Un rare tableau de Salai, proche collaborateur de Vinci, adjugé 2,6 M$

Agence France-Presse
PARIS — La Madeleine pénitente, tableau de Salaì, plus proche collaborateur de Léonard De Vinci, a été adjugé mercredi à 1,7 million d’euros (environ 2,6 M$), a annoncé la maison de ventes Artcurial à Paris.

Cette huile fait partie des rares œuvres reconnues comme étant de la main de ce peintre imprégné au plus près de la technique de Léonard, notamment dans le traitement des mains et du visage.

À l’issue d’enchères très animées par téléphone, le tableau s’est envolé à 1 745 000 euros alors qu’il avait été estimé entre 100 000 et 150 000 euros. La vente a eu lieu à huis clos en raison du confinement.

«Ce tableau sort véritablement de la nuit. Son propriétaire, qui l’avait acheté pour une somme modeste, nous l’a confié pour la vente. Il nous est arrivé sans attribution. C’est (l’experte) Cristina Geddo, qui, venue de Milan, nous a révélé que c’était de Salai», a expliqué à l’AFP Eric Turquin.

«On a retrouvé des empreintes digitales: le peintre a écrasé son pouce sur la peinture fraîche, ce qui est caractéristique de la technique de Léonard et de Salai», a ajouté l’expert.

On ne connaît que quatre ou cinq tableaux authentifiés de Salai, dont le Christ rédempteur conservé à Milan, les autres étant en mains privées.

De 65 cm sur 50 cm, le tableau sur panneau de bois demande à être nettoyé, le vernis qui le recouvre partiellement étant sale et oxydé.

Marie-Madeleine y est représentée sur fond noir, le regard levé en extase, les bras croisés. Le corps nu, longiligne, est partiellement couvert par une chevelure abondante de couleur brun-doré: une caractéristique que l’on retrouve dans le tableau conservé à Milan.

Gian Giacomo Caprotti, dit Salaì (1480-1524), a été le plus proche compagnon de Léonard — son élève, garçon d’atelier, modèle, trésorier, agent, amant. Le maître de la Renaissance lui aurait donné le surnom de «Salai» — synonyme de «petit diable» — en raison de ses bêtises, petits vols, mensonges.

Pendant plus de 25 ans, Salaì a pu assimiler la technique du maître, en se positionnant  — outre ses quelques œuvres personnelles — comme l’un des plus influents divulgateurs des modèles léonardesques à travers des copies et variantes des chefs-d’œuvre de Léonard.