Yvan Sauvé est sonorisateur de métier et ébéniste par passion. Forcé au confinement, il a décidé de mettre à profit sa passion pour le bois.
Yvan Sauvé est sonorisateur de métier et ébéniste par passion. Forcé au confinement, il a décidé de mettre à profit sa passion pour le bois.

Yvan Sauvé: Pour l’amour du bois et de la musique

Depuis le début de la crise de la COVID-19, Yvan Sauvé doit choisir entre l’érable et le merisier de faire une balance de son.

C’est que le sonorisateur de métier doit, comme bien d’autres, faire une pause dans ses activités professionnelles. Et pour passer le temps, il s’est lancé à fond dans son hobby : l’ébénisterie.

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« On planifiait les détails de la tournée de The Glorious Sons, de Harry Styles et de la venue de la tournée nord-américaine de Rammstein quand les frontières se sont fermées et que les grands rassemblements ont été interdits, confie au Droit le chargé de projet pour les tournées internationales chez Solotech. Je peux bien faire un peu de télétravail, mais pour l’instant, tout est arrêté et on ne sait vraiment pas quand tout va reprendre. »

Yvan a toujours eu une passion pour le bois et les petits travaux. Mais depuis qu’il a mis la main sur plusieurs outils lui permettant de faire toutes sortes d’ustensiles et autres objets en bois, il a développé une expertise qui, aujourd’hui, lui permet de récolter quelques dollars. 

« J’ai commencé à jouer dans cette cour-là il y a deux ans environ, explique-t-il. J’ai commencé à fabriquer des ustensiles en bois pour mon propre usage. J’ai fait un grattoir à barbecue en bois après avoir avalé un brin d’acier qui s’est échappé d’un grattoir conventionnel. Par la suite, j’ai ajouté d’autres objets comme des spatules, des cuillères, des petites boîtes décoratives et aujourd’hui, des salières et des poivrières. »

Le hobby d’Yvan a pris un peu plus d’ampleur quand il a publié une vidéo sur les réseaux sociaux le montrant en train de fabriquer ses poivrières. « J’étais en train d’installer le mécanisme d’une poivrière et j’ai eu l’idée d’ouvrir ma gopro, avoue-t-il. Dès que j’ai mis la vidéo sur Facebook, des amis m’ont demandé s’il était possible d’en avoir une. C’est comme ça que ma petite shop a démarré ! »

Chaque pièce est unique, dit-il. Tous les objets que le sonorisateur originaire de Gatineau fabrique portent sa signature. « Tout est fait à la main, sauf les mécanismes de mouture pour les salières et les poivrières que je commande sur un site spécialisé, explique-t-il. Et j’éprouve une belle fierté à faire ces objets. Bien souvent, je pars d’une simple bûche que j’ai fait sécher pour créer un objet en bois qui aura une nouvelle vie dans la maison d’un ami. C’est très satisfaisant. »

Parmi la liste des objets que Yvan fabrique, on retrouve des cuillères, des spatules et des petites boîtes qui, dit-il non sans un sourire en coin, servent à conserver les produits vendus à la Société québécoise du cannabis (SQDC). « Ces boîtes sont, disons-le, plus discrètes que celles de la SQDC. J’y ajoute une pastille de terracotta qui, une fois passée à l’eau, maintient un niveau d’humidité dans la boîte, explique-t-il. Et en plus, c’est un objet décoratif intéressant. »

Dans son petit atelier, Yvan Sauvé fabrique toutes sortes d’objets en bois, dont des salières et des poivrières.

À ces objets d’utilité, on doit ajouter des instruments de percussion. Lors de quelques contrats avec l’équipe de Belle et Bum, l’émission de variétés diffusée à Télé-Québec, Yvan a proposé à la coanimatrice et percussionniste, Mélissa Lavergne, de lui fabriquer des shakers en bois. « Mélissa m’a dit qu’ils sont parfaits pour le studio étant donné que le son est moins puissant, mais plus organique et naturel. Parce que sur scène, les instruments en matières synthétiques sonnent plus fort et c’est ce qui compte, contrairement aux enregistrements en studio. »

Pour fabriquer ses objets, notre ébéniste-musicien utilise des essences d’érable, de merisier et de noyer. Parfois, il récupère des frênes abattus en raison de l’agrile du frêne, un insecte qui fait des ravages sur cette espèce d’arbre. « Je tente de récupérer tout ce qui me tombe sous la main, avoue-t-il. J’achète aussi du bois déjà plané et séché, ce qui accélère ma production. Mais, je n’ai pas l’intention d’en faire un métier. Je le fais par passion et surtout parce que j’ai beaucoup de temps libre en ce moment, comme la majorité des gens d’ailleurs. »

Liste d’attente

Les acheteurs devront être patients avant de pouvoir assaisonner leurs steaks avec les salières et poivrières Sauvé. La liste d’attente est longue et notre ébéniste ne fabrique rien à la « sauvette ».

« Je fais tout à la main donc, le temps de fabrication est plus long, explique-t-il. Je prends les commandes une par une et j’expédie le tout par Postes Canada. Je n’ai pas encore de site web (mais ça viendra affirme-t-il) alors, je prends mes commandes sur ma page Facebook et par courriel. »

Yvan privilégie une méthode de fabrication par étape. Il s’attarde à un type d’objet à la fois, ce qui maximise son temps sur un type d’outils. « J’avoue y avoir été par essais et erreurs, beaucoup d’erreurs, rigole-t-il. Mais, j’ai toujours cru que c’était la meilleure façon d’apprendre. En plus de visionner des dizaines de tutoriels sur YouTube (rire). »

Il y aura bien une fin à cette crise et aux mesures de confinement. À ce moment, Yvan Sauvé retournera à ses occupations professionnelles, mais il continuera de s’enfermer dans son petit atelier au fond de sa cour arrière de temps à autre. « Parce que c’est là que je relaxe, que je combats l’ennui et que j’apprécie tout ce que j’ai dans la vie. C’est en créant des petits objets de bois que je continue d’aimer mon métier, d’aimer la musique. »

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Renseignements: whyvonwoodworks@gmail.com ; facebook.com/yvan.sauve.96