Le livre écrit par Mathilde Saint-Jean, Insoumise: Au-delà du mur, sera traduit en ouzbek en novembre 2019.

Une jeune auteure de Saint-André-Avellin traduite en ouzbek

Après avoir vu son œuvre «Insoumise» être traduite et commercialisée en Russie au printemps dernier, l’Avellinoise d’origine, Mathilde Saint-Jean, franchira une fois de plus les frontières de l’Asie centrale grâce à sa plume, puisque son récit sera aussi adapté d’ici quelques semaines pour le public de l’ancienne république soviétique de l’Ouzbékistan.

La maison Bookland Press, qui se spécialise notamment dans la traduction d’oeuvres littéraires canadiennes à travers le globe, s’est entendue avec Guy Saint-Jean Éditeur – la maison d’édition qui publie les livres de Mathilde Saint-Jean – et la boîte Asian Book House afin de transposer en ouzbek, dès novembre, Insoumise : Au-delà du mur, premier volet de la trilogie de la jeune romancière parue en 2015. Il s’agira d’une première traduction d’une oeuvre francophone canadienne en langue ouzbek, clame haut et fort le trio d’éditeurs, dans un communiqué de presse signé conjointement. Les deux autres tomes devraient suivre un peu plus tard.

Insoumise, qui se décompose en trois romans, projette le lecteur dans un « univers dystopique » où le récit se déroule après une troisième guerre mondiale dont les « technologies atomiques » ont fait des ravages, tuant des millions de personnes sur la planète. Des pays ont disparu ; d’autres ont émergé. C’est le cas de la République, un pays divisé « un peu comme l’était l’Allemagne lors de la guerre froide », note l’auteure, au bout du fil. L’héroïne de l’histoire, Emma, habite dans la frange pauvre de la République et doit tous les soirs franchir le mur pour se rendre travailler « de l’autre côté, à ses risques et périls, pour aider sa famille à survivre ».

Mathilde Saint-Jean, ancienne étudiante du programme international à la polyvalente Le Carrefour de Gatineau, avait 18 ans lorsque sa trilogie a été publiée en 2015 par Guy Saint-Jean Éditeur. Elle avait à peine 17 ans quand elle a signé son contrat avec la maison d’édition. Insoumise était le résultat d’un projet d’école pour celle qui a grandi à Saint-André-Avellin. Elle n’aurait jamais pu s’imaginer un jour que son histoire voyagerait outre-mer et surtout qu’elle serait transcrite dans une autre langue que celle de Molière.

« Je me suis déjà dit que le livre pourrait être envoyé en Europe dans des pays francophones, mais de savoir que j’ai écrit ce roman-là pour un projet d’école, dans un tout petit village comme Saint-André-Avellin, à des kilomètres de ce pays-là dont j’avais très peu entendu parler, c’est quand même un drôle de sentiment. De savoir que je vais avoir des lecteurs là-bas et que mes mots voyagent, c’est spécial », confie la principale concernée, en entrevue avec Le Droit.

Conquérir l’Asie centrale

Ce projet de traduction a de quoi rendre fébrile Mathilde Saint-Jean, d’autant plus que les trois tomes de son épopée sont également imprimés en version russe depuis déjà plusieurs mois.

« Pour ce qui est du Russe, ç’a été une surprise aussi. Quand j’ai reçu mon premier tome chez moi, je n’étais même pas en mesure de lire quoi que ce soit. Juste de voir mon nom traduit dans cette langue, c’était assez particulier », souligne Mme Saint-Jean.

Ces rebondissements récents ont une saveur particulière pour la jeune femme aujourd’hui âgée de 22 ans qui n’a rien fait paraître depuis, mais qui précise avoir « six romans inachevés dans ses tiroirs ».

Ce processus de traduction permet en quelque sorte de redonner une nouvelle vie à Insoumise qui a peut-être séduit la Russie et l’Ouzbékistan pour ses similitudes entre ces deux pays et celui de « la République divisée » dont il est question dans le scénario.

« Comme j’ai publié ces livres en 2015, je me disais que les ventes arrêteraient ou que ça se calmerait à un moment donné, mais au contraire, il y a un engouement qui vient d’ailleurs. Ça permet de donner un second souffle à quelque chose que j’ai écrit il y a quand même quelques années », expose Mathilde Saint-Jean.

Pourrions-nous voir sur les tablettes, un jour, un autre roman signé Mathilde Saint-Jean ? L’auteure ne ferme pas la porte, sans toutefois se mettre de pression.

« J’ai toujours aimé écrire, mais je n’ai jamais voulu vraiment en faire une profession. Je suis du genre à me lancer dans plusieurs projets différents. J’aime tellement écrire que je ne voulais pas en faire une corvée. Je n’avais pas envie de me sentir forcée. C’est pour ça que j’ai un peu changé de direction, mais j’aime toujours encore autant la littérature et je continue de retravailler mes livres », lance-t-elle.