Actualités

De nouvelles règles pour la motoneige

CHRONIQUE / L’industrie de la motoneige doit s’attendre à vivre de grands changements, à compter de l’hiver 2020, partout en province. Le président de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), Mario Gagnon, et le directeur général, Stéphane Desroches, faisaient partie de la caravane de la concertation, du 14 au 18 mars, dans une boucle de 1300 kilomètres reliant les monts Valin à la réserve cri d’Oujé-Bougoumou à Chibougamau via La Passerelle du 49e parallèle.

« Au Québec, on compte 200 clubs de motoneigistes formés de 4500 bénévoles qui entretiennent 33 000 kilomètres de sentiers. La motoneige est une industrie de 3,27 milliards de dollars et l’activité est en augmentation de cinq pour cent par année depuis trois ans, pour une période d’activité oscillant entre 12 et 16 semaines. En 2017, il y avait 200 000 motoneiges immatriculées au Québec et la moitié des propriétaires ont acheté leur droit d’accès pour devenir membres d’un club de motoneigistes. C’est une industrie de 14 000 emplois directs », fait savoir Mario Gagnon.

Patrick Duquette

Taxi : pour le meilleur ou pour le pire ?

CHRONIQUE / J’essayais de me faire une tête sur la modernisation de l’industrie du taxi au Québec. Si c’est compliqué ? Presque autant que de trouver un taxi au centre-ville de Hull, après l’heure de fermeture des bars…

J’entendais les chauffeurs de Gatineau crier à l’« expropriation sauvage ». Ils sont furieux contre la déréglementation décrétée par le ministre François Bonnardel qui fera perdre toute valeur à leurs permis de taxi.

Difficile ne pas compatir aux histoires de ces chauffeurs. Dans certains cas, ils ont hypothéqué leur maison pour acquérir un permis. D’autres comptaient sur la revente de leur titre pour financer leur retraite.

En même temps, ce n’est pas d’hier que Québec parle de déréglementer l’industrie du taxi. J’entendais des histoires de gens qui ont acheté des permis de taxi à gros prix dans les derniers mois. Ceux-là ont joué gros en toute connaissance de cause.

À LIRE AUSSI : En Outaouais, les propriétaires dénoncent une «expropriation sauvage»

Tout le monde s’entend pour dire que les chauffeurs de taxi « traditionnels » ont droit à une compensation puisque c’est Québec qui a changé les règles de l’industrie en cours de route. À commencer par le ministre Bonnardel qui offre de leur verser un demi-milliard. Les chauffeurs de taxi estiment plutôt leurs pertes à 1,3 milliard et sont prêts à emprunter le sentier de la guerre pour obtenir gain de cause.

On peut parier que le montant final se situera quelque part entre les deux. Mais si les chauffeurs veulent garder l’appui de la population dans le bras de fer qui s’annonce, ils ont intérêt à baisser le ton. Ce n’est pas en traitant le premier ministre François Legault et son ministre Bonnardel d’« assassins » qu’ils s’attireront la sympathie de la population.

Sur le fond, aucun doute qu’il fallait moderniser les règles de l’industrie du taxi trop rigides pour s’adapter aux nouvelles technologies.

Les libéraux de Philippe Couillard ont tergiversé sans se résoudre à aller de l’avant. À l’opposé, les caquistes ont mis moins de 6 mois avant d’ouvrir toutes grandes les portes de la province à Uber et compagnie. 

Ont-ils bien mesuré les conséquences de leur projet de loi ? Est-ce que cette réforme, bien que nécessaire, profitera réellement à l’usager comme elle prétend vouloir le faire ? C’est moins clair.

Ailleurs, la déréglementation de l’industrie du taxi a produit des effets pervers. Ainsi, le ministre Bonnardel espère mettre fin aux polluants et inutiles « voyages à vide » des taxis. Sauf qu’à Londres et New York, la croissance du nombre de chauffeurs Uber a eu l’effet inverse, soit d’augmenter la congestion routière et l’émission de gaz polluants.

Est-ce que les fêtards du Vieux-Hull peuvent espérer un service plus rapide avec la déréglementation ? À court terme, l’abolition des territoires de desserte et des quotas par agglomération permettra aux taxis de circuler plus librement. Et de se rendre directement là où la demande est la plus forte. Mais c’est le service de taxis dans les banlieues, comme Buckingham ou Aylmer, qui pourrait en souffrir.

