La Chevrolet Spark EV d’occasion fait partie des modèles extrêmement populaires visés par les subventions à l’achat.

Possible fin des rabais aux véhicules électriques usagés: revendeurs et l’AVEQ inquiets

CHRONIQUE / La possible fin des rabais gouvernementaux pouvant aller jusqu’à 4000 $ (après taxes) pour l’achat d’un véhicule électrique d’occasion en préoccupe plus d’un. D’abord l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), mais aussi les revendeurs et concessionnaires automobiles.

Martin Archambault, administrateur et porte-parole de l’AVEQ, tient à préciser qu’il s’agit du rabais accordé aux véhicules d’occasion qui risque de ne pas être reconduit après la date du 31 mars 2019.

«Il s’est dit plusieurs choses ces derniers temps sur le sujet dans les réseaux sociaux. Nous avons vérifié avec Transition énergétique Québec [TEQ] et il s’agit bel et bien du volet pour les véhicules d’occasion qui ne sera peut-être pas renouvelé», dit-il au Soleil.

«Jamais il n’a été question d’abolir les rabais sur les véhicules neufs. Ils devraient être maintenus, au moins jusqu’à tant qu’on atteigne l’objectif des 100 000 véhicules rechargeables d’ici [la fin] 2020», ajoute-t-il.

Cependant, M. Archambault estime que les raisons qui pourraient mettre en péril ces rabais sont les règles d’attribution. Au départ, il n’y avait que quelques modèles admissibles aux rabais du programme Roulez vert. Maintenant, les modèles sont un peu plus variés qu’au début du programme, mais doivent se situer dans les années-modèles 2015 et 2016.

Mais surtout, les voitures doivent avoir été immatriculées hors du Québec. Comme ça, les voitures ne bénéficieront pas d’un double rabais.

«Je comprends la volonté de ne pas subventionner deux fois un véhicule électrique, mais ce serait bien de prolonger le programme», de dire M. Archambault. «Car pour le moment, pratiquement les seuls véhicules qui ont pu en bénéficier sont les Nissan Leaf de première génération avec les problèmes connus de chimie de batterie inefficace et les Chevrolet Spark EV avec quelque 120 km d’autonomie.»

Le porte-parole de l’AVEQ croit que le programme a été victime de ces règles strictes, ce qui ferait porter à croire au gouvernement du Québec que le programme ne fonctionne pas tant que ça. Il affirme toutefois que ce serait une «énormité» d’y mettre fin abruptement. «Les sommes allouées par TEQ et qui viennent du Fonds vert pour le volet des véhicules d’occasion du programme Roulez vert sont homéopathiques, par rapport au budget global», conclut-il.

Par ailleurs, M. Archambault nous informe qu’il y a environ 43 000 véhicules rechargeables immatriculés au Québec à ce jour.

Sceptique d’abord

Sébastien Marcotte, de JNauto, était d’abord sceptique quant à la nécessité de subventionner l’achat d’un véhicule électrique. Rappelons que JNauto est une entreprise familiale de Richmond en Estrie qui s’est fait une niche dans la revente de véhicules électriques d’occasion depuis plus de six ans déjà.

«Je me questionnais sur l’utilité d’une telle mesure au début, autant les 8000 $ [pour les véhicules neufs] que les 4000 $ [pour les véhicules usagés]», disait M. Marcotte, pourtant convaincu de l’urgence de passer aux véhicules verts, pour diverses raisons, autant environnementales que politiques.

«Finalement, quand j’ai vu la différence sur les ventes, là, j’ai compris qu’il fallait peut-être ceci pour inciter les gens à en acheter», ajoute celui qui estime qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire quant à la pertinence des voitures électriques. «Parce que les gens ont encore peur [de la panne sèche]», dit-il.

M. Marcotte révèle qu’en 2018, son commerce a vendu plus de 700 automobiles d’occasion. De ce nombre 370 étaient des véhicules électriques. Donc, plus de la moitié.

Et de ces 370 véhicules électriques, 40 % étaient éligibles au rabais de 4000 $. M. Marcotte estime que si on enlève le rabais gouvernemental, ça aura comme conséquence de ralentir la cadence et diminuer l’offre.

«Je ne crains pas tant que ça pour notre commerce et pour d’autres qui sont des références dans la revente de véhicules électriques d’occasion. On va sûrement survivre. Mais les autres concessionnaires et vendeurs de véhicules d’occasion y verront peut-être un intérêt de moins pour vendre des véhicules électriques usagés», conclut-il.