Denis Gratton

La solidarité des Francos

CHRONIQUE / On fait quoi là, les Francos ?

On se battait pour obtenir une université franco-ontarienne, on l’a eue. Vrai, ce n’est pas demain matin que les cours débuteront. Et on ne sait toujours pas ce qui sera enseigné entre les murs de l’endroit. Mais on l’a eue.

On luttait pour le bilinguisme officiel pour la Ville d’Ottawa, on l’a eu. Ce n’est pas parfait. Et les mots « officiel » et « égalité » n’apparaissent nulle part. Mais plus un maire d’Ottawa ne pourra décider de revenir en arrière et de couper des services en français. Nos acquis sont protégés. La fondation est solide.

On se battait aussi pour la gouvernance « par et pour » les francophones du Centre Jules-Léger, on l’a eue.

Et on apprenait vendredi que le projet de la Maison de la francophonie dans l’ouest d’Ottawa se réalisera – enfin ! – grâce à la contribution de 8,95 millions $ du gouvernement de l’Ontario.

Puis on peut ajouter à tout ça un monument à Queen’s Park, un hymne officiel, un ministère des Affaires francophones, des excuses pour le règlement XVII et plein d’autres petits cadeaux de tante Kathleen. Nous sommes choyés.

Mais là, on fait quoi ? On se bat pour quoi ? C’est dans notre ADN de lutter. C’est presque machiavélique de la part du gouvernement ontarien de tout nous donner ce que l’on souhaite. Ça nous tue.

Je blague, vous savez bien. Je sais qu’on a plusieurs autres luttes à gagner. Et je sais aussi que le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, se fera un plaisir de me les énumérer.

Mais avouez qu’on a le vent dans les voiles par les temps qui courent et qu’on la prend de plus en plus, notre place.  

Comment explique-t-on toutes ces victoires récentes de la communauté franco-ontarienne ? En un mot : solidarité.

La lutte épique pour sauver l’Hôpital Montfort d’une fermeture annoncée nous a démontré hors de tout doute qu’un peuple solidaire peut réaliser de grandes choses. Le regretté Jean-Robert Gauthier avait raison lorsqu’il a déclaré au tout début de la lutte S.O.S. Montfort : « Soyons solidaires et nous vaincrons ». Le sénateur avait vu juste.

Et c’est cette solidarité qui s’est accrue d’année en année qui nous a menés vers ces plus récentes victoires au niveau provincial. (Et je dis bien au niveau provincial, chers amis du mouvement « S.O.S. Vanier »).

La tempête du siècle

Mais il y a un autre phénomène qui nous a soudés et qui nous a unis il y a 20 ans. C’est l’ami Félix Saint-Denis qui me le rappelait. Je vous parle de la tempête du siècle. L’inoubliable et catastrophique tempête de verglas de janvier 1998. 

« L’entraide et la solidarité qu’on a témoignées dans l’Est ontarien durant ces six jours de verglas nous ont démontré qu’ensemble nous pouvions surmonter les pires épreuves, me disait Félix. Et c’est de Montfort et de cette solidarité durant la tempête du siècle qu’est né le spectacle à grand déploiement L’Écho d’un peuple », ajoutait-il.

*****

Et parlant de cette tempête de glace de janvier 1998...

Avez-vous des souvenirs à partager de ces six jours d’enfer ? Des anecdotes ? Si oui, écrivez-moi. Je pourrai partager vos histoires avec les lecteurs du Droit lorsqu’on soulignera le 20e anniversaire de cette tempête du siècle qui a privé plus d’un million de foyers d’électricité pendant plusieurs jours et qui a coûté la vie à 28 personnes.

De tristes et douloureux souvenirs pour plusieurs, je le sais. Mais aussi de belles histoires d’entraide, de courage, de persévérance et de... solidarité.

Sylvain St-Laurent

Il faut compléter le travail

CHRONIQUE / Malgré la tempête, les Olympiques ont effectué mardi leur visite annuelle aux jeunes patients qui passeront le temps des Fêtes à l’aile pédiatrique de l’Hôpital de Gatineau.

Parce que ça fait aussi partie des traditions qu’il faut maintenir.

Chaque année, une demi-douzaine de joueurs se prêtent au jeu. Comme sur la patinoire, ils imitent un peu les pros. Ils font un peu comme le Canadien, lorsqu’il passe au CHU Sainte-Justine. Ils font comme les Sénateurs, lorsque ceux-ci s’arrêtent au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO).

D’ailleurs, j’ai vite remarqué un truc en voyant le petit groupe qui se déplaçait dans les couloirs, cette année.

Il y avait Pier-Olivier Lacombe, Charles-Antoine Roy, Métis Roelens, Shawn Boudrias et Carson Gallant.

La relève, en quelque sorte.

Il reste trois matches à jouer aux Olympiques avant la pause des Fêtes. Les Voltigeurs de Drummondville seront en ville ce mercredi. Les Saguenéens de Chicoutimi passeront à leur tour au Centre Guertin, vendredi. Le match en plein qui sera disputé à la Place TD, dimanche, mettra un terme à une première moitié de saison qui s’est un peu mieux déroulée que prévu.