Québec prédit que la concurrence accrue dans l’industrie du taxi profitera aux consommateurs. Les usagers pourront magasiner les meilleurs prix grâce aux applications mobiles des Uber, Lyft et autres. Il reste que durant certaines périodes achalandées – à la sortie d’un spectacle ou durant un festival – les prix risquent d’être prohibitifs. Qui sait si on ne s’ennuiera pas alors du bon vieux tarif fixe de taxi qu’on connaît aujourd’hui.

Entre les lignes

Se faire prendre aux tripes

CHRONIQUE / Trois cent soixante-quinze mille films et séries sont proposés sur Netflix. Quand je décide de passer deux heures devant la télé, j’en perds la moitié à pitonner pour trouver ce que je vais finalement écouter. Trop de choix, c’est comme pas assez. Mais, curieusement, chaque fois je finis par faire défiler un documentaire. Des biographies, mais surtout des documentaires animaliers. Comme si ça répondait à un besoin.

Eh bien, croyez-le ou non, une étude menée par la chaîne anglaise BBC et des chercheurs de l’université de Berkely, en Californie, vient de me faire réaliser que c’est sans doute le cas !

Chronique

Anxieux bien avant l’université

CHRONIQUE / L’anxiété et la détresse psychologique, ça n’apparaît pas en arrivant sur les bancs des universités. Il faut y voir bien avant.

C’est l’avis de Maryse Lassonde, neuropsychologue, professeure émérite et aussi présidente du Conseil supérieur de l’éducation. 

On n’a qu’à parcourir la recension de données statistiques et d’enquêtes sur la santé mentale des enfants et des adolescents que le Conseil vient de rendre disponible pour réaliser une fois de plus l’importance d’agir tôt et de faire de la prévention.

Les ministres Danielle McCann et Lionel Carmant tiendront le 13 mai un forum sur la santé mentale des jeunes. 

Un exercice nécessaire qui devra être suivi de mesures concrètes et solides, car certaines données sur la santé mentale des enfants et des adolescents sont préoccupantes.

«La prévalence des troubles anxieux, de la dépression, des troubles alimentaires et du TDAH est en augmentation depuis 2010-2011. De même, la prise de médicaments contre l’anxiété ou la dépression ainsi que ceux pris pour se calmer ou se concentrer est en hausse. Le même constat peut être fait en ce qui concerne la proportion relative d’élèves présentant une détresse psychologique élevée, et ce, à tous les niveaux du secondaire. De telles hausses s’observent ailleurs dans le monde», rapporte le Conseil reprenant des données de 2018 de l’Institut de la statistique du Québec. 

«[…] environ 47 % des élèves du secondaire  présentent une santé mentale florissante, 46 % une santé mentale modérément bonne et 6 % une santé mentale languissante».

Mme Lassonde se préoccupe aussi de l’état de santé des tout-petits.

Certes, l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, menée par Statistique Canada, révèle que 85,7 % des enfants de 2 à 5 ans ne montrent aucun signe de trouble émotif ou d’anxiété.

C’est néanmoins plus de 14 % des tout-petits qui en éprouvent.

Selon Mme Lassonde, le Québec est sur la bonne voie en misant sur le dépistage précoce et sur les services éducatifs à la petite enfance. 

Beaucoup reste à faire cependant. Des auteurs dont le Conseil rapporte les travaux indiquent que seulement 5 % des enfants ayant un problème de santé mentale ont accès à des services professionnels.

Mme Lassonde signale aussi en entrevue qu’il ne faut pas perdre de vue le milieu de vie où vit l’enfant. Plusieurs facteurs influencent la santé mentale et vivre dans un milieu défavorisé peut contribuer à accroître l’anxiété et la détresse.

Top 3 dans les universités

Si les familles et tous ceux qui gravitent autour du jeune interviennent dès la petite enfance, demeurent alertes et maintiennent leur soutien à l’école primaire, secondaire et au cégep, le Québec réussira peut-être à limiter les problèmes criants observés chez les étudiants dans les universités.

