Cinéma

Cannes: la longue descente aux enfers d’une diva

CANNES — Quand on me demande comment je passe à travers le Festival de Cannes, je compare ça à un marathon (non, je ne cours pas). Suffit de se concentrer sur les étapes à franchir et non la distance: un jour à la fois. Et, comme ça, malgré la fatigue (mentale), on se rend jusqu’au fil d’arrivée. Ne reste que trois films de la compétition vendredi (et Don Quichotte). Jeudi, j’ai quand même pris le temps de faire un détour pour aller voir «Whitney», documentaire sur l’incandescente chanteuse aux 200 millions d’albums vendus.

Cannes a servi de rampe de lancement au formidable documentaire d’Asif Kapadia à propos d’Amy Winehouse en 2015. J’imagine que c’est aussi l’idée pour celui de Kevin Macdonald (Le dernier roi d’Écosse), présenté hors compétition. Le réalisateur écossais a l’habitude du genre, lui à qui on doit Being Mick (2001), à propos du chanteur des Stones, et Marley (2013).

Mais Whitney ne se distingue pas outre mesure des portraits habituels. Un long métrage chronologique, avec des extraits en spectacle, des entrevues des proches, de l’entourage, et, bien sûr, de l’interprète cocaïnomane décédée en 2012 à 48 ans. 

Macdonald tente tant bien que mal d’enquêter sur les raisons de son mal de vivre et de sa dépendance (malgré plusieurs cures), mais les versions sont contradictoires. On évoque, entre autres, le divorce de ses parents; le contrôle indu de son gérant de père, qui lui a volé une fortune avant de la poursuivre; les pressions du vedettariat (comme Amy, Kurt Cobain, Elvis, etc.); sa relation avec Robyn Crawford; son amour toxique avec Bobby Brown...

Après 1h30, Macdonald balance sa bombe : la chanteuse d’I Will Always Love You aurait été agressée par sa cousine Dee Dee Warwick. Décédée en 2008, elle ne peut se défendre des accusations. Pratique...

En fait, c’est probablement l’ensemble de ces réponses. Une voix d’or, unique, s’est tue sans que ses proches puissent l’en empêcher. Il est surtout là, le drame... 

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J’aime bien les cinéastes qui sortent là où on ne les attend pas. En 2015, Matteo Garrone était en compétition avec Tale of Tales, une œuvre baroque avec Salma Hayek, Vincent Cassell... Dogman, sa nouvelle proposition, s’avère un touchant drame intimiste plus proche du néo-réalisme italien que du film à grand déploiement.

Marcello (Marcello Fonte) vit dans une banlieue pauvre de Naples, entouré de ses amis qui apprécient sa modestie. Le toiletteur pour chiens, séparé et père d’une fillette, mène sa petite affaire. Jusqu’à ce que débarque Simoncino (Edoardo Fonte), droit sorti de prison, une brute volcanique et cocaïnomane qui terrorise le quartier.

Le colosse va l’entraîner dans une spirale de violence et d’intimidation où Marcello devra bientôt faire un choix déchirant: le balancer à la police ou plonger pour lui et perdre tout ce qu’il chérit.

Cinéma

Cannes express

Appel en faveur du cinéaste emprisonné Oleg Sentsov

PARIS — L’association Un week-end à l’Est a lancé un appel aux organisateurs et au jury du Festival de Cannes pour qu’ils remettent un prix au réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, qui purge en Russie une peine de 20 ans de prison pour «terrorisme» après avoir été arrêté en Crimée peu après son annexion. L’avocat du cinéaste a déclaré mercredi à l’AFP que son client avait entamé une grève de la faim pour exiger la libération des «prisonniers politiques» ukrainiens détenus en Russie. Opposés à l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, Oleg Sentsov et le militant écologiste ukrainien Alexandre Koltchenko ont été condamnés en août 2015 pour «terrorisme» et «trafic d’armes». Leur procès, qualifié de «stalinien» par Amnistie Internationale, a également été dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les États-Unis.

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Cinéma

Deadpool 2: bad boy au cœur tendre ****

CRITIQUE / Deadpool 2 ne déçoit pas les attentes. De prime abord, le personnage incarné avec brio par Ryan Reynolds ne semble pas le gendre idéal. Et pourtant, dans ce deuxième volet, le bad boy de l’univers Marvel affiche son côté tendre et ses bonnes valeurs. Oui, oui, nous parlons bien ici de Deadpool.

Les fans n’ont tout de même pas à s’inquiéter, ils retrouveront leur superhéros baveux, qui est bien plus drôle que la moyenne des ours et qui lance des commentaires déplacés à outrance. Il reste qu’il ne faut pas nier que cet antihéros est attachant, et même séduisant. Il est beau à voir avec Vanessa, son amoureuse avec qui il envisage d’avoir un enfant.

Cinéma

Le gala contre le sida fait le plein de stars à Cannes

CANNES — Les acteurs Kristen Stewart, Pierce Brosnan, Adrien Brody et Chris Tucker, le champion automobile Lewis Hamilton, mais aussi Julian Lennon, Paris Hilton et des top models participaient jeudi soir à Antibes au gala de l’amfAR Cinéma contre sida.

Parmi les grands événements mondains internationaux, ce gala de bienfaisance réunit chaque année pendant le Festival de Cannes un millier de convives à l’Eden Roc, le palace du Cap d’Antibes.

Au profit de la recherche contre le sida et de l’aide aux malades dans le monde, l’amfAR a collecté l’an dernier plus de 27 millions$, le temps des trois heures du dîner et d’une vente aux enchères.

Vingt-cinq femmes célèbres, actrices et mannequins, dont Linda Evangelista, Scarlett Johansson et Katy Perry, devaient assurer la présidence d’honneur de ce 25e gala de l’amfAR, la fondation américaine contre le sida créée par Lyz Taylor. Sting et Shaggy devaient assurer la partie musicale de ce gala dédié cette année aux femmes. L’amfAR n’a pas souhaité préciser les raisons de ce choix.

Le producteur Harvey Weinstein, accusé depuis l’automne d’avoir agressé, harcelé ou violé quelque 100 femmes dont des vedettes de cinéma, a été l’un des commanditaires de ce gala pendant plusieurs années à travers sa société, la Weinstein Company.

Parmi les lots d’exception aux enchères, figuraient une Bentley cabriolet de 1964, des tirages originaux de Robert Mapplethorpe représentant notamment Arnold Schwarzenegger, un vestiaire inédit de 30 pièces des plus grands créateurs sélectionnés par Carine Roitfeld, un séjour de 5cinqnuits dans une île privée des Maldives pour six personnes ou encore une réplique autorisée d’une œuvre de Michel-Ange.

Depuis 1993, le gala de l’amfAR organisé en marge du Festival de Cannes a permis de récolter quelque 210 millions$.