La jeune Granbyenne de 11 ans, Sydney Lallier, est repartie avec le trophée de La Voix junior dimanche soir.

Victoire de Sydney Lallier : le résultat d'un travail acharné

Sydney Lallier était triste, lundi. Triste de devoir quitter ce qui était presque devenu sa deuxième famille­, sa deuxième maison. Mais plus que de la tristesse, c’est une immense joie et une fierté incommensurable qui habitaient la jeune Granbyenne. Repartir avec le trophée de La Voix junior à 11 ans, c’est pas rien, quand même !

« Je commence à le réaliser », a-t-elle glissé timidement, dans un soupir trahissant la courte nuit de sommeil qu’elle venait d’avoir, mais surtout, la charge émotionnelle qui vient avec un tel honneur.

Tout au long de l’entrevue accordée à La Voix de l’Est, la petite protégée de Marie-Mai peinait d’ailleurs à trouver ses mots. Mais elle s’est dite très contente de sa performance, d’autant plus que les deux chansons qu’elle a interprétées dimanche soir représentaient de réels défis pour elle.

« Lose Yourself d’Eminem compte vraiment beaucoup de paroles (ndlr : quatre pages de texte, à en croire une vidéo postée sur sa page Facebook), et La force de comprendre (de Dubmatique), parce qu’elle n’avait jamais fait de rap en français », disait un peu plus tôt Olivier Chagnon, son professeur de chant.

« Le français, ce n’est pas sa langue maternelle », a spécifié son père, Sylvain, qui s’est dit « probablement plus nerveux qu’elle (Sydney­) » pour cette raison dimanche soir.

La gagnante de La Voix junior, Sydney Lallier, en compagnie de sa coach Marie-Mai.

Sous pression

Mais Sydney fonctionne mieux sous la pression et carbure aux défis, de l’avis de tout le monde, y compris elle-même. Et elle tenait à chanter en français à une étape ou une autre de l’aventure. « Je voulais montrer au Québec que je peux chanter en français, affirme-t-elle. En plus, cette chanson-là comporte une bonne partie de chant, et je voulais aussi démontrer que j’avais des capacités vocales pour faire autre chose que du rap. »

Ça n’a toutefois pas été chose facile. « Je sais à quel point elle a travaillé fort. Elle est arrivée à maîtriser sa chanson seulement 3 ou 4 jours avant la finale », fait valoir son père.

« À la pratique générale, j’ai moffé complètement toute la prononciation, et j’ai pleuré pendant des heures », raconte Sydney, avant d’ajouter : « Mais avec le stress et l’adrénaline, je performe toujours mieux que le mieux dont je suis capable », en référence à sa prestation en finale.

La jeune rappeuse a si bien fait, de l’avis de son père, qu’il savait dès la fin de sa chanson que sa fille avait de grandes chances de l’emporter. « J’aurais gagé un gros montant », lance-t-il en riant.

Il admet néanmoins que l’aventure a pris des proportions auxquelles il ne s’attendait pas. « Chaque fois qu’elle passait à une autre étape, on se disait que c’était incroyable, que ça ne se pouvait pas. Oui, tout ça est devenu beaucoup plus gros que ce à quoi on s’attendait. On ne pensait pas que des gens pouvaient s’accrocher autant à une petite fille qui fait du rap », avoue-t-il.

Sylvain Lallier n’est cependant pas inquiet pour la suite. « On a des offres sur la table pour elle. On sait qu’elle a la capacité et le caractère pour le faire. Mais on veut regarder avec elle ce qu’elle veut faire. »

Même son de cloche de la part de son professeur de chant. « Je ne serais pas surpris qu’une belle grosse boîte de production veuille la signer, dit-il. Et si ça n’arrive pas, je suis sûr qu’il y aura plein de belles opportunités qui vont se présenter à elle. »

Le rêve devenu réalité, comme Sydney l’a fait valoir à plusieurs reprises lors d’entrevues, est loin d’être terminé. Ça ne fait que commencer, le plus gros s’en vient, lui a d’ailleurs dit Marie-Mai, à ce qu’il paraît, en référence notamment aux spectacles de La Voix junior 2 qui seront présentés au Centre Vidéotron et au Centre Bell, à Québec et Montréal les 9 et 16 décembre prochains.