La santé mentale est maintenant dans le top 3 des préoccupations de l’Union étudiante du Québec (UEQ), indique le porte-parole Alexandre Ducharme.

L’automne dernier, l’UEQ a mené une enquête à travers le Québec sur la santé psychologique des étudiants des universités : «Qu’est-ce qui se cache sous ta façade?»

Quelque 25 000 étudiants ont participé à l’exercice dont les résultats seront connus à l’automne.

La bougie d’allumage? Un rapport d’enquête sur la santé psychologique des étudiants de l’Université de Montréal publié en 2016 et faisant état d’une prévalence importante de symptômes dépressifs, d’épuisement professionnel et de détresse psychologique chez la population étudiante.

Une situation qui se manifeste sur d’autres campus où plus de 20 % des étudiants souffrent d’anxiété, de dépression, de stress sévère et où les demandes d’aide sont en hausse.

En août, le ministre libéral Gaétan Barrette a lancé un nouveau service en santé mentale pour les 12 à 25 ans — Aire ouverte — à Laval, Montréal et Sept-Îles. La ministre McCann compte en ouvrir d’autres.

Plus de 75 % des troubles mentaux se manifestent avant l’âge de 25 ans et 50 % de ces troubles présents chez les adultes ont débuté avant l’âge de 14 ans. 

Il n’est pas superflu de rappeler ces statistiques à ceux qui tenteraient de faire passer au second rang la santé mentale et les jeunes qui souffrent de troubles mentaux.

Opinions

Quoi de neuf docteur?

CHRONIQUE / La célèbre question que pose Bugs Bunny à tout propos m’est venue à l’esprit lorsque j’ai lu cette semaine, dans la revue Nature, un article traitant de l’utilisation d’antibiotiques pour arroser des orangeraies en Floride. Il faut dire que plusieurs nouvelles interpellant la santé et l’environnement ont été publiées dans le dernier mois.

D’abord, on a appris que 91 % de la population humaine était exposée à la pollution de l’air dans les villes, ensuite le deuxième rapport Global Chemical Outlook qui montre que 1,6 million de morts sont attribuables chaque année à l’usage de produits chimiques. 

Finalement, on apprenait la condamnation de Monsanto en Californie pour le cancer d’un citoyen attribuable à l’utilisation de l’herbicide Round-Up. Quoi de neuf docteur ?

Sylvain St-Laurent

Lehner se sauve avec le Masterton

CHRONIQUE / Dimanche après-midi, Robin Lehner ne pouvait ignorer les cris et les chants qui provenaient des gradins du Nassau Coliseum. Les partisans des Islanders de New York scandaient son nom alors qu’il multipliait les gros arrêts contre les Coyotes de l’Arizona.

Dimanche, le gardien suédois a été parfait. Il a réussi 22 arrêts pour blanchir les visiteurs, 2-0.

Denis Gratton

La vérité virtuelle

CHRONIQUE / Les Franco-Ontariens n’ont pas besoin d’une université. Le gouvernement conservateur de Doug Ford avait raison de remettre aux calendes grecques la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français.

Oui, vous avez lu, vu et entendu un peu partout dans les médias que cette décision annoncée le 15 novembre dernier par le gouvernement de l’Ontario est injuste et injustifiée. L’Université de l’Ontario français allait ouvrir ses portes en septembre 2020 et, pour la première fois de leur histoire, les Franco-Ontariens allaient avoir LEUR université. Par et pour eux. Puis les conservateurs ont été élus et ils ont saboté ce beau rêve.

Sylvain St-Laurent

Lehner se sauve avec le Masterton

CHRONIQUE / Dimanche après-midi, Robin Lehner ne pouvait ignorer les cris et les chants qui provenaient des gradins du Nassau Coliseum. Les partisans des Islanders de New York scandaient son nom alors qu’il multipliait les gros arrêts contre les Coyotes de l’Arizona.

Dimanche, le gardien suédois a été parfait. Il a réussi 22 arrêts pour blanchir les visiteurs, 2-0.

Patrick Duquette

Taxi : pour le meilleur ou pour le pire ?

