Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Historiquement, le Canadien a toujours connu sa part de succès dans l’Ouest du pays.
Historiquement, le Canadien a toujours connu sa part de succès dans l’Ouest du pays.

Le Canadien chez lui dans l'Ouest

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Le Canadien entamera samedi soir une première série de matchs dans l’Ouest du Canada. Si les traditionnels voyages à l’autre bout du pays font toujours peur, ils ne devraient pas tant effrayer les partisans du Tricolore.

Il faut savoir qu’historiquement, le Canadien a toujours connu sa part de succès dans l’Ouest. Encore la saison dernière, l’équipe de Claude Julien, qui en arrachait pourtant, a conservé une fiche de trois victoires et une défaite lors du voyage qu’il a effectué à Vancouver, Edmonton, Calgary et Winnipeg avant la période des Fêtes.

Le Canadien est toujours bien accueilli dans l’Ouest. Ce qui explique en grande partie ses succès.

« À l’époque où j’ai joué avec le Canadien (de 1980 à 1994), on se sentait très à l’aise dans l’Ouest, explique Guy Carbonneau. On arrivait là-bas et il y avait toujours plein de chandails de l’équipe dans les gradins. Lorsqu’on marquait, ça criait pour la peine dans l’édifice. On n’avait pas l’impression d’être tout à fait à l’étranger, même si on était loin de chez nous. »

C’est d’ailleurs sur la glace des Flames, au printemps de 1986, que le Canadien a remporté son avant-dernière Coupe Stanley.

« Le Canadien dans l’Ouest, c’est spécial, ajoute Vincent Damphousse. Parce qu’il fait partie des six clubs originaux, parce qu’il a connu beaucoup de succès par le passé, il y a véritablement une aura autour de lui là-bas. Et ça donne clairement des matchs avec une ambiance particulière. »

Damphousse a porté les couleurs du Canadien de 1992 à 1999, mais il a aussi joué pour les Oilers en 1991-92, ce qui lui a permis de vivre l’expérience des deux côtés de la clôture.

« Quand je jouais pour le Canadien et que je voyais les chandails rouges dans les gradins à Edmonton, je trouvais ça l’fun. Quand je jouais pour les Oilers et que je voyais la même chose, j’avoue que j’aimais moins ça. En même temps, il y avait quelque chose de motivant là-dedans, quelque chose qui t’incitait à en donner encore plus. »

Denis Gauthier, lui, a défendu les couleurs des Flames de 1997 à 2004. Et il garde de beaux souvenirs des matchs opposant son ancien club au Canadien à Calgary.

« Quand le Canadien débarquait chez nous, ce n’était pas pareil, lance-t-il. Il y a une certaine rivalité entre toutes les équipes canadiennes, mais contre Montréal, il y avait quelque chose de festif, quelque chose de différent. C’était un happening. Ce n’était pas la guerre comme lorsqu’on affrontait les Oilers, mettons. Ça faisait de belles soirées, même si on n’avait pas toujours le feeling d’être maitres chez nous. »

Dans le vestiaire des Flames, dira Gauthier, on entendait souvent la même chose avant les matchs face au Canadien.

« Il y avait toujours un gars qui se levait et qui disait : “Bon, y’a plein de partisans du Canadien ici ce soir, il faut marquer vite et les faire taire ! ” C’était drôle ! Mais c’était super motivant, c’était loin d’être des matchs ordinaires. »

Cette saison, évidemment, il n’y aura pas de partisans nulle part dans les amphithéâtres au Canada. Pas avant un bout, du moins. Le Canadien perdra donc cet avantage.

« Reste qu’il y a plusieurs joueurs de l’équipe qui viennent de l’Ouest, reprend Guy Carbonneau. Et lorsque tu joues dans ta région, tu veux toujours bien faire. »

Comme les Yankees

Au cours de son long séjour avec le Canadien, comme joueur et aussi comme entraîneur, Guy Carbonneau a été à même de constater que l’équipe a des partisans partout à travers la Ligue nationale.

« C’est la même chose au baseball avec les Yankees, souligne-t-il. Les vieilles équipes qui ont un passé glorieux, qui ont eu des joueurs légendaires, c’est ça. Mais le Canadien dans l’Ouest, ça reste spécial. »

Vincent Damphousse a remarqué quelque chose de semblable lorsqu’il jouait pour les Leafs.

«Les gens de l’Ouest ont toujours aimé le hockey comme tous les Canadiens, mais pendant longtemps, il n’y avait que Montréal et Toronto comme équipes canadiennes au sein de la Ligue nationale au pays, rappelle-t-il. Et il y a des allégeances qui sont clairement restées. C’est la même chose à Ottawa, où le Canadien compte encore plein de partisans malgré la présence des Sénateurs.»

À une certaine époque aussi, ils étaient nombreux les Québécois qui partaient à la conquête de l’Ouest, leur chandail bleu, blanc et rouge dans leur valise.

« Des Québécois à Calgary, j’en ai connu une tonne, avoue Denis Gauthier. Des gens qui venaient travailler dans le pétrole, des jeunes qui s’installaient dans le secteur de Banff, d’autres qui venaient étudier ou apprendre l’anglais. Ils aimaient les Flames, mais ils restaient fidèles au Canadien. Dans le fond, c’est beau la fidélité… »

En effet.