L'auteure en compagnie de Charles Aznavour

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CHRONIQUE / Même après 15 ans (et quelque 5000 articles plus tard), il est des textes qui s’avèrent pas mal plus difficiles que d’autres à écrire. Pour lesquels l’expérience accumulée n’aide pas vraiment. Celui-ci en est un. Parce qu’il est le tout dernier que je signe à titre de chef des arts du Droit.

Au moment de tourner la page sur un pan foisonnant et ô combien important de ma carrière (et de ma vie personnelle, parlez-en à mes filles!), je tenais à vous dire tout simplement merci.

MERCI à vous, patrons (je pense particulièrement à Claude Gagnon, Jean Gagnon et André Larocque, mais aussi à Michel Gauthier, mon premier boss, aux sports, dans les années 90, qui m’a repêchée de nouveau en 2002). Vous m’avez accordé votre confiance et la liberté nécessaire pour me tromper (parfois, et peut-être un peu plus que ça encore…), pour apprendre (tout le temps) et m’épanouir (totalement): je vous sais gré de cet espace de créativité que vous m’avez donné la chance d’explorer et d’exploiter avec mes collègues pour parler de culture (qui mérite mieux qu’une troisième ministre en trois ans au Québec, et de devoir se battre à armes inégales contre les Netflix de ce monde, soit dit en passant!).

MERCI à vous, mes précieux collègues de la petite mais si vaillante équipe des arts, qui a évidemment changé au gré des ans (Caroline, Christian, Marc André, France, Geneviève, Yves, Maud, Paul, David, Marthe, André, Isabelle, Claude, Jean-Jacques…). Merci aussi à vous, collègues de la salle des nouvelles (photographes, pupitreurs et graphistes, entre autres) et de chaque département du journal. Sans vous, rien de toute cette merveilleuse aventure n’aurait été possible. Je serai toujours extrêmement fière d’avoir fait partie de vos rangs aussi longtemps. Et je continuerai à vous lire quotidiennement, promis!

MERCI à vous, mes filles. Vous avez littéralement grandi en me voyant lire, écouter de la musique, réaliser des entrevues de la maison, repartir, le soir, pour aller couvrir un spectacle, ou, depuis trois ans, prendre la route syndicale. Vous me donnez toute la latitude pour exercer mon métier avec passion. Rien ne me fait plus plaisir que d’entendre Gabrielle, aussi boulimique de lecture que moi, me vanter un auteur que je ne connais pas, et quand Eve, accro à la musique, partage ses écouteurs avec moi pour me faire découvrir ses plus récents coups de cœur.

MERCI à vous, chers lecteurs, fidèles au rendez-vous, que vous nous lisiez sur papier, sur votre ordinateur, votre tablette ou votre téléphone intelligent. Car la tradition de l’information crédible, produite par des journalistes professionnels, elle, doit se perpétuer! Le Droit demeure un pilier essentiel dans notre communauté. Il est un rempart démocratique face à la désinformation et à la prolifération des fausses nouvelles. En cette ère de transformation des médias traditionnels, vous avez un rôle crucial à jouer pour la suite des choses!

MERCI à vous, attachés de presse, relationnistes et gérants qui avez si bien appris à connaître et développer mes goûts. Simon, Marie-Jo, Johanne, Céline, Mireille et tous les autres, je compte sur vous pour continuer à élargir mes horizons!

Je ne saurais terminer sans vous remercier vous, les artistes. MERCI pour votre incroyable talent. Pour votre générosité en entrevue. Pour tous ces moments partagés de part et d’autre de mon calepin de notes, du téléphone ou du clavier. Merci pour votre capacité à m’émerveiller, me bousculer, me faire rire, pleurer et réfléchir, me faire voir la vie et le monde autrement. Peu importe l’émotion que vous provoquez en moi, vous mettez de la beauté dans mon quotidien, et je suis heureuse de savoir que c’est loin d’être fini, puisque vous serez encore au cœur du stimulant défi qui m’attend dès lundi à Radio-Canada.

Or, j’ai beau quitter Le Droit aujourd’hui, je sais que Le Droit fera à jamais partie de la femme et de la journaliste que je suis. Vous écrire à tous les jours (ou presque!) a été un réel privilège et la plus extraordinaire des écoles. Je vous ai donné le meilleur de moi-même et reçu plus encore en retour de vous tous! 

Cinq lettres. Ça semble tout à coup si peu pour témoigner de tout ce que je ressens au moment de mettre un point final à ce texte. Elles demeurent les plus vraies et sincères qui soient: MERCI! Pour tout. Du fond du cœur. 

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