Véronique Cloutier

Véronique Cloutier: cultiver la proximité

Les gens l’appellent affectueusement Véro. C’est un détail qui n’en est pas un. Le sympa diminutif, devenu une marque de commerce, témoigne bien de la proximité qui existe entre Véronique Cloutier et le public québécois.

« Tout le monde n’a pas la même approche, mais moi, j’entretiens ce lien-là le plus possible. C’est une proximité et un attachement que j’explique par le fait que j’ai commencé très jeune dans le métier. À 18 ans, j’animais à MusiquePlus et je n’ai jamais arrêté de travailler à l’écran ou à la radio depuis. J’ai grandi dans l’œil du public, en quelque sorte. Je pense que c’est ce qui fait que, pour les gens, je représente la petite fille ou la petite sœur, la bru ou l’amie. Les gens m’ont vue évoluer et traverser différentes étapes de vie. Ils m’ont vue vivre de grandes joies, avoir de grosses peines, connaître de beaux succès professionnels et essuyer de moins bons coups aussi », explique la populaire animatrice.  

Elle le dit et le répète souvent pendant l’entretien : elle éprouve beaucoup de gratitude et de reconnaissance pour l’affection qu’on lui témoigne. 

« Parce que j’ai grandi dans les coulisses du milieu, j’ai pu observer les interactions entre différents artistes et leurs admirateurs alors que j’étais toute jeune. J’ai eu accès à un portrait assez juste de tout ce qu’impliquait le fait d’exercer une profession artistique. Avant même de commencer moi-même dans le métier, je savais d’instinct comment interagir avec le public, j’ai un grand respect pour lui. Pour moi, c’est très clair qu’il faut chérir la relation avec les gens », dit celle qui pilote 1res fois, à Ici Télé, en plus d’être au micro de la quotidienne émission du retour Véronique et les Fantastiques, à Rouge FM. 

Reste que. Être toujours dans la mire des autres peut devenir pesant, à la longue. 

« Je sais que c’est pénible pour certains. Mais très honnêtement, de mon côté, même dans les périodes les plus difficiles de ma vie, et vous n’avez qu’à penser scandale familial ou Bye Bye très controversé, je n’ai jamais trouvé la notoriété difficile à assumer. Jamais. Je connaissais déjà les termes du contrat, si on peut dire. Quand je n’ai pas envie de voir des gens, j’évite tout simplement le Costco le samedi après-midi et je ne vais pas sur les réseaux sociaux. Tout le monde n’a pas le même point de vue sur la question, et je ne dis pas que le mien est meilleur qu’un autre, mais je considère que c’est ma responsabilité de ne pas m’exposer publiquement dans ces moments-là où je n’ai pas le goût d’être dispo. Parce que les gens ne peuvent pas deviner mes états d’âme. J’ajouterais que, lors des épreuves que j’ai traversées, j’ai eu la chance de recevoir des milliers de mots d’encouragement. Au Québec, les gens sont respectueux, ils nous abordent généralement pour nous dire une gentillesse. Tu sais, ma grand-mère est décédée en juin 2019. Je reçois, encore maintenant, des messages de condoléances de la part du public. C’est très touchant, ça aide à traverser les épreuves. C’est précieux, même, je dirais. Plein de gens vivent des deuils ou des épreuves et ils n’ont pas cette chance de pouvoir être portés par une pareille vague d’affection. » 

Véronique Cloutier signant des autographes sur l’anti.tapis de Karv, l’anti-gala, en août 2011.

Focaliser sur le beau

Les médias sociaux sont de formidables véhicules pour les petits mots d’encouragement, c’est vrai. Mais ils servent aussi à relayer le fiel des trolls qui s’attaquent sans filtre et sans scrupules aux personnalités qu’ils prennent en grippe. « Avec le métier que j’exerce, j’ose espérer que, à mon échelle, j’apporte parfois un certain réconfort, du divertissement, du positif. Et je reçois beaucoup en retour, je trouve. Les insultes qui surgissent parfois sur les réseaux, j’ai tendance à les ignorer. De toute façon, j’ai l’impression que ceux qui écrivent des bêtises projettent leur propre malheur. On a beaucoup donné de tribune aux haters, et c’était sans doute normal parce qu’on apprivoisait tout ce qui venait avec les réseaux sociaux. Mais là, après 13 ou 14 ans de Facebook, on peut sans doute leur accorder moins d’importance et cesser de leur prêter autant d’attention. »  

On l’a compris, Véro préfère se concentrer sur ses fans plutôt que sur ses détracteurs.

