Le Festival international du Film d’Ottawa aura lieu du 25 au 29 mars.

Un nouveau festival «international» du film verra le jour à Ottawa

Un nouveau festival cinématographique « international » verra le jour à Ottawa, en mars.

Le Festival international du Film d’Ottawa (FIFO) sera organisé par l’Institut canadien du Film (ICF). Il se tiendra au même moment que le Festival du film de l’Outaouais (FFO), sans que ce dernier ne soit partenaire, pour l’instant. 

Le FIFO proposera aux cinéphiles « le meilleur du nouveau cinéma » canadien et hors frontières. Sa programmation ne sera dévoilée que le mardi 28 janvier, mais l’ICF promet déjà la visite de plusieurs célébrités du milieu du cinéma. 

L’événement, précise l’ICF, se tiendra « dans le centre-ville d’Ottawa », notamment à la Galerie d’art d’Ottawa, récemment rénovée. 

En même temps que le FFO

Il aura lieu du 25 au 29 mars. Chose surprenante, ces dates chevaucheront celles du FFO, tenu du côté de Gatineau. Le FFO tiendra sa 22e édition du 19 au 27 mars, a révélé lundi au Droit le président du FFO, Dider Farré. Les précédentes éditions du FFO se déroulaient à la même période, fin mars.  

Le fondateur du festival gatinois dit n’avoir pas été approché par l’ICF, ni être partie prenante du nouveau festival ottavien – dont il ignorait jusqu’à l’existence, avant l’appel du Droit.

« Il n’y a eu, de la part de l’ICF, aucune concertation », avoue M. Farré... en disant toutefois ne pas s’en formaliser. 

Le responsable du FFO ne voit pas la venue du FIFO d’un mauvais œil : « S’ils m’avaient demandé, j’aurais accepté volontiers. [...] Et pourquoi pas ? C’est très bon, pour le cinéma en général », d’avoir dans la région un festival d’envergure de plus.

« Ce qui importe, aujourd’hui, c’est de faire sortir les gens, plutôt que de les laisser chez eux regarder » les films offerts sur les plates-formes de vidéo sur demande telles que Netflix, Amazon, Google ou Disney.

Le président du Festival du film de l'Outaouais, Didier Farré.

Pas en compétition

M. Farré ne pense pas non plus que les deux festivals se feront de l’ombre.

D’abord, à cause de la langue dans laquelle ils seront offerts, qui différera de part et d’autre de la rivière des Outaouais. 

En outre, « en ce qui concerne les films canadiens, on a déjà des exclusivités avec la plupart des distributeurs qui nous proposent des films » pour l’édition 2020, ajoute M. Farré. Ceci fera en sorte de limiter la compétition que pourrait se livrer les deux festivals, en termes de programmation, laisse-t-il entendre.

Il est trop tôt pour dire si l’avènement du FIFO mettra un frein à la signature de telles ententes exclusives, lors de futures éditions.

Pour des raisons « stratégiques » et commerciales liées au calendrier des sorties des films, lesquels cherchent bien souvent à s’arrimer au calendrier des festivals et à ne pas compétitionner avec les grosses sorties hollywoodiennes, Didier Farré n’envisage pas de déplacer les dates du FFO. 

Au-delà de la seule volonté de « faire plaisir au public de cinéphiles » de l’Outaouais, « on a choisi [nos] dates en fonction des dates de sortie des films québécois, parce qu’on veut que [le FFO] soit un tremplin pour les aider à sortir » avant l’automne, lorsque débute le circuit des festivals, et avant la période de décembre, quand les films américains tiennent le haut du pavé. Cela laisse aux distributeurs québécois et européens « le temps de mettre des films à l’affiche », estime-t-il.

« Complémentarité »

« À cause d’exigences posées par certains de nos bailleurs de fonds, nous n’avions pas beaucoup de flexibilité quant à la date » à laquelle organiser le FIFO, explique de son côté la directrice générale de l’ICF, Kelly Neall.

Elle aussi est convaincue de la « complémentarité » et de la « synergie » se dégageront de cette offre double, destinée à deux publics aux profils linguistiques différents.

« Nous sommes présentement en processus de contacter le festival gatinois » pour voir comment on pourrait développer les deux événements de façon concertée, a-t-elle confié au Droit, lundi.

Le doyen des instituts

L’ICF joue un rôle important dans la tenue du Festival du film de l’Union européenne, en plus de chapeauter une bonne douzaine de petits festivals du film liés à la production d’un pays ou d’une région donnés (le Festival du film israélien et le Portuguese Language Film Festival, par exemple). 

L’ICF est également derrière la tenue du prestigieux Festival du film d’animation d’Ottawa. 

L’organisme ottavien fêtera cette année ses 85 ans d’existence. L’ICF serait le plus ancien institut de cinéma au Canada (et « le deuxième plus ancien au monde »), selon ses brochures.