Jean-Claude Bergeron

Un quart de siècle d’art et d’amitiés

Vingt-cinq ans d’art se racontent à la galerie Jean-Claude Bergeron jusqu’au 19 novembre.

En 1992, lorsque le galeriste jette son dévolu sur cette magnifique demeure fin XIXe siècle, pour ouvrir une galerie d’art dans le marché By, c’est un véritable pari. L’espace aurait dû se transformer en restaurant, mais le nouveau propriétaire en a décidé autrement. 

« Je m’étais donné cinq ans pour que ça fonctionne », se souvient le maître des lieux. Après deux ans, l’opération est déjà un franc succès. Pourtant à l’époque, ouvrir une galerie consacrée à la gravure alors que la discipline demeure confidentielle semblait une gageure. C’était sans compter le dynamisme et la passion de cet ancien enseignant en arts visuels, retourné faire ses classes aux beaux-arts après une carrière diplomatique à l’ambassade du Canada en France.

Sa galerie n’a pas deux ans qu’il organise la biennale L’Art et le papier, puis écume les foires d’estampes internationales, à Paris notamment.

« J’ai réalisé que les artistes-graveurs que j’exposais faisaient aussi de la peinture, raconte M. Bergeron. Ils me présentaient leurs toiles. Dix ans après le début de la galerie, j’ai donc choisi de m’ouvrir à la peinture. »

Des palettes de couleurs, de styles, de formats, le tout magnifié par des boiseries anciennes qu’un air de musique classique caresse immanquablement depuis la radio posée sur son bureau. Un magnifique triptyque gris de Jean Paul Riopelle domine l’espace et les prix de vente. Le carnet d’adresses de M. Bergeron a de quoi faire frémir les collectionneurs – avertis ou apprentis – et amateurs de belles œuvres.  

L’exposition spéciale organisée pour ce 25e anniversaire illustre bien la diversité des médiums présentés sur les cimaises de la boutique depuis son ouverture : linogravure, acryliques, dessin, sérigraphies, eaux-fortes... Pour l’occasion, 25 artistes coutumiers des expositions solos de M. Bergeron représentent chacun par une seule œuvre une saison de la galerie.

Entre la toute première, un dessin de Henri Masson (Masham, 1972) et la toute dernière, les Ciels et bouleaux II de Michel V. Cheff (2016) – on retrouve plusieurs poulains devenus grands.

« J’ai découvert Jolicoeur, Lisa Trognon et Marc Séguin en biennale, » énumère fièrement Jean-Claude Bergeron. Le dernier repéré à la fin des années 1990 signe une huile sur toile vendue avant même le vernissage de l’exposition. L’acheteur ne sait pas encore qu’il bénéficiera d’une ristourne de 25 %, gracieuseté de la Galerie à ses clients pour son anniversaire... Si le lieu se démarque encore après toutes ces années, c’est que son propriétaire est un passionné.  

« Le marchand d’art ne s’intéresse qu’à l’argent alors que le galeriste fait des recherches, présente les artistes à des acheteurs et s’intéresse à ses poulains », précise M. Bergeron. Il rit encore de ses erreurs d’apprenti galeriste – des artistes étrangers sous-évalués – et précise que désormais, il ne représente plus de nouvelles signatures. Sauf, peut-être un vieil ami, sourit-il, en citant Michel V. Cheff qu’il a récemment incité à repeindre après une pause de trois décennies...

Cette célébration de l’art et de l’amitié aura lieu lors d’une réception publique organisée le 22 octobre, de 14 h à 18 h.