Le groupe Thus Owls ont mis fin à l'édition 2014 du Festival de jazz d'Ottawa, hier soir.

«Une réussite sur le plan artistique»

Le ciel une fois dégagé, la foule en mode «fête du Canada» s'est rassemblée en grand nombre, hier, au Parc de la Confédération pour célébrer le grand jour, certes, mais aussi pour profiter de la journée de clôture, toujours très courue, du Festival de jazz d'Ottawa.
Dès 13h, une programmation entièrement canadienne - et gratuite - a fait le bonheur des touristes et visiteurs venus de partout, la soirée se concluant notamment avec Thus Owls, un groupe «montréalo-stockholmien» qui nous avaient tous laissés bouche bée en septembre 2012, en première partie de Patrick Watson au Théâtre du Musée canadien de l'histoire. Un retour fort attendu, plusieurs nous diront.
Au moment d'écrire ces lignes, en fin de soirée, les organisateurs étaient confiants d'avoir attiré autant de visiteurs que l'an dernier, voire davantage, soit quelque 301 000 festivaliers.
«Bien entendu, c'est un bilan provisoire, affirme Suzan Zilahi, directrice du marketing, mais cette 34e édition est une réussite sur le plan artistique, alors nous sommes confiants».
Les multiples spectacles présentés à guichets fermés confirment les espoirs de l'équipe.
La Quatrième salle et le Studio du CNA ont fait salle comble tout au long de l'événement, sans oublier la scène principale au Parc de la Confédération où l'on nous a offert des moments inoubliables.
Sous un soleil tombant, presque toujours au rendez-vous, des foules bien compactes, frôlant les 12 000 spectateurs, certains entassés le long du canal, sont venues applaudir leurs vedettes préférées, d'Aretha Franklin, svelte et en grande voix (confondant ainsi tous les sceptiques), à Tedeschi Trucks Band, en passant par Daniel Lanois, Steve Martin & The Stone Canyon Rangers, accompagnés d'Edie Brickell. Et que dire d'Earth, Wind & Fire...
Ambiance de fête à son paroxysme, sans doute l'une des foules les plus animées de l'histoire du festival, le coloré Verdine White et ses talentueux musiciens nous en mettant plein la vue et les oreilles, leurs succès faisant allègrement vibrer cette corde sensible appelée «nostalgie», celle qui s'empare de nos souvenirs d'adolescence et, parfois même, mystérieusement, de nos hanches.
Pour sa quatrième année aux commandes, le directeur de la programmation Petr Cancura, multi-instrumentiste et compositeur originaire d'Ottawa, s'est offert - et nous a offert - un nouveau lieu, la scène de musique canadienne Laurier Avenue.
Les aficionados, les purs et durs, auraient souhaité une série davantage jazz, moins indie, moins folk, moins pop. Chose certaine, une soirée en compagnie des Soeurs Boulay, des Mahones, de Socalled ou de Whitehorse, pour nommer que ceux-là, aura eu raison des détracteurs. Les années à venir semblent déjà prometteuses.
Parmi les découvertes qui ont alimenté le bouche à oreille, mentionnons Darius Jones, un saxophoniste alto new-yorkais de la relève, Susanna, une chanteuse et pianiste norvégienne, Bill Frisell - un guitariste notoire, certes - mais qui a présenté un spectacle hommage à Buster Keaton en interprétant la musique de Go West, le film était diffusé en simultané sur grand écran. Sandra Nkaké, chanteuse camerounaise ayant grandi à Paris et Cecile McLorin Salvant, une jeune virtuose de 23 ans dans la lignée des Billie Holiday et Sarah Vaughan, ont également séduit le public.
Et il est fort à parier que nous les reverrons sous peu. Le festival célébrant son 35e anniversaire l'an prochain, nous piétinons déjà d'impatience à savoir comment les organisateurs marqueront le coup.