Musique

Marie-Mai sans compromis

En enregistrant Elle et moi sans Québecor, Marie-Mai a refusé tout compromis dans sa démarche artistique. « Si j’allais avoir un discours plein de conviction et d’empowerment, je n’avais pas le choix de le faire jusqu’au bout. »

Après cinq albums signés Musicor, l’auteure-compositrice-interprète voulait aller ailleurs pour voir « où je pourrais continuer à grandir en tant qu’artiste ». Mais dès qu’elle s’est mise à envisager travailler avec d’autres maisons de disques, on lui a fait comprendre que si elle tournait le dos à Québecor, toute l’entreprise, ses médias compris, en ferait autant. « Pour moi, ça, c’est par-dessus mes principes », a-t-elle résumé simplement, rencontrée lors de son arrêt à Ottawa pour la promotion de son sixième album.

Actualités culturelles

Carrefour culturel, 13 novembre 2018

Les événements à venir dans le monde des arts.

Hein Cooper au Minotaure

Le chanteur australien Hein Cooper sera de passage au Minotaure mercredi 14 novembre, à 20 h. L’auteur-compositeur-interprète s’est imposé sur la scène indie grâce au succès de la chanson Rusty (plus de 10 millions d’écoutes sur Spotify), tirée de son premier album The Art of Escape (2016). 

Au Québec (« sa deuxième maison », précise son équipe de relations médias), cette chanson lui a permis de mettre la main sur le prix SOCAN chanson populaire en octobre dernier. 

Livres

Le génie de Marvel Stan Lee est mort

PARIS — Le scénariste et éditeur américain Stan Lee, décédé lundi à 95 ans, a révolutionné le monde de la bande dessinée et la culture populaire en créant notamment pour la maison d’édition Marvel les personnages de Spider-Man, Hulk, des X-Men ou des Quatre Fantastiques.

Nonagénaire au regard rieur derrière ses verres fumés, Stan Lee a plongé dans l’univers des comics par le plus grand des hasards, loin de s’imaginer qu’il ferait rêver plusieurs générations d’admirateurs de superhéros.

Né le 28 décembre 1922, à New York dans une famille d’immigrés roumains durement touchée par la Grande Dépression, Stanley Martin Lieber rêvait d’écrire «le grand roman américain».

À 17 ans, il trouve un petit boulot chez Timely Comics, le département comics d’une maison d’édition.

Simple assistant, il est chargé d’apporter le café et de remplir les encriers des dessinateurs, avant d’y publier son premier texte en 1941. Voulant réserver son véritable nom à des œuvres plus «nobles», il choisit le pseudonyme de Stan Lee.

Quand les deux auteurs vedettes de la maison, Jack Kirby et Joe Simon, sont congédiés deux ans plus tard, on lui propose le poste de rédacteur en chef.

Par la suite, Kirby, dessinateur de génie, deviendra son grand complice prenant le surnom de «The King». Stan Lee, le scénariste, se surnommera lui «The Man».

Pendant 20 ans, Stan Lee dirige Timely Comics, devenu Atlas Comics, en y rédigeant des histoires dans tous les genres, alors que les super héros sont tombés en désuétude après la Seconde Guerre mondiale: western, romance, science-fiction, horreur, humour...

Dans un secteur alors en crise, Atlas Comics est à la traîne, se contentant d’imiter son grand rival DC Comics, où officient Batman ou Superman.

Quand son patron lui demande de créer un équivalent maison de la Ligue des Justiciers que DC Comics vient de publier, Stan Lee, sur les conseils de sa femme, laisse libre court à son instinct. En 1961 il imagine l’équipe de superhéros Les Quatre Fantastiques et change la bande dessinée à jamais.

Alors que les superhéros sont traditionnellement lisses et sans faille, les personnages de Stan Lee sont des hommes et femmes ordinaires, dotés de super-pouvoirs par un concours de circonstances, mais habités de tourments bien humains.

Ses héros se chamaillent, doutent, se débattent avec des problèmes financiers ou amoureux, pour que les lecteurs puissent s’identifier. Les méchants, eux aussi, sont dotés de sentiments.

