Unplanned à l’affiche à Cornwall

Le Théâtre du Port, à Cornwall, mettra à l'affiche le film controversé contre l’avortement Unplanned, dès ce vendredi.

Le propriétaire de l’établissement, Larry Sylvain, a tenu à préciser, lors d’un entretien avec Le Droit, qu’il s’agit simplement d’une décision d’affaires, et non d’opinions personnelles. « Je mets régulièrement des films basés sur la foi à l’affiche puisque j’ai une large clientèle qui répond à ce type de films », a-t-il plaidé.

Le film américain Unplanned a suscité une vive controverse à travers le pays au cours des dernières semaines.

Le film est produit, réalisé et écrit par des organismes de foi chrétienne. Unplanned, que l’on pourrait traduire par « non prévu », décrit l’avortement comme un acte chirurgical dangereux.

Le long métrage est basé sur l’histoire d’Abby Johnson, une ancienne directrice d’un organisme de planification familiale. Après avoir assisté à son premier avortement, elle quitte l’organisme et devient une défenderesse du mouvement pro-vie américain.

Le propriétaire du Théâtre du Port affirme avoir reçu de nombreux courriels dénonçant sa décision de diffuser le film.

Plusieurs d’entre eux ont promis de boycotter son cinéma s’il décide d’aller de l’avant.

Toutefois, M. Sylvain affirme ne pas être trop inquiet, puisque la grande majorité de ces courriels proviennent de l’extérieur de Cornwall.

« La plupart sont de Toronto, Vancouver, j’en ai même reçu de Haïti. »

Celui-ci remarque que le classement en ligne de son établissement n’a pas considérablement diminué depuis l’annonce.

M. Sylvain aurait aussi reçu des encouragements de la part de l’organisme Pro-Vie Canada, qui lui aurait conseillé de « garder la tête haute ».

Le film relate notamment des dangers des avortements, mais selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), 98 % des avortements ne comportent pas des complications.

Quant à la porte-parole de l’Association canadienne pour le droit à l’avortement, Marianne Labrecque, ce film est un outil de propagande.

« La production d’un film qui désinforme, qui manipule et qui transforme des informations pour recriminaliser l’avortement, c’est de la propagande de façon textuelle. »