La coprésidente du Centre canadien de la diversité des genres et de la sexualité (CCDGS), Calla Barnett

Un Musée de la diversité

Un musée consacré à la communauté LGBTQI2+ pourrait bien voir le jour à Ottawa.

Ce musée – le tout premier musée permanent de ce type au monde, précisent les responsables du projet – ouvrirait ses portes en 2012.

C’est du moins le souhait du Centre canadien de la diversité des genres et de la sexualité (CCDGS). Ce Centre à vocation pédagogique fondé à Ottawa il y a 14 ans, a profité de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, jeudi 17 mai, pour annoncer la construction d’un édifice de 15 000 pieds carrés sur les Plaines Le Breton.

Ce futur musée qui traitera « fièrement » de l’histoire, l’art et la culture de la communauté LGBTQI2+ (terme inclusif désignant l’étendue de la diversité sexuelle humaine) dans le monde, sera composé de trois espaces d’exposition, une salle de spectacle, et des lieux dédiés aux organismes communautaires, a détaillé en conférence de presse la coprésidente du CCDGS, Calla Barnett.

Le musée sera aussi doté d’un « pavillon de ressourcement bispirituel », c’est-à-dire une salle de guérison inspirée des traditions amérindiennes, et destinée à soutenir psychologiquement les membres LBGTQI2+ des Premières nations, a ajouté Elena Abel, qui conseille le CCGSD pour les questions ayant trait à la bispiritualité. La femme d’origine Ojibwe, y voit non seulement un espace de guérison, mais aussi « un lieu de soutien culturel et de célébration ».

Le Musée canadien de l’histoire (MCH) – où était organisée la conférence de presse – offre lui aussi son soutien au futur musée de la diversité, qualifié d’« initiative importante et formidable ». Le directeur du MCH, Mark O’Neill, a affirmé que le futur musée de la diversité pourrait compter sur « l’expertise » des équipes du MCH, quand viendra le moment de concevoir ses expositions.

Depuis sa réouverture, en 2017, la salle de l’Histoire canadienne du MCH comporte une petite section sur la communauté LBGTQI2+, dans son espace consacré aux minorités canadiennes. Un des artefacts exposés, l’emblématique « chandail gai » fait de coton et de cheveux tissés, a d’ailleurs été confié au MCH par le CCDGS.

Campagne de financement

Le projet de musée demeure toutefois très embryonnaire, et la conférence de presse tenait autant du dévoilement que du lancement de campagne de financement.

Pour que ce musée voit le jour, le CCGSD a besoin de recueillir 10 millions $. Le Centre cognera aux portes des différents paliers de gouvernement dans l’espoir de récolter la moitié de cette somme, explique Calla Barnett. Pour trouver le 5 millions $ restant, elle compte sur l’appui du public. « On espère obtenir 5000 dons de 1000 $ », explique-t-elle.

Plusieurs établissements scolaires d’Ottawa assistaient à l’événement. L’un d’eux, le College Ashbury, a dépêché une de ses étudiantes militantes, Bella, pour remettre un premier don de 1000 $ au CCGDS.

Le centre – qui travaille en partenariat avec le Canadian Lesbian and Gay Archives de Toronto pour garnir les vitrines du futur musée d’Ottawa – entame aussi une période de « consultations » d’un an pour que le public l’aide à définir les contenus du futur musée.