Chanter «I Want To Break Free» ou «We Are The Champions» à gorge déployée, en piétinant les décombres d’un futur postapocalyptique ? C’est ce que risquent de faire les spectateurs de «We Will Rock You», incités en cela par les excentriques personnages de ce musical cyberpunk qui repose sur 24 grands succès du groupe Queen.

«We Will Rock You»: Queen après l’apocalypse [PHOTOS]

Chanter «I Want To Break Free» ou «We Are The Champions» à gorge déployée, en piétinant les décombres d’un futur postapocalyptique ? C’est ce que risquent de faire les spectateurs de «We Will Rock You», incités en cela par les excentriques personnages de ce musical cyberpunk qui repose sur 24 grands succès du groupe Queen.

We Will Rock You est attendue à la place TD d’Ottawa les 4 et 5 février, dans le cadre d’une énorme tournée nord-américaine. Après quoi, elle prendra la route de Toronto, Montréal, puis le Grand Théâtre de Québec, le 14 février.

Depuis sa première — en 2002, à Londres — la comédie musicale se targue d’avoir été vue par quelque 16 millions de personnes, dans 19 pays. Elle a été remontée l’an dernier par la boîte de production albertaine Annerin Theatricals, de Calgary.

We Will Rock You est attendue à la place TD d’Ottawa les 4 et 5 février.

Annerin est derrière une dizaine de spectacles de type hommage et revival — depuis les Beatles à Pink Floyd en passant par The Led Zeppelin Experience et Juke Box Hero — que les habitués des casinos canadiens ont sans doute eu l’occasion de voir.

Le patron d’Annerin, le producteur Jeff Parry — qui a grandi à Ottawa — s’était rendu à New York pour tenter de négocier l’adaptation scénique de Johnny Cash : Ring of Fire auprès d’une firme spécialisée dans la gestion de droits d’exploitation. Là, il s’est heurté à une fin de non recevoir. C’est alors que ses interlocuteurs lui ont proposé de remonter la comédie musicale We Will Rock You, dont les droits venaient de se libérer.

La comédie musicale se targue d’avoir été vue par quelque 16 millions de personnes, dans 19 pays.

« Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais imaginé que les droits seraient disponibles... et aujourd’hui, certaines personnes pensent que je suis un génie, [à cause du timing] mais je ne vais pas mentir : je vous jure qu’à l’époque, je ne savais même pas que le film allait sortir », s’esclaffe le producteur.

Distinction

M. Parry fait ici allusion au film Bohemian Rhapsody. La biopic sur le chanteur de Queen Freddie Mercury a connu en 2018 la gloire des box-office, raflant au passage une multitude de trophées, dont quatre Oscars. Le film a surtout permis à de nouvelles générations de découvrir Queen, tout en provoquant un effet d’engouement — un buzz — inattendu autour du répertoire du groupe britannique.

Cet excellent sens du timing peut d’ailleurs prêter à confusion. Et ce, d’autant plus que Bryan May et Roger Taylor — les deux membres de Queen associés de proche à la trame musicale du film — avaient aussi assuré la direction musicale de la version originale de We Will Rock You.

Nonobstant. Ce musical n’est « absolument pas » l’adaptation scénique de Bohemian Rhapsody, mais bien une œuvre de fiction. Une distinction importante que le producteur ne manquera pas de rappeler en entrevue, afin de ne pas « entretenir la confusion ». Au début de la tournée, Jeff Pary a en effet constaté que certains spectateurs s’étaient fourvoyés sur le contenu, et venaient voir le show en pensant assister aux (més)aventures du quatuor britannique.

Une vingtaine de comédiens et chanteurs partagent la scène durant We Will Rock You.

Sur la « e-planète »

Si la trame sonore repose bel et bien sur la musique de Queen, la comédie musicale We Will Rock You s’appuie sur de toutes autres tribulations : celles de Galileo et Scaramouche (respectivement campés par Trevor Coll et Keri Kelly). Un conflit ouvert va opposer les deux personages à Killer Queen (interprété par Krystel Chance), la reine de ce monde créé de toute pièce par l’auteur et humoriste britannique Ben Elton.

Un royaume pourri, où les instruments de musique ont complètement disparu.

La vilaine reine est à la tête de Globalsoft, une multinationale dont la toute-puissance n’a rien à envier à l’Étoile Noire de George Lucas, et qui a fait main-basse sur la « e-planète » (iPlanet).

La tournée prendra la route de Toronto, Montréal, puis le Grand Théâtre de Québec, le 14 février.

La révolte des Bohemians

Dans ce monde dystopique, les deux protagonistes rejoindront les rangs d’une bande de marginaux judicieusement nommés les Bohemians — clin d’œil à cette célèbre Rhapsody qui en 1975 déjoua tous les pronostics, les radios et les studios n’ayant aucune confiance dans une ritournelle iconoclaste qui s’éternisait sur près de six minutes...

La tournée, qui a démarré en septembre dernier à Winnipeg, fonctionne à plein régime : We Will Rock You a déjà visité une cinquantaine de grandes villes américaines. Au Hulu Theatre de Madison Square Garden — à New York, bastion de Broadway — la troupe a réussi à booker six représentations du spectacle, où il a été très chaudement apprécié, note le producteur.

Et selon lui, la réaction du public est encore plus forte de ce côté-ci de la frontière. « Le Canada a toujours été un gros marché pour Queen », bien davantage que les États-Unis, affirme Jeff Parry. Avouera, ironie du sort, n’avoir jamais été un énorme fan du groupe britannique à l’époque, et ne l’être devenu que récemment.

Cette version canadienne de We Will Rock You est, de l’aveu même du patron d’Annerin, peu plus humble que le spectacle londonien, qui bénéficiat, dit-il de « vidéos déjantées » et de « costumes extravagant » (« over the top »). « Nous, c’est une production itinérante... on a donc dû dépouiller un peu les choses », reconnaît-il.

La tournée a démarré en septembre dernier.

Reste que sa relecture ne manque ni d’envergure, ni de panache. Une vingtaine de comédiens et chanteurs s’y partagent la scène, épaulés par une formation live de six musiciens (placés sous la houlette de Russell Bloom à la direction musicale). En outre, des plate-formes hydrauliques mobiles se mêlent aux éléments du décor, rappelle-t-il.

« C’est un show rock géant, plein d’énergie, et les performeurs s’arrangent pour galvaniser la foule en les incitant à chanter ces succès connus de tous. Le public devient complètement fou», constate Jeff Parry.

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POUR Y ALLER (OTTAWA)

Quand : Les 4 et 5 février à 19 h 39

Où : Place TD

Renseignements : 613-232-6767 ; tdplace.ca

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POUR Y ALLER (QUÉBEC)

Quand : Le 14 février, à 20 h

Où : Grand Théâtre de Québec

Renseignements : 418-643-8131 ; grandtheatre.qc.ca