Personne n’aurait cru que l’équipe continuerait à gagner de façon aussi régulière après le départ de sa seule grande vedette, Vitalii Abramov.

Et, même si ce petit groupe formé de bon travailleurs pourrait continuer de connaître un certain succès, on pense qu’Alain Sear doit continuer le travail de reconstruction qu’il a débuté.

Si les offres qui lui seront acheminées sont intéressantes, à l’ouverture de la période des transactions, il devra continuer de sacrifier des joueurs qui sont bons maintenant dans le but de se rajeunir et de faire le plein de choix au repêchage.

Ce ne sera pas facile. Dans le court terme, ça n’aidera en rien les responsables du marketing qui cherchent à attirer des foules au Vieux Bob.

Ça fera peut-être mal à l’orgueil des plus vieux partisans de l’équipe, qui n’ont pas l’habitude de dire au revoir à leurs meilleurs joueurs à cette période de l’année.

Le coussin accumulé dans les dernières semaines devrait quand même permettre aux Olympiques de se qualifier pour les séries. À défaut d’être prêts à y connaître du succès, les jeunes qui resteront vivront une expérience enrichissante. Ils seront mieux outillés, par la suite, pour encadrer les autres jeunes qui se grefferont au groupe lors du camp d’entraînement de 2018.

L’entraîneur Éric Landry, qui est assurément la révélation des 12 derniers mois, pourra continuer de bâtir une équipe à son image.

J’ai mes billets.

Des gens, chez moi, auraient bien voulu assister à la Classique LNH100, samedi soir.

J’ai fait la grimace. Je leur ai fait comprendre que le match de dimanche, celui qui opposera les Olympiques aux 67’s d’Ottawa, constitue une meilleure affaire. Pour une infime fraction du prix, les gens qui assisteront à ce duel interprovincial auront sans doute droit à un spectacle plus enlevant.

Le hockey junior a toujours offert un bien meilleur rapport qualité-prix que la LNH.

On y sera, donc.

En me branchant sur le site du Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG), dans les dernières heures, j’ai pu constater qu’il reste quand même beaucoup de sièges à combler.

On va mettre les choses en perspective. Les Ravens de Carleton et les Gee Gees d’Ottawa n’ont pas trop de difficultés à remplir la Place TD pour le match Panda. Il s’agit pourtant d’un événement annuel, dans un sport qui n’est pourtant pas le favori des Canadiens.

On s’apprête à faire revivre une vieille rivalité régionale, dans un contexte unique. Les deux clubs pourraient croiser le fer à nouveau dans le futur. Ils ne le feront jamais à ciel ouvert, dans un contexte aussi particulier.

Il ne devrait pas être trop dur de trouver quelques milliers de fans qui ne voudront pas rater ça.

Sylvain St-Laurent

Un peu d’action à la date limite?

CHRONIQUE / Pierre Dorion a envoyé une petite onde de choc aux quatre coins de la Ligue nationale de hockey, ce week-end. Il aurait demandé à tous les joueurs qui jouissent de clauses de non-échanges partielles de soumettre le nom des villes où ils ne souhaitent pas déménager.

On affiche une pancarte « à vendre » à Ottawa ?

Si tôt ? À deux mois de la date limite des transactions ?

Ce n’est pas tout à fait ça.

Pas encore, du moins.

La vente de feu n’a pas encore débuté. En tant que directeur général, Dorion doit cependant se préparer. Si les Sénateurs s’avèrent incapables de renverser la vapeur en gagnant la vaste majorité de leurs matches d’ici la fin du temps des Fêtes, il devra se rendre à l’évidence. Il s’agira d’une saison gâchée.

On fera alors grand cas de cette organisation canadienne. Pour cause. Le plongeon, entre 2017 et 2018, aura été vertigineux.

Dorion risque de ne pas être tout seul dans son navire.

Les équipes de la LNH auront jusqu’au lundi 26 février, cet hiver, pour troquer des joueurs et des choix de repêchage. Tout porte à croire que les semaines qui précéderont ce jour seront fertiles en rebondissements.

Les émissions spéciales diffusées sur les chaînes sportives à la télévision ont été plutôt mornes, ces dernières années.

Deux facteurs majeurs tendent à l’expliquer.

D’abord, puisque la majorité des vedettes sont sous contrat à très long terme, le marché des joueurs de location a passablement refroidi.

Le commissaire Gary Bettman a eu ce qu’il voulait, aussi. Quand la parité est forte, les équipes moyennes et marginales restent dans la course plus tard. Leurs dirigeants hésitent à sacrifier des éléments qui pourraient les aider.

Cette année pourrait, toutefois, faire figure d’exception.

Une bonne demi-douzaine d’équipes commencent déjà à prendre du retard sur le peloton. Dans l’Association Est, les Sabres de Buffalo et les Panthers de la Floride sont un peu dans le même pétrin que les Sénateurs.

