Lundi soir, Devante Smith-Pelly a inscrit son sixième but en 23 matches éliminatoires. L’attaquant des Capitals devra négocier son prochain contrat durant la saison morte.

À coups de coude, d’épaule, de bâton...

CHRONIQUE / Le hockey est un sport de plus en plus rapide. C’est vrai. La Ligue nationale appartient aujourd’hui aux joueurs qui sont capables de patiner et d’exécuter des jeux savants à haute vitesse. Ça aussi, c’est vrai.

La plupart du temps.

La coupe Stanley se gagne depuis 100 ans à coups de bâton, à coups d’épaule, à coups de poing. Plus les séries avancent, plus il faut être prêt à souffrir pour avancer.

À compter de la mi-avril, les joueurs robustes – et ceux qui sont un peu salauds, parfois – reprennent leurs droits.

Les partisans des Capitals de Washington, qui n’ont jamais été aussi près d’un championnat en 40 ans d’histoire, en savent quelque chose. C’est sans doute pourquoi ils scandaient les initiales « DSP » durant le match numéro quatre de la finale, mardi soir.

Le Québec n’a pas gardé un grand souvenir de Devante Smith-Pelly. Il a passé deux moitiés de saison avec le Canadien de Montréal, entre 2015 et 2016.

Lorsque le directeur général Marc Bergevin l’a échangé aux Devils du New Jersey, à l’approche de la date limite des transactions, il était plutôt clair qu’il ne croyait plus trop en lui.

Au New Jersey, l’excellent Ray Shero ne l’a pas trouvé trop utile, non plus. Il a décidé de carrément racheter son contrat après une seule saison.

Smith-Pelly a bien failli ne pas s’en remettre.

Si les Capitals n’avaient pas eu autant de mal à respirer, sous le plafond salarial, il n’aurait peut-être pas eu la chance d’évoluer dans la LNH en 2017-18.

Il a été obligé d’accepter une sérieuse diminution de salaire pour conserver sa place dans la meilleure ligue sur la planète.

« En arrivant, cette année, j’étais bien conscient que j’abattais mes dernières cartes. Le rachat de mon contrat m’avait affecté, personnellement. Les joueurs de hockey ont un nombre limité d’opportunités », a-t-il très bien expliqué à un confrère du Washington Post.

Même s’il était parfaitement conscient de sa situation, on ne peut pas dire que Smith-Pelly a saisi le taureau par les cornes dès le départ.

« J’ai vécu une autre saison en montagnes russes », a-t-il concédé, dans la même entrevue.

Au moins, il trouve le moyen de finir l’année en force. Il a marqué sept buts en 75 matches, en saison régulière. Lundi, il a inscrit son sixième en 23 matches éliminatoires.

C’est une mise en échec percutante à l’endroit de Tomas Tatar, toutefois, qui a poussé la foule du Capital One Arena à scander son nom.

Ce coup d’épaule a été asséné vers la fin d’une infériorité numérique. Smith-Pelly est un des attaquants les plus utilisés par son entraîneur dans cette phase du jeu.

Les Golden Knights de Vegas ont été incapables d’inscrire un seul but lors de leurs attaques massives, lors de leur court séjour de deux parties à Washington.

L’entraîneur-chef des Caps, Barry Trotz, a pris le temps de parler du jeu de DSP dans les dernières heures. Il semble savoir pourquoi le colosse a eu du mal à trouver sa place, au cours des dernières années.

« Les entraîneurs de la LNH aiment les joueurs qui offrent le même rendement, soir après soir. Dans le passé, il a possiblement éprouvé des problèmes de constance. »

Belle façon de lancer un message à un joueur qui devra négocier son prochain contrat durant la saison morte.

Avez-vous de la monnaie ?
En 2007, lorsque les Sénateurs d’Ottawa ont atteint la finale de la Coupe Stanley, Daniel Alfredsson avait du mal à mettre le nez dehors. Partout, de manière spontanée, des partisans se ruaient sur lui et scandaient son nom.

Certains joueurs des Capitals vivent cette expérience, à leur tour. Avec un plaisir à peine dissimulé, le défenseur Matt Niskanen et l’attaquant T.J. Oshie ont misé sur le transport en commun pour se rendre au Capital One Arena, lors des deux derniers matches.

Selon la rumeur qui circule, Oshie a eu besoin d’un petit coup de pouce pour franchir les tourniquets. Il lui manquait environ 35 sous pour payer son billet, lundi.

Selon le Post, un généreux employé du Washington Metropolitan Area Transit Authority aurait choisi de fermer les yeux.

Harper, fan de Marchessault
On sait depuis longtemps que Bryce Harper est un redoutable joueur de baseball. On sait maintenant que le cogneur des Nationals de Washington connaît aussi son hockey.

L’athlète de 25 ans était dans les gradins, lundi. Originaire de Las Vegas, il était un des rares fans à porter les couleurs du club visiteur. Le numéro 81 était cousu dans le dos de son chandail blanc. Jonathan Audy-Marchessault fait clairement partie de ses joueurs favoris.

L’ailier québécois a été utilisé à profusion, lundi. Il a encore passé près de 20 minutes sur la patinoire. Il a obtenu une mention d’aide. Il n’a toutefois pas touché la cible à ses six dernières parties. Petit ralentissement, donc, pour celui qui a marqué huit buts en neuf parties, entre le 26 avril et le 16 mai.

Les probabilités contre Vegas
Les Capitals sont devenus la 34e équipe de l’histoire à prendre les devants 3-1 dans la finale de la Coupe Stanley.

Trente-deux des 33 équipes qui l’ont fait avant eux ont éventuellement gagné.

Les Maple Leafs de Toronto ont été les seuls à combler un déficit aussi important. Ça s’est passé en 1942.

Cette finale n’est pas terminée, mais...