Victoria: une comédie qui a du chien

Repérée il y a un an à la Semaine de la critique du festival de Cannes, Victoria s'imposait comme une belle surprise, comédie française aux antipodes des productions insipides dont est capable le genre.
On redécouvrait Virginie Efira dans un rôle révélateur pour sa carrière, en avocate pénaliste, débordée, mère de famille monoparentale au bord de la crise de nerf. Incarnant avec brio le contre-exemple de la conciliation travail / famille / vie sexuelle. Le cauchemar démarre au mariage d'un ami auquel elle est invitée et qui tourne mal. Vincent (Melvil Poupaud) est accusé par sa fiancée de l'avoir poignardée à la fin de la soirée et demande à Victoria de le défendre. Seul témoin de cette scène dont personne ne se souvient, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecoeur de défendre son ami. Et c'est au milieu de ce chaos qu'apparaît Vincent Lacoste, post-ado lunaire (rôle qu'il incarne si bien), ancien client que Victoria a sorti de prison alors qu'il dealait. Il deviendra même son baby-sitter et plus si affinités...En boulimique de la vie, Victoria multiplie les partenaires sexuels sur Internet, essaie par tous les biais de surmonter son angoisse existentielle, psy et voyante à sa rescousse. 
Dans ce deuxième long-métrage de la réalisatrice Justine Tiret, tout est drôle, vivifiant et terriblement triste à la fois. Virginie Efira resplendit en embourbée de la vie qui tente de refaire surface mais replonge davantage. L'apogée de ce film absurdo-burlesque est jubilatoire : une plaidoirie qui convoque un chien à la barre ! À voir...         
Victoria, de Justine Triet, avec Virginie Efira, Melvil Poupaud, Vincent Lacoste. ****
Projections :
Cinéma Aylmer: 24 mars à 14h30
Cinéma 9: 28 mars à 16h30