The Musical Box reconstitue les spectacles que Genesis donnait tant à l’époque de Peter Gabriel ou celle marquée par Phil Collins au micro

Une Extravaganza digne de Genesis

Ça fait 25 ans que le Montréalais Sébastien Lamothe se « prend » pour Mike Rutherford, le bassiste de Genesis.

Pas au point qu’on doive lui mettre une camisole de force, notez.

Son « délire », à lui, bassiste et directeur musical de The Musical Box, c’est de pousser à son paroxysme le mimétisme avec le légendaire groupe. The Musical Box ne se contente pas de rendre hommage aux débuts de Genesis (que ce soit l’époque de Peter Gabriel ou celle marquée par Phil Collins au micro) : il en reproduit les concerts avec un souci quasi maniaque.

Un mimétisme non pas physique, mais audiovisuel, puisqu’il s’agit de restituer – de reconstituer dans une totale conformité – les spectacles que Genesis donnait à la grande époque. Ce qui inclut le recours à des instruments vintage, de l’équipement made in 70’s, et à une panoplie de costumes exubérants – Peter Gabriel ayant toujours eu une approche très théâtrale de la scène.

MM. Gabriel et Collins eux-mêmes ont officiellement donné leur sceau d’approbation à la bande. À présent que The Musical Box a fait ses preuves, et réussi à convaincre même les fans les plus hardcores du sérieux de sa démarche, le sextet québécois ose pour la première fois depuis sa formation, s’aventurer dans des zones « moins connues, ou moins documentées », de Genesis.

Plutôt que de se reproduire une seule et même tournée, le nouveau spectacle de Musical Box, Une soirée d’extravagance – que le Théâtre du Casino du Lac-Leamy accueille le 16 janvier – arpentera des grands moments live de Genesis étalés entre 1971 et 77.

Au milieu des classiques se grefferont des raretés, et même certaines « pièces maîtresses jamais interprétées sur scènes », explique Sébastien Lamothe.

Pour ce concert, « on voulait pousser la folie et l’arrogance, au niveau de la présentation », dit-il, mi-sérieux. « Mais blague à part, notre véritable ambition, c’est de se faire plaisir. On n’est pas juste des interprètes, on est aussi des fans, des passionnés de Genesis, comme tous les gens qui viennent nous voir. Et ça fait des années qu’on caresse l’idée de faire un show pour se faire plaisir ».

Comprendre : les musiciens recouvrent une certaine liberté vis-à-vis du cadre très serré que The Musical Box s’est imposé jusqu’à présent. « On a dérogé pour la première fois depuis 25 ans à la règle de la reconstitution historique, qui était la ligne directrice [sur laquelle reposait] toute notre direction artistique. »

En revisitant cette « vieille époque » de façon « assez large », Sébastien Lamothe et ses complices ne se contentent plus de « démontrer l’incroyable output et le génie créatif de Genesis » et de témoigner des « tableaux visuellement spectaculaires » que les Anglais ont construit au fil du temps.

« C’était aussi une façon de nous renouveler en tant qu’artistes interprètes », admet le guitariste.

Bien entendu, la bande continue de respecter l’essence de sa démarche : « ne faire aucun compromis sur les arrangements musciaux d’époque, les sonorités et les instruments ».

En concert, « on multiplie les instruments. La scène de The Musical Box est comme un musée », relance-t-il en comptabilisant « 22 guitares différentes, dont trois ‘double manches’, parce que Mike Rutherford en a utilisées à partir de 73, sur [la tournée de] Selling England by the Pound, et qu’il s’est mis à jouer sur des instruments fabriqués custom pendant près de 40 ans, [au point que] c’est devenu sa signature... »

Joyaux cachés

« Il y avait sur les vieux albums de Genesis des joyaux cachés, ou des morceaux considérées classiques » que The Musical Box, à cause de sa mission d’origine n’avait pu se permettre d’interpréter jusque là.

Avec A Genesis Extravaganza, les Québécois ont pris « le risque d’offrir au public – et de s’offrir – des moments privilégiés jamais inclus [en show] par Genesis à travers les époques, ou alors très rarement », que ce soit parce que ces pièces avaient été délibérément écartées pour des considérations artistiques ou « à cause des limites techniques du live dans les années 70 ».

Ce nouveau spectacle « s’intéresse autant aux incontournables qu’aux pièces ‘reléguées’, devenues des classiques aux yeux des fans mais qui, dans notre contexte historique, ne se retrouvaient pas... »

« Beaucoup choses étaient écrites au piano acoustique. Comme Genesis n’a jamais eu de piano acoustique sur scène, beaucoup de pièces sont passées aux oubliettes, en spectacle. »

Dans l’album Selling England By the Pound figure par exemple une « pièce épique, très importante pour les fans, qui commençait par une longue intro au piano, [mais le claviériste] Tony Banks refusait de jouer cette intro live », la technologie de l’époque ne lui permettant pas de la reproduire adéquatement, illustre Sébastien Lamothe.

Grâce aux moyens à sa disposition en 2019, The Musical Box se sent capable de livrer live cette pièce « abandonnée » pour des motifs purement technologiques, estime le bassiste, justifié par le fait que les musiciens de « Genesis étaient très friands des nouvelles technologies », et qu’ils l’auraient conservée, s’ils avaient pu lui rendre justice à l’époque.

Cette fois, « la mise en scène est un peu plus signée Musical Box, mais on le fait ‘à la manière de’ Genesis », poursuit le musicien.

POUR Y ALLER :

Genesis – Une soirée d’extravagance

Quand? le 16 janvier, à 20 h

Où? Théâtre du Casino du Lac-Leamy

Billets : 1-877-977-7970 ; ticketmaster.ca