« Ah, je n’aime pas utiliser le mot fans, précise-t-elle. C’est bizarre, hein? J’ai un malaise avec ça, c’est comme si ça faisait prétentieux. Je parle plutôt des gens qui me suivent. » 

Ils sont nombreux. Très nombreux. Et certains sont plus présents que d’autres. Au fil du temps, un noyau s’est formé. Une garde rapprochée qui répond présente à chaque lancement, chaque événement. « Ils sont environ une trentaine de personnes à me suivre de plus près depuis très longtemps. Nous, on les appelle les VIP. À force de les croiser sur un plateau ou après un spectacle, on finit par savoir leur nom, par connaître quelques parcelles de leur vie privée. Il y a un lien privilégié qui se crée. Mon adjointe est en contact avec eux, ils savent souvent d’avance ce qui s’en vient. Encore là, je trouve ça très précieux. Parce que c’est du soutien, de la solidarité, de la fidélité. C’est un cadeau, en fait. »

La relation privilégiée que cultive Véronique Cloutier avec ses admirateurs et admiratrices remonte à ses débuts à MusiquePlus. On voit ici l’animatrice en 2003, à l’époque où elle animait La Fureur, refaire pour une jeune fille de six ans la chorégraphie de chaque début d’émission.

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VÉRO EN RAFALE

Ce qui la dérange
« Il y a une chose qui me pique et qui m’enrage. Une seule. C’est quand quelqu’un écrit qu’il m’a croisée et que je n’ai pas été fine. C’est sûr à 800 pour cent que ce n’est pas vrai et ça me fait grimper dans les rideaux parce que, en 27 ans de métier, je n’ai jamais refusé un bonjour, une photo, une vidéo, un autographe. Même pas maquillée, même malade, je dis tout le temps oui. J’ai même acquiescé à une demande de selfie avec une infirmière dans la salle de réveil après ma césarienne, lors de la naissance de Raphaëlle! »

La notoriété avec des enfants
« On a longtemps gardé les enfants à l’écart des projecteurs, Louis et moi. Mais lorsqu’on a accepté de publier des photos de notre mariage dans Elle Québec pour verser de l’argent à l’hôpital Sainte-Justine, c’était clair qu’on ne pouvait pas laisser les enfants en dehors des images. C’était un événement tellement heureux. Ils avaient alors 2, 7 et 9 ans. Ça a été une première étape. Après, notre plus vieille, qui côtoyait d’autres enfants de vedette, nous a demandé pourquoi la fille d’un tel était photographiée à la première du Cirque du Soleil et pas elle. » 

Delphine a posé la question qui fait mal à un cœur de mère : « Est-ce que c’est parce que vous avez honte de nous? »

« On n’avait pas pensé que les enfants pouvaient le vivre de cette façon. On s’est aperçus qu’on créait nous-mêmes la cachette, la rareté. On a arrêté de se casser la tête avec ça. On ne les pousse pas sous les feux de la rampe, mais ils font partie de notre quotidien. Évidemment, s’ils expriment un malaise ou s’ils ne veulent pas apparaître publiquement, on va toujours respecter leur choix. » 

La popularité au service de la philanthropie
« Louis et moi, on considère qu’on est choyés et on trouve important de redonner. On s’impliquait déjà pour différentes bonnes causes, mais plus on vieillissait, plus on se disait qu’on devait mettre notre notoriété au service d’une cause sur laquelle on avait envie de braquer les projecteurs, une cause qui avait besoin d’être mise en lumière. On a choisi celles des personnes autistes devenues adultes, qui n’ont plus accès à des services adaptés. Ça va faire quatre ans en avril et on devrait bientôt ouvrir les portes de la première maison qu’on a bâtie avec la Fondation Véro & Louis, à Varennes. Elle a été pensée et conçue pour accueillir des personnes autistes de plus de 21 ans. »

Les projets à venir
« La plateforme Véro.TV m’occupe avec quelques tournages, tout comme l’émission 1res fois. J’ai aussi mon mag, Véro, qui poursuit ses activités. On va reprendre le chemin de la tournée, Louis et moi, pour Les Morissette II, dont les billets sont déjà en vente. On viendra à Sherbrooke le 23 janvier 2021. Et il y a d’autres petits trucs dont je ne peux pas encore parler, mais qui seront annoncés bientôt. »  Karine Tremblay

Même lors des moins bons coups, comme lorsque l’émission Votre beau programme a été retirée des ondes après une seule saison, Véronique Cloutier a reçu le soutien de son public.