L’auteure et comédienne, Sarah-Maude Beauchesne
L’auteure et comédienne, Sarah-Maude Beauchesne

Une place au soleil pour Sarah-Maude Beauchesne

Ce printemps, Sarah-Maude Beauchesne occupe le paysage culturel québécois comme jamais. En chair et en os à la télévision, mais aussi, plus discrètement, à travers son écriture et sa voix.

Il y a d’abord Fourchette, la web-série qui l’a soudainement révélée comédienne. Écrite par elle, inspirée par elle, cette oeuvre fait écho à son blogue Les fourchettes, qui l’a mise au monde sur la scène culturelle. La seconde saison de Fourchette bat son plein depuis la mi-mars dans la section gratuite de Tout.tv où elle fait un tabac.

Pour la nouvelle trentenaire, ce succès s’explique notamment par la sincérité de sa proposition.

« Au début, ça partait de mon intimité. Je ne croyais pas que ça allait toucher tant de personnes, dit-elle. Je pense que les gens sentent que je suis authentique ; ils voient que mon personnage dit tout haut ce qu’ils pensent eux aussi. Sarah n’est pas parfaite, elle n’a pas peur d’être vulnérable. C’est une série qui a à coeur la sororité, le féminisme et la quête d’amour-propre. Ce sont des sujets universels et riches ! »

L’auteure fait d’ailleurs remarquer que cette deuxième saison aborde des thèmes encore plus matures que la première. Le mariage de sa meilleure amie et l’histoire d’amour entre Sarah et un homme marié en sont le pivot, faisant naître le doute, la confrontation, la jalousie et l’incompréhension. Bref, une tempête d’émotions.

« Ça part toujours de questionnements que j’ai. Mais il y a de la fiction ajoutée à la réalité », tient à préciser la Granbyenne de naissance.

On ose lui parler de ces scènes où elle s’expose beaucoup et en toute aisance... « Je n’ai jamais vraiment eu de pudeur. Et la nudité est toujours justifiée dans Fourchette. Les moments où j’ai eu le plus le vertige, c’est dans l’écriture ! »

La suite de Fourchette n’est pas confirmée, mais il ne serait pas farfelu d’envisager une troisième saison... Ça tombe bien ; Sarah-Maude a eu un véritable coup de coeur pour le jeu.

« J’ai eu la piqûre. Ça m’a frappée de plein fouet ! C’est sûr que j’aimerais recommencer et m’améliorer... », confie celle qui a fait appel à la comédienne Dominique Pétin pour peaufiner son talent. Elle ne peut s’empêcher de penser à ses amis comédiens « qui ont étudié longtemps et travaillé fort » pour pratiquer ce métier qu’elle apprivoise doucement, en suivant son instinct.

« Je pense que le critère essentiel pour jouer, c’est d’être hypersensible. »

Derrière la caméra 

Parallèlement à sa présence physique sur les écrans, sa plume continue de faire vivre le troisième et dernier volet de la série jeunesse L’Académie, en ondes depuis le début du mois sur Club illico. « On suit les personnages dans les derniers milles avant leur graduation », explique l’auteure, qui a aussi pondu L’été d’après, dans lequel ses « héroïnes » Agathe, Wendy et Marie vivront la belle saison suivant la fin de leur secondaire à l’Académie. On se rappelle que Sarah-Maude avait aussi publié L’été d’avant en 2018, où on faisait la connaissance des trois copines.

La sortie de ce nouveau roman à trois voix, prévue le 22 avril, a toutefois été reportée en juin, en raison de la pandémie.

Même chose pour le lancement de la nouvelle La Madrague, dont la publication aura lieu à une date ultérieure, dit-elle. Ici, rien de nouveau cependant, La Madrague ayant été rendue public une première fois en 2016 à l’intérieur du recueil de nouvelles érotiques Travaux manuels. Cette fois, l’histoire sera publiée seule par la maison Québec Amérique... lorsque la situation le permettra.

D’ici là, Sarah-Maude ne prendra pas de pause. Sa balado Entre filles, dans laquelle elle donne la parole à des femmes d’ici, fera bientôt des petits. Commandées par Radio-Canada Ohdio, les dix premières capsules traitaient de sujets inspirés de ses journaux intimes d’adolescence, de l’anxiété aux premiers émois sexuels, en passant par le thème des parents.

De nouveaux épisodes sont à venir, dit-elle, en promettant encore des discussions avec des femmes inspirantes « aux histoires et aux opinions différentes ».

Sororité un jour, sororité toujours.