CHRONIQUE / J’essayais de me faire une tête sur la modernisation de l’industrie du taxi au Québec. Si c’est compliqué ? Presque autant que de trouver un taxi au centre-ville de Hull, après l’heure de fermeture des bars…

J’entendais les chauffeurs de Gatineau crier à l’« expropriation sauvage ». Ils sont furieux contre la déréglementation décrétée par le ministre François Bonnardel qui fera perdre toute valeur à leurs permis de taxi.

Difficile ne pas compatir aux histoires de ces chauffeurs. Dans certains cas, ils ont hypothéqué leur maison pour acquérir un permis. D’autres comptaient sur la revente de leur titre pour financer leur retraite.

En même temps, ce n’est pas d’hier que Québec parle de déréglementer l’industrie du taxi. J’entendais des histoires de gens qui ont acheté des permis de taxi à gros prix dans les derniers mois. Ceux-là ont joué gros en toute connaissance de cause.

À LIRE AUSSI : En Outaouais, les propriétaires dénoncent une «expropriation sauvage»

Tout le monde s’entend pour dire que les chauffeurs de taxi « traditionnels » ont droit à une compensation puisque c’est Québec qui a changé les règles de l’industrie en cours de route. À commencer par le ministre Bonnardel qui offre de leur verser un demi-milliard. Les chauffeurs de taxi estiment plutôt leurs pertes à 1,3 milliard et sont prêts à emprunter le sentier de la guerre pour obtenir gain de cause.

On peut parier que le montant final se situera quelque part entre les deux. Mais si les chauffeurs veulent garder l’appui de la population dans le bras de fer qui s’annonce, ils ont intérêt à baisser le ton. Ce n’est pas en traitant le premier ministre François Legault et son ministre Bonnardel d’« assassins » qu’ils s’attireront la sympathie de la population.

Sur le fond, aucun doute qu’il fallait moderniser les règles de l’industrie du taxi trop rigides pour s’adapter aux nouvelles technologies.

Les libéraux de Philippe Couillard ont tergiversé sans se résoudre à aller de l’avant. À l’opposé, les caquistes ont mis moins de 6 mois avant d’ouvrir toutes grandes les portes de la province à Uber et compagnie. 

Ont-ils bien mesuré les conséquences de leur projet de loi ? Est-ce que cette réforme, bien que nécessaire, profitera réellement à l’usager comme elle prétend vouloir le faire ? C’est moins clair.

Ailleurs, la déréglementation de l’industrie du taxi a produit des effets pervers. Ainsi, le ministre Bonnardel espère mettre fin aux polluants et inutiles « voyages à vide » des taxis. Sauf qu’à Londres et New York, la croissance du nombre de chauffeurs Uber a eu l’effet inverse, soit d’augmenter la congestion routière et l’émission de gaz polluants.

Est-ce que les fêtards du Vieux-Hull peuvent espérer un service plus rapide avec la déréglementation ? À court terme, l’abolition des territoires de desserte et des quotas par agglomération permettra aux taxis de circuler plus librement. Et de se rendre directement là où la demande est la plus forte. Mais c’est le service de taxis dans les banlieues, comme Buckingham ou Aylmer, qui pourrait en souffrir.

Québec prédit que la concurrence accrue dans l’industrie du taxi profitera aux consommateurs. Les usagers pourront magasiner les meilleurs prix grâce aux applications mobiles des Uber, Lyft et autres. Il reste que durant certaines périodes achalandées – à la sortie d’un spectacle ou durant un festival – les prix risquent d’être prohibitifs. Qui sait si on ne s’ennuiera pas alors du bon vieux tarif fixe de taxi qu’on connaît aujourd’hui.

Denis Gratton

La vérité virtuelle

CHRONIQUE / Les Franco-Ontariens n’ont pas besoin d’une université. Le gouvernement conservateur de Doug Ford avait raison de remettre aux calendes grecques la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français.

Oui, vous avez lu, vu et entendu un peu partout dans les médias que cette décision annoncée le 15 novembre dernier par le gouvernement de l’Ontario est injuste et injustifiée. L’Université de l’Ontario français allait ouvrir ses portes en septembre 2020 et, pour la première fois de leur histoire, les Franco-Ontariens allaient avoir LEUR université. Par et pour eux. Puis les conservateurs ont été élus et ils ont saboté ce beau rêve.