La Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec laisse à la discrétion des concessionnaires le choix de garder leur atelier ouvert ou non pour les urgences.
La Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec laisse à la discrétion des concessionnaires le choix de garder leur atelier ouvert ou non pour les urgences.

Concessionnaires automobiles: fermés sauf pour les urgences des employés de services essentiels [VIDÉO]

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Les concessionnaires automobiles ne font pas partie des services essentiels. Ceux-ci devront être fermés à partir de mercredi minuit, jusqu’au 13 avril prochain. Cependant, leur atelier de mécanique peut être ouvert, uniquement pour les urgences en lien avec les employés de services considérés comme essentiels.

«On suit les règles gouvernementales», explique Robert Poëti, président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ) qui représente les concessionnaires automobiles dans l’ensemble de la province. «Ce qu’on comprend du décret, c’est que les concessionnaires de véhicules légers et de camions lourds pourront répondre aux demandes de réparations mécaniques de véhicules associés aux services essentiels au sens large», dit-il.

«Mais ça peut aller jusqu’à la sœur d’une infirmière qui prête son auto à cette dernière pour qu’elle évite de prendre les transports en commun. La sœur garde les enfants de l’infirmière et s’occupe de faire réparer l’auto de celle-ci. Tant que c’est relié directement ou indirectement aux services essentiels [la liste ici].»

La CCAQ laisse à la discrétion des concessionnaires le choix de garder leur atelier ouvert ou non pour les urgences. «Selon leur capacité à assurer le service, évidemment. Nous demandons aux concessionnaires de laisser un numéro de téléphone d’urgence et d’aviser leurs clients», affirme M. Poëti.

Par contre, tous les rendez-vous qui avaient été pris entre le 25 mars et le 13 avril sont annulés. «Juste ce matin, j’étais allé chez mon concessionnaire pour faire réparer un pneu et il y avait une préposée qui appelait les clients pour reporter à plus tard leur rendez-vous», raconte le pdg.

M. Poëti souligne aussi que les ateliers de débosselage CarrXpert, une bannière de la CCAQ, seront fermés dès minuit mercredi, sans exception. Il a par ailleurs partagé mercredi une vidéo dans laquelle il explique la situation.

Vente en ligne

Selon M. Poëti, le gouvernement permet la vente en ligne de véhicules automobiles. L’ancien ministre des Transports et ministre responsable de la région de Montréal encourage cette pratique pourvu qu’elle ne permette aucune rencontre physique entre la clientèle et les employés de la concession.

«Si un concessionnaire, qui avait déjà les infrastructures, faisait 90 % de ses ventes en ligne, il pourrait faire grimper ça à 100 %, le temps de la crise», ajoute M. Poëti.

Toutefois, il demande un assouplissement temporaire de la part de l’Office de la protection du consommateur (OPC). «La loi de l’OPC ne permet pas de faire signer le contrat d’une transaction à l’extérieur des murs du commerce. On espère que l’OPC fera preuve d’ouverture.»

Plus de 20 milliards $ de chiffre d’affaires

Selon les chiffres fournis par M. Poëti, les concessionnaires automobiles au Québec génèrent un chiffre d’affaires de 20 milliards $ annuellement. Ceux-ci emploient directement 40 000 personnes et 100 000 indirectement. «Le deuxième levier économique au Québec», ajoute-t-il.

Quant au moral des troupes, M. Poëti ne s’inquiète pas, malgré la gravité de la situation. «C’est sûr qu’avec les trois semaines de fermeture, c’est un peu plus difficile pour les concessionnaires, où il y a beaucoup de gestionnaires qui gèrent ça comme leur propre famille. Et il y a aussi beaucoup de liens familiaux. Plusieurs entreprises passent d’une génération à l’autre. Devant des fermetures complètes comme on les vit présentement, ce sont les mises à pied qui rendent les concessionnaires très tristes. Mais ils ont déjà traversé d’autres crises, quoique celle-ci aura des impacts financiers majeurs», conclut-il.