Pour la première fois, la Société de l’assurance automobile du Québec émet des plaques graphiques avec les plaques d’immatriculation pour vétérans. En mortaise, les modèles pour les motocyclettes.

Plaque d’immatriculation pour vétérans: «la plus belle en Amérique du Nord» [VIDÉO]

Fruit d’une bataille qui a duré plus de 15 ans, Québec a écouté les représentations des associations de vétérans, afin que la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) émette une plaque pour les vétérans qui n’aurait pas à rougir devant celles des autres provinces canadiennes et États américains.

«C’est la plus belle en Amérique du Nord», lance Pierre Dugal, membre de l’Association du Royal 22e Régiment et vétéran de l’unité de cette unité des Forces armées canadiennes.

Vendredi dernier, le ministre des Transports, François Bonnardel, a levé le voile sur un nouveau design de plaques d’immatriculation pour les vétérans. Ce nouveau design sera offert sous quatre variantes, soit pour les autos ou les motos, ainsi que pour les autos ou motos rechargeables.

Il s’agit d’une première pour la SAAQ qui propose une plaque graphique, c’est-à-dire avec un motif imprimé sous les caractères embossés. L’élément graphique représente deux militaires — une femme et un homme — et un champ de coquelicots, évoquant le poème de John McCrae, In Flanders Fields (Au champ d’honneur en français). Et par-dessus tout, cette plaque pour vétérans arbore le mot vétérans en lettres rouges. C’est notamment cet aspect que les vétérans reprochaient aux anciennes plaques, émises pour la première fois en 2005. «On est la dernière province au Canada à inscrire le mot vétéran sur nos plaques. En fait, on était les seuls en Amérique du Nord», poursuit M. Dugal.

«Et l’image de la femme vient rétablir un manque dans l’histoire militaire canadienne. Elle vient souligner notamment l’effort des femmes qui ont fait partie des Canadian Women’s Army Corps — ou les CWAC, comme on les appelait —, corps de l’Armée canadienne qui a existé de 1941 à 1946 et qui venait en relève dans les zones de non-combat. Elles étaient considérees comme des auxiliaires et ne pouvaient pas se battre.»

Bataille de plus de 15 ans

Ces nouvelles plaques sont est le fruit d’une bataille vieille de plus de 15 ans de la part de vétérans des Forces armées canadiennes. Depuis 2003, M. Dugal et Jacques Gosselin ont fait pression auprès de la SAAQ et du gouvernement pour que soient reconnus les vétérans avec une plaque d’immatriculation spécifique.

La première est apparue en 2005, avec simplement un coquelicot au centre. Ce qui irritait les vétérans car ils trouvaient le concept trop simpliste. En 2014, trois associations — l’Association de motocyclisme militaire canadien, Hero Veteran Canada et la filiale 265 de la Légion royale canadienne — reprennent le flambeau pour obtenir une plaque plus représentative.

En septembre 2018, le député caquiste de La Peltrie Éric Caire en a fait une promesse électorale. Selon M. Dugal, les choses ont bougé très rapidement depuis l’élection de la Coalition avenir Québec au gouvernement.

Qui peut l’obtenir?

Selon les explications de M. Dugal, tous les détenteurs actuels d’une plaque de vétéran pourront faire le changement sans frais. Ceux qui en voudraient une et qui n’ont pas l’ancienne devront passer leur commande auprès de la Légion royale canadienne. Des frais de 15 $ seront exigés. La Légion est responsable d’approuver les demandes à la SAAQ.

Ceux qui pourront obtenir une plaque de vétéran sont : les membres de la force régulière des Forces armées canadiennes; les réservistes ayant participé à une mission; les membres de la Gendarmerie royale du Canada; les policiers ayant participé à une mission à l’étranger et enfin les militaires retraités ayant servi durant une mission ou un conflit.