Dans l’ouest, les Coyotes étaient déjà morts et enterrés à la fin du mois d’octobre. Les Oilers d’Edmonton, que plusieurs voyaient en finale, n’ont jamais réussi à décoller. L’Avalanche du Colorado fait un peu mieux que l’an dernier, mais pas tant que ça.

Combien d’autres équipes se sortiront de la course dans les huit prochaines semaines ?

*****

Erik Karlsson fait partie des joueurs qui possèdent une clause de non-échange partielle à Ottawa. Il pourrait donc, au même titre que tous les autres, avoir à soumettre une liste des équipes pour lesquelles ils ne veulent pas jouer.

Le meilleur défenseur de la LNH ne risque toutefois pas d’être échangé cette année. Les Sénateurs ne se sépareront pas du meilleur défenseur de leur histoire avant d’y avoir sérieusement réfléchi. Qui plus est, le capitaine est sous contrat jusqu’en juillet 2019. Rien ne presse.

Mike Green pourrait être le meilleur défenseur disponible en février. Il touche un salaire annuel de six millions $ US, mais il sera libre comme l’air l’été prochain. Dans les premières étapes d’un long processus de reconstruction, ils ne risquent pas de s’associer à très long terme auprès d’un quart-arrière âgé dans la trentaine.

Sinon, Gabriel Landeskog pourrait être la plus grosse vedette sur le marché. Le plan de relance de Joe Sakic passe par le départ de deux piliers au Colorado. Matt Duchene parti, il reste le capitaine.

Patrick Duquette

Dilemme laitier

CHRONIQUE / Me voilà bien embêté.

Jusqu’à maintenant, il y avait deux choix de consommateur que je faisais avec une conviction sans faille : acheter du lait de la Laiterie de l’Outaouais à l’épicerie et éviter le plus possible de magasiner chez Walmart, en raison de ses pratiques antisyndicales. Or qu’est-ce que j’apprends en lisant mon journal ? Que la Laiterie de l’Outaouais souhaite vendre ses produits… chez Walmart. Au secours, docteur : je suis en crise existentielle.

Depuis 2010, j’achète toujours du lait de la Laiterie de l’Outaouais parce que j’ai l’impression d’encourager une entreprise locale qui a besoin de mon appui et celui des gens de la région pour vivre et prospérer. Pour être bien franc, je ne regarde même pas le prix de mon 4 litres de lait. Je l’achète, les yeux fermés, avec le sentiment que mon achat est plus qu’un banal geste de consommation, que c’est une prise de position politique en faveur d’une entreprise de chez nous.

C’est pour des raisons tout aussi politiques que j’évite de magasiner chez Walmart. Moi qui suis impliqué depuis de longues années dans le syndicat de mon entreprise, je me vois mal encourager une multinationale qui ferme ses magasins dès qu’un syndicat fait mine de s’y incruster.

En même temps, je me considère chanceux d’avoir les moyens de lever le nez sur une chaîne à bas prix comme Walmart. Il y a des gens qui y font leur épicerie. Il n’y a aucune raison qu’ils n’y trouvent pas, eux aussi, des produits locaux sur les tablettes. Y compris du lait de la Laiterie de l’Outaouais.

N’empêche que les visées de la Laiterie de l’Outaouais me semblent embêtantes à plus d’un titre. La coopérative laitière a fait sa réputation en se présentant comme une championne du développement régional et de l’achat local. Et la voilà prête à vendre ses produits sur les tablettes d’une multinationale américaine qui a la réputation de livrer d’impitoyables guerres de prix aux marchands locaux.

Ici même en Outaouais, plusieurs épiciers indépendants ont accepté — souvent à perte ! — de faire de la place sur leurs tablettes pour les produits de la Laiterie de l’Outaouais. Comment réagiront-ils en voyant la coopérative qu’ils ont appuyée par solidarité se tourner vers leur plus sérieux concurrent des dernières années ? Vont-ils s’en formaliser ? La question se pose.

Dès sa création en 2010, la Laiterie de l’Outaouais appréhendait un peu la crise existentielle qui se produirait le jour où elle aurait les reins assez solides pour distribuer ses produits chez Walmart. À l’époque, le président de la coopérative était un certain… Maxime Pedneaud-Jobin. Celui qui allait devenir le maire de Gatineau disait alors que le modèle économique de Walmart lui semblait faire « plus de mal que de bien ».

Aujourd’hui, les dirigeants de la Laiterie de l’Outaouais se défendent de cautionner les valeurs de l’entreprise américaine. Et c’est vrai que la Laiterie de l’Outaouais ne renierait pas son modèle d’affaires. Elle reste une coopérative régionale qui a réussi à prospérer tant et si bien qu’elle parvient maintenant à jouer dans la cour des grands. En outre, elle fait déjà des affaires avec des géants de l’alimentation comme Loblaw. Alors tout bien pesé, je vais continuer d’acheter du lait de la Laiterie, qu’elle entre chez Walmart ou pas. 