«Ce gars Peter Parker, je veux juste qu’il soit l’adolescent de base. Il ne faut pas qu’il ressemble à un autre superhéros musclé», avait demandé Stan Lee à Jack Kirby, avant de mettre sur le coup une autre légende du dessin, Steve Ditko.

Télé et radio

Sereine Marie-Mai

CHRONIQUE / Marie-Mai s’est peut-être fermé des portes en quittant son ancienne maison de disques, Musicor, mais ce mouvement était nécessaire pour elle. «J’ai décidé de parier sur moi, sur mes valeurs», a-t-elle expliqué à «Tout le monde en parle», dimanche, dans ce qu’on peut appeler un retour sous les projecteurs, où elle est apparue très sereine.

Dans cette entrevue extrêmement sympathique, qui ouvrait l’émission, il a bien sûr été question de Fred St-Gelais, l’autre «50 %» de son ancienne vie, avec qui elle formait autant un duo amoureux que professionnel. Pas question toutefois de recréer la même collaboration avec son nouveau conjoint, David Laflèche, qui l’a tout de même aidée pour la direction artistique de son nouvel album, Elle et moi. Cette «elle», de Elle et moi, c’est cette Marie-Mai qui dissimulait ses faiblesses, de peur de déplaire à son public.

Il a aussi été question de sa rupture avec Productions J, qui n’a pas été facile. «C’est comme un divorce, les avocats se mêlent de ça, c’est un gros bordel», a-t-elle décrit, avant d’envoyer tout de même quelques fleurs à Julie Snyder. Est-elle barrée de TVA depuis qu’elle a aussi quitté Musicor, une division de Québecor? Pas à ce point, dit-elle, mais elle n’a pas remis les pieds chez le diffuseur depuis cette décision. «On me donne le minimum, des poussières», remarque-t-elle au sujet de la couverture que lui accorde l’empire depuis. Une situation qui ne l’étonne pas, on l’avait prévenue «très clairement» que c’est ce qui arriverait. Non, on ne l’a pas réinvitée comme coach à La voix, mais elle semble avoir pris un plaisir fou à participer à The Launch, la téléréalité musicale de CTV, où elle partage le plateau avec entre autres Bryan Adams et Sarah McLachlin. Pour son nouvel album, elle a invité des fans chez elle, mais pas la presse comme l’a fait Ginette Reno. «Même si j’avais invité les journalistes, il y en a une maudite partie qui seraient pas venus!» a blagué la chanteuse.

Virulent plus tôt cette semaine au lendemain de l’ADISQ, Mario Pelchat s’est montré pas mal plus modéré sur le plateau de Tout le monde en parle. Il affirme toujours que le gala ne fait pas suffisamment d’espace aux artistes populaires et trop aux «marginaux plus à gauche», mais avec un grand sourire. Même douceur quand Guylaine Tanguay et lui ont vanté les mérites d’Hubert Lenoir, après avoir dénoncé son geste de s’enfoncer un Félix dans la gorge. La chanteuse country y a vu un «manque de respect» pour ce «grand monsieur» qu’était Félix Leclerc.

Il ne fera pas son propre gala de popularité, et ne remettra pas des «Mario», comme le suggérait Mario Girard dans La Presse. «Ça serait drôle, parce qu’il chialerait contre le gagnant du premier Mario!» a blagué Guy A. Mario Pelchat a quand même remis en doute la parole de l’ADISQ sur les nouveaux pourcentages de la votation dans les catégories des interprètes de l’année. À ses côtés, Marie-Mai ne semblait pas du tout d’accord avec sa vision. La carte du fou du roi : «On a désormais deux traditions annuelles : la marmotte qui sort de son trou au printemps et Mario Pelchat qui fait sa crise au lendemain de l’ADISQ».

