qu’il fait quand il se trouve dans son territoire. Il est droitier et il est bon dans les cercles des mises en jeu. Ce n’est pas négligeable. Il est capable d’évoluer durant les infériorités numériques. En plus, il est capable de marquer de gros buts dans les séries!»

Robert «Butch» Goring est aujourd’hui perçu comme le «chaînon manquant» des Islanders qui a permis à l’équipe de remporter la coupe Stanley quatre fois d’affilée au début des années 1980.

Au début des années 1980, quand il s’est joint aux Islanders, Goring a vite trouvé sa place dans le fauteuil du centre numéro trois. Ce rôle de soutien, au sein d’un club qui misait déjà sur Bryan Trottier et John Tonelli, lui convenait parfaitement.

«Moi, quand je suis arrivé à Uniondale, je me suis contenté de faire ce que j’étais capable de faire. Je n’avais pas de pression. Je devais simplement être moi-même. Trottier était le centre numéro un. Nous avions quelques bons ailiers. J’ai pris ma place. J’ai fait mon travail.»

Il a quand même remporté le trophée Conn-Smythe, en 1981. Comme Pageau, il était capable de marquer de gros buts dans les moments cruciaux.

Butch Goring était heureux de jouer un rôle de soutien, sur la patinoire. À l’extérieur de la glace, c’est une autre histoire.

Denis Potvin était le capitaine et le chef de file des Islanders. Son équipe avait atteint la troisième ronde des séries à quatre occasions, entre 1975 et 1979, sans jamais réussir à mettre la patte sur le trophée Prince de Galles.

Il avait du mal à comprendre.

Goring, lui, a vite mis le doigt sur le bobo. Après quelques semaines, au Nassau Coliseum, il a eu l’impression que ses nouveaux coéquipiers n’avaient pas suffisamment confiance en eux.


« Je crois qu’il y a quand même un parallèle à tracer entre ma transaction et celle de Jean-Gabriel Pageau. »
Robert «Butch» Goring

Potvin aime bien raconter une histoire qui met en vedette Goring. Dans le vestiaire, un bon soir, l’attaquant a pris la parole devant tout le monde.

«Essentiellement, dit Potvin, Butch nous a dit qu’on ne savait pas à quel point on était bons. Il nous a dit qu’on ne savait pas à quel point les autres équipes nous respectaient, à travers la ligue.»

Des fois, dans le monde du sport, une petite déclaration, comme celle-là, peut faire beaucoup de chemin.

«Je m’en souviens très bien, dit Goring. Le plus drôle, c’est que je n’essayais pas d’influencer qui que ce soit. On venait juste de gagner un match dans lequel on n’avait pas particulièrement bien joué. À ce moment-là, j’ai juste eu envie de dire aux gars qu’ils étaient capables d’accomplir de grandes choses. Je l’ai fait.»

Il y a une autre différence, majeure, entre les Islanders de 1980 et les Islanders de 2020.

En 1980, les Islanders étaient une jeune équipe.

En ce moment, c’est le contraire. Trotz dirige une douzaine de joueurs qui sont âgés dans la trentaine.

Butch Goring aborde quand même l’avenir avec optimisme.

Un amphithéâtre tout neuf est en construction, dans le secteur de Belmont Park. L’équipe devrait être en mesure d’y emménager au début de la saison 2021-22.

«Les propriétaires ont embauché un DG et un entraîneur d’expérience. Toutes les excuses que les joueurs avaient pour ne pas se joindre aux Islanders sont en train de s’effacer.»

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LE DÉBUT DE QUELQUE CHOSE DE GROS?

Le mois d’août est presque terminé. Dans plusieurs régions du Québec, les enfants ont effectué leur rentrée scolaire, cette semaine.

Même si les Finales d’Association sont à nos portes, dans la Ligue nationale, on a l’impression que la vie va reprendre son cours normal - en quelque sorte - dans les prochains jours.

Dans ce contexte, notre rubrique hebdomadaire sur les activités de la LNH effectue un retour dans nos pages.

La COVID-19 a bousculé tout plein de choses. Dans le passé, elle apparaissait dans notre édition du mardi.  Elle déménage et trouvera très bien sa place dans notre édition «magazine» du samedi.

Le contenu ne changera pas trop, toutefois. Chaque semaine, on va essayer de trouver des histoires qui ne sont pas racontées, ailleurs.

D’ailleurs, je dis que le virus a bousculé tout plein de choses. Il a provoqué de bonnes discussions, constructives, dans les salles de rédaction des quotidiens  régionaux. Cette rubrique pourrait donc faire partie de quelque chose de plus gros.

J’en ai déjà trop dit. 

À suivre.