On dit souvent qu’acheter, c’est voter. Il me semble que c’est plus vrai que jamais. C’est une bonne chose que les gens soient plus conscients des enjeux liés à leur consommation. Mais une virée à l’épicerie ressemble de plus en plus à un cours d’éthique avancé. Est-ce que j’achète bio ou pas ? Avec OGM ou pas ? Local ou pas ? Équitable ou pas ? Avec gluten ou pas ? En spécial ou pas ? Marque maison ou pas ? Emballage ou pas ? Sac de plastique ou sac de papier ? 

Ça ne finit plus !

Denis Gratton

« De partout... jusqu’à vous »

CHRONIQUE / En octobre dernier, un haut dirigeant de Postes Canada confirmait lors que la société d’État allait bel et bien livrer du cannabis à domicile à compter du 1er juillet 2018. « Nous serons un agent de livraison », a laissé tomber Marc Smith, directeur à la stratégie et au développement cybercommerce chez Postes Canada.

Ce que ce M. Smith n’a pas dit et ce qu’il ignore peut-être, c’est que cette société d’État est déjà ni plus ni moins « un agent de livraison » et qu’elle livre du cannabis à domicile depuis des mois, voire même des années. La vente de marijuana en ligne existe depuis longtemps et c’est souvent Postes Canada qui assure sa livraison.

Prenons par exemple la compagnie Ganja Express, située en Colombie-Britannique. Une compagnie qui se proclame comme étant « le numéro 1 au Canada de vente de cannabis en ligne ».

Se procurer du cannabis, du haschich ou des produits dérivés à base de cannabis, est un véritable jeu d’enfant sur le site. Vous vous y inscrivez (nom et adresse courriel). Vous y magasinez. Vous payez par « Virement Interac » (soit la seule forme de paiement acceptée par Ganja Express). Et votre colis vous est livré à votre porte par le service Xpresspost de Postes Canada dans les jours qui suivent.

Est-ce que tout ça est légal ? Oui, selon Ganja Express, qui affirme sur son site qu’elle agit en toute légalité puisque leurs clients consommeraient du cannabis à des fins médicinales. Mais non, selon la loi. Il n’y a rien de légal là-dedans.

Mais Ganja Express compte tout de même des centaines, voire des milliers de clients...

Non, je n’ai pas tenté l’expérience, je n’ai pas été magasiné sur ce site. Mais je connais des gens de la région qui sont des clients réguliers de cette compagnie de la Colombie-Britannique, et ceux-ci affirment que c’est la façon la plus discrète et la plus fiable de se procurer du cannabis. 

On oublie le revendeur de ruelle, on oublie les boutiques de cannabis et on shop en ligne, dans le confort de notre foyer, puis on attend que le camion de livraison de Postes Canada se pointe à notre porte. Et merci beaucoup. Ou comme dit le slogan de Postes Canada : « De partout... jusqu’à vous ».

Donc si vous vous demandez si les Canadiens sont prêts pour la date « fatidique » du 1er juillet 2018, n’ayez crainte. La Terre ne cessera pas de tourner. Les gens qui ne consomment pas de cannabis ne se mettront pas soudainement à en fumer ou en manger parce que ce sera légal. Et ceux qui en consomment continueront simplement de s’en procurer de la même façon qu’ils le font depuis des mois, voire des années.

La machine est déjà très bien rodée. Illégale, mais bien rodée.

Frédérique et Mathilde

On change de sujet boutte pour boutte et on passe à la générosité de deux jeunes Gatinoises.

Je vous ai parlé en décembre dernier de Frédérique Lépine et Mathilde Guilbault, deux filles alors âgées de 11 ans qui fréquentaient l’école Massé, secteur Gatineau.

Depuis deux ans, ces deux amies unissent leurs efforts en décembre pour récolter des sous et des denrées afin de préparer un repas de Noël pour les dîneurs de la Soupe populaire de Hull. 

À leur première année, Frédérique et Mathilde ont récolté près de 400 $. Et l’an dernier, elles ont amassé plus de 575 $. Mais elles ne se contentent pas d’aller porter un chèque à la direction de la Soupe. Elles font plutôt elles-mêmes les épiceries et les achats nécessaires pour leur repas des Fêtes. Puis elles vont porter le tout à la Soupe populaire du boulevard Saint-Joseph.

Cette année, bien qu’elles soient étudiantes au secondaire, Frédérique et Mathilde récidivent. 

Et elles se rendront à la Soupe populaire le 23 décembre prochain pour partager leur repas avec les quelque 300 dîneurs de l’endroit. C’est leur façon d’aider, de faire une différence et de changer le monde... pour le mieux.

Si vous pouvez leur offrir un don, communiquez avec Sébastien Lépine (le père de Frédérique) au 819-230-0740.

Patrick Duquette

Youpi, j’ai un médecin de famille

CHRONIQUE / Vous ai-je dit que j’ai un médecin de famille ? Non ? Et bien, j’ai un médecin de famille. Pour la première fois depuis mon arrivée en Outaouais, il y a 20 ans.