L’histoire de Vito Rizzuto, racontée dans le livre du collègue de La Presse, Daniel Renaud, est fascinante. Enquêteur de la GRC durant 35 ans, Lorie McDougall a collaboré à Vito Rizzuto : La chute du dernier parrain, après avoir suivi celui-ci en filature. L’histoire de l’agent double, une séduisante policière qui s’est fait passer pour une représentante de crèmes de beauté, est savoureuse. Charmé par sa voisine à bord d’un avion, M. Rizzuto lui a raconté des faits très privés de sa vie, s’autoproclamant «parrain allégué de la mafia montréalaise». Daniel Renaud s’est montré extrêmement prudent dans la rédaction de son livre, évitant de mentionner certains noms. «Je ne voudrais jamais avoir mis la vie de quelqu’un en danger ou être responsable d’une tentative de meurtre parce que j’ai écrit quelque chose. […] Il y a des choses qui ne s’écrivent pas.»

Conversation très éclairante sur les élections de mi-mandat aux États-Unis, avec les deux spécialistes Rafael Jacob et Karine Prémont. S’il est vrai qu’une majorité démocrate empêchera la construction d’un mur sur la frontière mexicaine, Jacob est convaincu que le mur n’aurait jamais été construit de toute façon. Le plus gros impact, selon lui, concerne les enquêtes publiques que pourront lancer les démocrates contre Donald Trump. Il explique notamment l’absence de vague démocrate par la sortie de vote massive en milieu rural comme en 2016. Selon Karine Prémont, l’élection de deux femmes autochtones à la chambre des représentants et d’un premier homosexuel comme gouverneur s’explique par une mobilisation de la diversité américaine. «Ils ont dit : “Les États-Unis d’Amérique, c’est pas juste le pays des hommes blancs de Donald Trump, c’est le pays de tout le monde”.» Mais à ceux qui rêvent d’une destitution du président, Karine Prémont répond ceci : «Je ne vois pas tellement les démocrates se lancer là-dedans.» Selon Rafael Jacob, une éventuelle solide récession pourrait compliquer la tâche de Donald Trump pour sa réélection dans deux ans. Pour l’instant, aucun adversaire valable se pointe du côté démocrate pour lui faire de l’ombre.

Il a été au final très peu question d’Appelez mon agent (Dix pour cent en France) avec l’idéateur et producteur de cette excellente série française, Dominique Besnehard. La troisième saison est disponible depuis vendredi sur l’Extra d’ICI Tou.tv. Celui qu’on a surnommé l’agent le plus influent en France a eu dans son écurie Isabelle Adjani, Sophie Marceau et Pierre Richard. Ami de la productrice Denise Robert, il supervisera la sortie de La chute de l’empire américain en France. Il était en colère en apprenant que le film de Denys Arcand n’ait pas été sélectionné pour la course aux Oscars, persuadé que le Canada aurait obtenu une seconde statuette après Les invasions barbares.

On a vu Marie-Mai fulminer en entendant Dominique Besnehard minimiser le phénomène du harcèlement sexuel, lorsqu’il a été question du producteur Harvey Weinstein. En 20 ans comme agent, il n’a été témoin qu’une seule fois d’un cas du genre, ajoutant que «des actrices illustres n’ont jamais été dérangées» par Weinstein. La carte du fou du roi : «Pour que vous compreniez bien le sentiment de l’artiste face à son agent, on a pris 10 % de votre cachet et on l’a lancé par la fenêtre».

Auteurs de Joe Beef : survivre à l’Apocalypse, Frédéric Morin et David McMillan, les chefs chouchous du regretté Anthony Bourdain, avaient un peu pressenti son mal de vivre et son suicide. Après l’intervention de cette vedette de la gastronomie en leur faveur, «tout a changé. Les soirées tranquilles de janvier, y’en avait plus», explique McMillan, qui semble regretter avoir affirmé dans une entrevue que Toronto avait désormais de meilleures tables que Montréal. Il vante la clientèle québécoise, beaucoup plus audacieuse dans ses choix que le public new-yorkais, par exemple. «Vous devriez faire un show tous les deux. Sur scène, ce que ça serait!» leur a lancé Dominique Besnehard. Bonne idée.

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