Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
Au lieu de mettre de grosses batteries dans les véhicules, Effenco préconise de plus petites batteries, alimentées par des points de recharge sans fil dans le sol. L’énergie est captée par des condensateurs à bord de camions vocationnels, comme ce tracteur utilisé dans des ports.
Au lieu de mettre de grosses batteries dans les véhicules, Effenco préconise de plus petites batteries, alimentées par des points de recharge sans fil dans le sol. L’énergie est captée par des condensateurs à bord de camions vocationnels, comme ce tracteur utilisé dans des ports.

Effenco voit l’électrification différemment

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Il y a deux semaines, la firme Effenco annonçait qu’elle pourrait offrir d’électrifier les parcs de camions pour pratiquement le même coût que des véhicules au diesel. Comment cela peut-il être possible?

Il faut comprendre que la stratégie d’Effenco diffère de l’approche habituelle en ce qui concerne l’électrification des transports.

«La logique, c’est que nous avons choisi de minimiser la quantité d’énergie à bord [du véhicule]. C’est un peu contre-intuitif», explique David Arsenault, président d’Effenco. «On dit souvent que pour avoir plus d’autonomie, on va mettre de plus grosses batteries. Nous, on a cherché une stratégie pour mettre une toute petite quantité de batteries.»

Effenco fait appel à une technologie différente, qui utilise des condensateurs qui permettent une électrification complète. «Dans le fond, on a jumelé ça avec des points de recharge sans fil, à induction, ce qui fait qu’on a juste besoin d’autonomie entre les points de recharge. Ça réduit de beaucoup la quantité de batteries qu’on met à bord», ajoute M. Arsenault, qui précise qu’il s’agit de véhicules dits vocationnels, à usage industriel.

En fait, c’est toujours le coût des batteries qui est un frein à l’électrification des véhicules. Mais dans un environnement fermé, où les mouvements de véhicules sont répétitifs, les solutions d’Effenco s’y prêtent bien.

«Dans des endroits comme dans la ville de New York, où on a des clients, on pense à Manhattan, on a des endroits où il y a beaucoup de véhicules municipaux qui circulent et qui passent aux mêmes points», affirme le président. «Nous, on utilise les données recueillies avec lesquelles on développe un algorithme d’intelligence artificielle en fonction des données de tout le parc d’un client, d’un opérateur ou d’une municipalité. On peut identifier ces points stratégiques là pour positionner les bornes de recharge.»

Autonomie en heures

En ce qui concerne l’autonomie, là aussi, on pense aussi différemment chez Effenco. «Vu que ce sont des véhicules à faible vitesse, ça peut sembler étrange, mais c’est une notion d’autonomie en heures», répond le dirigeant issu de l’École de technologie supérieure. «C’est à peu près [en moyenne] une heure d’autonomie. On a une certaine marge de manœuvre qui permet d’en mettre plus ou moins.»

Effenco, qui a commencé ses activités en 2006, a conçu un système de propulsion électrique. Elle ne construit pas de véhicules, mais elle les convertit des véhicules à partir de designs existants.

«On offre aussi le retrofit. Donc, un véhicule existant qui aurait deux ou trois ans d’usure, on pourrait arriver et le convertir avec notre système de propulsion aussi. D’ailleurs, on croit beaucoup à ça. Parce que nos clients, par exemple, au port de Montréal, ils ont voulu de convertir l’entièreté de leur parc. Ce sont des véhicules qu’ils gardent pendant une dizaine d’années. Si on base juste sur le renouvellement, ça veut dire qu’électrifier un parc, ça pourrait prendre 10 ans. Nous, en offrant la possibilité de convertir [le retrofit], on peut créer un impact significatif très rapidement», conclut M. Arsenault.

Jusqu’à présent, Effenco a déployé plus de 400 unités dans au moins 10 pays. L’entreprise qui emploie plus de 80 personnes détient plus de 25 brevets à travers le monde.