J’ai même eu mon rendez-vous de prise en charge. C’était à la nouvelle superclinique MédiGo à Gatineau. La  salle d’attente était à moitié pleine. Moi, je n’ai pas attendu, pas une minute, tralalilalère. Parce que j’avais un rendez-vous.

Une infirmière a pris la mesure de ma pression, de mon poids, de ma grandeur. Puis elle m’a envoyé voir un docteur souriant qui semblait n’attendre que moi dans son grand bureau neuf et lumineux. Il m’a posé des questions. Vous fumez ? Non. Drogue ? Non. Alcool ? Si peu. Vous dormez bien ? Oui. Sport ? Tous les jours. Vous mangez vos 5 portions de fruits et légumes par jour ? Euh… ça compte-tu, le jus d’orange ? Non ? Alors non, les fruits et légumes, pas toujours.

De mon côté, j’avais une question, une seule, à lui poser.

« Dites-moi, docteur… Vous êtes bien gentil de vous intéresser à ma santé comme ça. C’est important, la prévention. Mais je me demandais… le jour où je tombe malade, je pourrai vous voir ? Je veux dire: aussi rapidement qu’aujourd’hui ? J’aurai un rendez-vous la journée même ? Ou, au pire, le lendemain ? »

Je ne me rappelle plus de la réponse exacte de mon nouveau médecin de famille. Je me souviens surtout que ce n’était pas le oui clair et net que j’espérais.

Alors voilà, je lisais cette semaine que je n’étais pas le seul à avoir obtenu dernièrement un médecin de famille en Outaouais. 

Les listes d’attente se vident à toute vitesse. Depuis le début de novembre, plus de 9400 personnes se sont vues attribuer un médecin de famille, rapportait Radio-Canada. À lui seul, un groupe de médecine familiale d’Aylmer a pris 850 nouveaux patients.

Vous savez pourquoi ça bouge aussi vite? Parce que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a menacé de pénaliser les omnipraticiens si 85 % des Québécois n’avaient pas un médecin de famille d’ici la fin de l’année. Alors les listes se vident, mon vieux. Et vite.

Pour accélérer les choses, on a même permis aux médecins de prendre de nouveaux patients sans l’obligation préalable du rendez-vous de prise en charge. Il peut maintenant être remis, parfois jusqu’à trois ans plus tard.

J’imagine les libéraux et le ministre Barrette se frotter les mains de contentement. Les élections provinciales arrivent l’automne prochain. Regardez-les bien se vanter d’avoir vidé les listes d’attente. 

Regardez-les dire que tout le monde, ou presque, a maintenant un médecin de famille.

Mais est-ce vraiment ce qui se passe ?

Quand on regarde le portrait d’ensemble, on a moins l’impression que ce sont des patients qui se trouvent des médecins de famille… que des médecins qui se trouvent des patients pour satisfaire les diktats du ministre Barrette.

C’est bien beau de rattacher administrativement tous les Québécois, ou presque, à un médecin de famille. 

Mais dans les faits, les temps d’attentes aux urgences ne s’amélioreront pas du jour au lendemain. Les infirmières ne seront pas moins épuisées pour autant. Et il n’y a pas tellement plus de médecins qu’avant.

Est-ce que le fait de nous avoir tous attitré un médecin de famille nous donnera, comme par magie, un meilleur accès aux soins de santé ? C’est la grande question. 

Et de ce côté, la preuve reste à faire.

Sylvain St-Laurent

Choisir ses batailles... ou pas

CHRONIQUE / Vous n’apprendrez rien, ici, aujourd’hui, si je vous dis qu’Internet est le repère d’à peu près tout ce que l’humanité a de mauvais à offrir.

Les réseaux sociaux sont peuplés de peureux qui se donnent le droit de dire toutes les obscénités qui leur passent par la tête.

Les journalistes, un peu comme les athlètes, reçoivent leur lot d’insultes chaque semaine.

En Outaouais, on s’en tire plutôt bien. Règle générale, les lecteurs du Droit sont d’une belle politesse.

À Montréal, c’est une autre histoire.

Le collègue Enrico Ciccone, qui co-anime l’émission matinale sur les ondes de la station de radio 100 % sportive de la métropole, a récemment atteint son point de saturation. Il a reçu, il y a une dizaine de jours, le courriel de trop.

Inutile de reproduire ici ce que l’auditeur a écrit. Pensez à tous les stéréotypes dégradants qui sont parfois associés aux femmes d’origine italienne.

L’homme qui se cachait derrière un pseudonyme (of course) ne s’en prenait pas à l’homme, à l’animateur, à l’ancien joueur. Il s’attaquait à ses racines. Il visait sa mère.

« En plus, ma mère est Québécoise ! Il aurait pu, au moins, faire ses devoirs », s’est esclaffé Ciccone, jeudi après-midi, quand j’ai passé une petite demi-heure en sa compagnie.

« Ce n’est pas grave. J’ai pensé à mes tantes, à mes cousines », s’est-il repris.

Ciccone a décidé qu’il n’allait pas laisser passer. Il a d’abord partagé le courriel en question avec ses « amis » de Facebook et ses « abonnés » sur Twitter.

Il a surtout remarqué des similitudes avec un autre courriel reçu qu’avait reçu son partenaire de travail Michel Langevin quelques semaines auparavant. Le pseudonyme n’était pas le même, mais la structure du message était semblable. On retrouvait les mêmes fautes de français aux mêmes endroits.

La différence majeure, c’est que Langevin a reçu des menaces directes. Le troll jurait qu’il allait s’en prendre physiquement à lui, si jamais il avait la chance de tomber sur lui, dans la rue.

Une plainte a été déposée. Une enquête policière a été déclenchée.

« J’espère qu’il va se faire prendre », lance-t-il.

« Tu sais, moi, je ne me laisserai pas affecter par un courriel de bêtises. Ça ne changera pas ma vie. Mais je sais que c’est un véritable fléau et que ça empoisonne la vie de bien des gens. »

*****

Ciccone est ainsi fait.

Ça ne date pas d’hier. Il s’est toujours donné le mandat d’aider les plus petits. Il a réussi à faire sa place dans la LNH et à y passer une décennie complète, à l’époque où chaque équipe se devait d’aligner au moins un « spécialiste » qui devait assurer la sécurité des autres.

« Ma femme me répète souvent que je devrais choisir mes batailles », m’a-t-il dit lors de notre rencontre.

« Des fois, c’est pas toi qui choisis les batailles. Ce sont les batailles qui te choisissent », a-t-il conclu, dans un texto, quelques minutes après mon départ.

Ciccone passe la semaine à Gatineau, justement, dans le but d’aider son prochain.

Avec deux autres anciens pros, Patrice Brisebois et Maxime Ouellet, il dirige une formation d’étoiles de calibre midget espoir au Challenge Midget AAA CCM 2017.

Essentiellement, on a rassemblé des joueurs de talent qui proviennent d’un peu partout au Québec. Ils sont âgés de 15 ans et ont un point en commun : ils n’ont pas réussi à décrocher un poste au sein du circuit de développement midget AAA. Ils ont donc beaucoup à prouver, aux dépisteurs comme aux dirigeants des équipes qui les ont retranchés.

« Tsé, coacher, c’est un grand mot... Je suis plus là pour accompagner les jeunes, pour leur permettre de vivre une belle expérience. Nous n’avons pas le temps d’établir un système de jeu. »

« Au fond, gagne ou perds, je m’en fous. Si un petit gars peut retourner à son équipe avec un nouvel outil à mettre dans son coffre, je serai content. »

Sylvain St-Laurent

Le «road trip» d’une vie

CHRONIQUE / Tous les amateurs de sports jurent qu’ils finiront par faire ce voyage un jour. Pas tout de suite, par contre. Dans un an ou deux. Peut-être.

Ce voyage, les amateurs de sports y rêvent pendant des années et finissent presque toujours par y renoncer.

Marc-André Cardinal et Benoît Marleau constituent l’exception à la règle. Eux, ils l’ont fait. Ils ont assisté à sept matches de hockey en sept jours, dans sept amphithéâtres de la LNH différents.

Le 25 novembre, ils ont quitté l’Outaouais vers l’ouest à bord de leur voiture. Ils ont visité Toronto, Pittsburgh, Détroit, Boston, Chicago et Saint-Louis avant de finir ça sur un point d’exclamation dans la ville favorite de tous les chroniqueurs sportifs d’Amérique, Nashville.

« Ce fut notre endroit préféré. Notre coup de cœur », m’a révélé Marc-André, mercredi.

Je n’étais pas surpris. Du tout.

« Notre meilleur match fut quand même celui que nous avons vu à Pittsburgh. Nous avons vu Sidney Crosby marquer un but en prolongation contre les Flyers. Nous étions assis directement derrière le filet. Nous avons visité de très beaux arénas neufs à Pittsburgh, mais aussi à Détroit. »

Ils ont bien mangé, mais ils n’ont pas beaucoup dormi. Ils ont rencontré l’ancien entraîneur du Canadien et des Sénateurs Jacques Martin par hasard. Ils sont devenus des vedettes virales du web quand NHL.com a commencé à publier des photos de leur périple. Le défenseur Anthony Bitetto, des Predators, les a reconnus. Il est venu les saluer durant sa période d’échauffement au Bridgestone Arena.

En fait, les périodes d’échauffement ont été fort utiles pour les voyageurs qui s’étaient donné comme objectif d’amasser le plus de rondelles possible. « Zdeno Chara nous en a donné une ! Patrick Kane, Patrick Sharp, Anthony Mantha et Scottie Upshall aussi. C’est quand même spécial quand un joueur comme Kane te regarde à travers la baie vitrée », raconte Benoît.

Je leur ai parlé pendant une demi-heure. La conversation aurait pu s’étirer.

Ils m’ont dit qu’ils repartiraient demain matin.

C’est drôle. Je n’étais pas vraiment surpris d’entendre ça, non plus.

*****

Les deux amis aiment raconter leur histoire parce qu’ils aimeraient inspirer d’autres fans.

Premier conseil : soyez patients. Planifier un voyage du genre peut s’avérer périlleux. 

Marc-André a passé « une bonne trentaine d’heures » en ligne, à étudier les calendriers de toutes les équipes, à magasiner des billets, à chercher des chambres d’hôtel et à calculer des itinéraires...

« Trouver sept matches consécutifs n’était pas évident », souligne celui qui a fait le gros du travail.

Il faut dire que les deux hommes s’étaient donné un défi supplémentaire. Ils ne voulaient pas retourner là où ils étaient déjà allés.

Ils offrent d’ailleurs un petit conseil aux néophytes. La façon la plus simple de visiter un grand nombre d’amphithéâtres consiste se diriger dans la région de New York, où on compte plusieurs équipes.

Les deux Gatinois ont déboursé entre 2500 et 3000 $ chacun dans leur périple. Ils sont convaincus qu’on peut faire plus économique.

D’ailleurs, Marc-André s’est découvert une passion. Il se dit prêt à donner un coup de pouce à quiconque voudrait organiser un voyage du genre à son tour.

*****

Les deux copains rêvent de faire un autre voyage de hockey, d’ici quelques années.

Je suis un grand privilégié. J’ai eu la chance de faire le tour de la LNH plus d’une fois. J’ai envie de leur suggérer la côte ouest américaine.

San Jose. Los Angeles. Anaheim. Phoenix. À ce temps-ci de l’année, le temps est superbe.

En plus, on peut maintenant finir cette virée à Las Vegas.

Tant qu’à y être, je prendrais quelques jours de plus à Vegas. Juste pour se... reposer un peu.

Patrick Duquette

La taxe déguisée des nuits sans neige

CHRONIQUE / Vous vous êtes déjà fait coller une contravention pour stationnement illégal de nuit, l’hiver ? Moi oui.

Ce n’était pas à Gatineau, remarquez bien. J’étais en visite à Granby pour le temps des Fêtes.

Je m’en souviens comme si c’était hier, je sors dehors, je vois le constat accroché à mon pare-brise… et je lance un regard incrédule autour de moi : pas un flocon de neige à l’horizon.

Pas de neige dans la rue. Pas de neige sur les trottoirs. Pas de neige sur le gazon. Le ciel bleu à perte de vue. C’était un Noël pas de neige comme on en voit de plus en plus, c’était même un Noël pas de verglas.

Je fulminais. Pas tant en raison du montant de la contravention — quelques dizaines de dollars — que du sentiment d’avoir été pris au piège. De tomber dans une trappe à tickets. De payer une taxe déguisée. On avait abusé de ma bonne foi. Moi qui paie mes contraventions sans rechigner quand je me sais dans le tort, celle-là, je l’ai payée avec la rage au cœur.

C’est arrivé à Granby, mais ç’aurait très bien pu se produire à Gatineau. C’est arrivé à des amis ou des collègues. L’interdiction de stationner de nuit pour la période hivernale entre en vigueur à Gatineau — prétendument pour faciliter les opérations de déneigement.

Mais quand il ne neige pas, à quoi rime cette interdiction valide jusqu’au 31 mars ?

Faut se rappeler que lorsque la Ville de Gatineau a modernisé son règlement sur le stationnement de rue, en 2014, elle rechignait à l’idée de perdre d’importants revenus. Chaque hiver, les constats d’infraction pour stationnement illégal rapportaient, bon an, mal an, autour de 600 000 $ dans les coffres de la municipalité. Difficile de renoncer à une telle somme…

Alors on a instauré cette curieuse obligation de se doter d’un permis de stationnement hivernal au prix de 85 $. Je dis curieux parce que ce permis ne donne aucun réel privilège à ses détenteurs. Permis ou pas, lorsqu’une chute de neige se profile à l’horizon, tout le monde doit éviter de stationner sa voiture dans la rue, sous peine de recevoir un constat d’infraction.

Dans la ville voisine Ottawa, l’achat d’un permis hivernal te donne au moins le droit de stationner dans la rue en tout temps. Sauf que les détenteurs de permis sont invités à collaborer. Quand il neige, on leur demande de se stationner ailleurs que dans la rue pour faciliter le déneigement. Pour ce qu’on en sait, c’est une collaboration qui marche très bien. 

À Gatineau aussi, on nous demande de collaborer pour faciliter les opérations de déneigement. Faut pas stationner dans la rue. Faut pas que nos bacs et nos poubelles soient dans le chemin. Faut pas rejeter notre neige sur le trottoir ou dans la rue. Tout cela est normal. Je veux bien collaborer, c’est dans mon intérêt, ma rue sera déneigée plus vite.

Mais après, faut pas venir m’écœurer. Qu’on ne vienne pas planter une contravention dans mon pare-brise si j’oublie mon char dans la rue, une nuit où aucune opération de déneigement n’est prévue. Quand on fait ça, on ne fait qu’augmenter la grogne envers le déneigement à Gatineau. Il y a déjà assez de plaintes comme ça. Et puis, c’est juste pour dire qu’une collaboration, ça va dans les deux sens. 

À l’ère des médias sociaux, il n’y aucune raison que Gatineau ne parvienne pas à se doter d’un règlement plus souple. La Ville de Trois-Rivières s’est équipée d’un site très bien fait (stationnementdenuit.ca) d’une simplicité rafraîchissante. On y annonce les secteurs où les interdictions de stationner sont en vigueur à la veille d’une chute de neige, carte interactive à l’appui. Les citoyens peuvent s’abonner pour recevoir des alertes par courriel ou SMS (une possibilité aussi offerte à Gatineau).

Okay, c’est peut-être moins payant pour une ville que de délivrer des permis à 85 $. Par contre, qu’est-ce que ça facilite la vie du citoyen.

Patrick Duquette

Les gangs de rue

CHRONIQUE / Peut-être à cause du cinéma, on se fait une image très stéréotypée des gangs de rue.

On s’imagine des bandes de jeunes marginaux, organisés selon une hiérarchie et des codes qui leur sont propres.

Les gangs rivaux se livreraient de féroces luttes de territoire pour contrôler les lucratifs marchés de la drogue et de la prostitution.

Dans notre esprit, il y a un cerveau à la tête de chaque bande. Une sorte de parrain qui prend les grandes décisions et dirige les troupes.

Quand on entend qu’une autre fusillade est survenue à Ottawa, on s’imagine tout de suite un affrontement entre gangs ennemis.

Or il semble que cette perception très stéréotypée des bandes de rue ne correspond pas à la réalité vécue dans la capitale fédérale.

Contrairement à une perception répandue, la violence observée dans les rues d’Ottawa n’est pas très organisée, nous dit l’organisme Prévention du crime Ottawa.

Il n’y a pas de regroupement clair ni de territoire identifié à une bande ou à une autre. 

Même que les allégeances des gens impliqués dans le trafic de la drogue changeraient tout le temps, selon les intérêts et les occasions de faire un bon coup d’argent.

La violence existerait plus au sein des regroupements eux-mêmes qu’entre bandes rivales, selon les rapports. 

« Les disputes qu’on a vues, ce n’est pas entre différents groupes organisés, c’est surtout entre individus. Ce sont des allégeances qui changent tout le temps », a confié à Radio-Canada, Nancy Worsfold, directrice générale de Prévention du crime Ottawa.

C’est une nuance importante pour les organismes communautaires. Avec ce constat, ils pourront mieux cibler leurs interventions en prévention auprès des jeunes et des communautés à risque.

Mais c’est aussi un message important pour la population en général aussi.

On présentait mardi matin un rapport relatant des témoignages (anonymes) de gens ayant été impliqués dans les gangs ou dans la violence de rue.

Ils répondaient à deux questions: la première portait sur ce qui aurait pu les empêcher de sombrer dans le crime. La seconde, sur ce qui les aiderait aujourd’hui à ne pas y retomber.

Ils ont tous plus ou moins répondu la même chose: dans leur jeunesse, ils auraient aimé avoir des mentors pour leur indiquer le bon chemin à suivre. Ils auraient voulu des parents plus présents, voire des parents qui ne se droguaient pas ou ne les battaient pas...

Ils auraient voulu des infrastructures sportives dans leur quartier. Des gyms, des piscines, des terrains de soccer, des centres communautaires où s’amuser. Bref, quelque chose d’intéressant à faire après l’école, quelque chose d’autre que boire, se droguer ou retourner dans un foyer où ils ne se sentaient pas en sécurité.

Sur ce qui ferait une différence dans leur vie aujourd’hui, les jeunes ont parlé d’avoir un emploi avec un salaire décent. Ils souhaitent des employeurs qui oseront leur donner une seconde chance. Ils rêvent de voir leurs enfants plus souvent, de récupérer leur permis de conduire ou de retourner aux études. Un petit comique a même répondu qu’il souhaitait une carte-cadeau chez Wal-Mart. À chacun sa conception du bonheur.

Tout ça pour dire que la lutte contre les gangs de rue se fait beaucoup en amont. Une fois qu’un jeune est criminalisé et bien incrusté dans un gang ou dans la violence, il n’y a souvent plus rien à faire d’autre que l’arrêter et le mettre en prison.

Le vrai travail se fait avec la communauté.

Dans la nouvelle stratégie de lutte relative aux gangs de rue à Ottawa, on parle de forger une meilleure cohésion dans les quartiers, de faire de la prévention auprès des jeunes à risque. On parle de mentorat, de programme de formation et d’emplois…

Dans le fond, on parle de responsabilisation collective face à un phénomène qui gagne en ampleur. Avec 66 fusillades depuis le début de l’année, la capitale est en voie de battre les 68 répertoriées l’an dernier.