Pascal Plante (à gauche) dirige ses deux acteurs, Anthony Therrien et Rose-Marie Perreault, sur le plateau des Faux tatouages.

Un cinéaste de Québec à Slamdance et Berlin

Ode à sa propre adolescence nourrie de shows punk-rock, le premier long-métrage du jeune réalisateur originaire de Québec, Pascal Plante, fait son petit bonhomme de chemin dans plusieurs festivals internationaux. Après Vancouver et Montréal (Festival du nouveau cinéma) l’automne dernier, Les faux tatouages sera projeté dimanche au Slamdance Film Festival, en Utah, puis le mois prochain à la prestigieuse Berlinale.

«Berlin, c’est vraiment une surprise que j’accueille à bras ouverts. C’est arrivé de nulle part», s’enthousiasme Pascal Plante à l’autre bout du fil, se disant flatté par tous ces «sceaux d’approbation» à l’égard de son film dont il signe également le scénario.

Sur un genre peu exploité au cinéma québécois, la chronique sentimentale, Les faux tatouages s’intéresse à l’idylle entre le torturé Théo (Anthony Therrien, vu dans Corbo) et l’électron libre Mag (Rose-Marie Perreault) après leur rencontre à un concert punk-rock. Une occasion pour l’auteur d’aborder les thèmes des premiers émois sentimentaux, du passage à l’âge adulte et de «l’amour au temps du buffet chinois», en référence aux multiples occasions de rencontres créées par les réseaux sociaux. «Il y a maintenant tellement de possibilités, tellement de poissons dans l’océan.»


« Berlin, c’est vraiment une surprise que j’accueille à bras ouverts. C’est arrivé de nulle part »
Le réalisateur Pascal Plante

Pour cette première incursion dans le long-métrage — après les courts Blonde aux yeux bleus et Drum de marde! —, le réalisateur de 29 ans a porté un soin attentif au choix de ses deux comédiens principaux. «Le casting s’est fait de façon très minutieuse. À l’écran, on tombe en amour avec eux au même rythme qu’ils tombent amoureux. La chimie entre eux a été fois mille. J’ai trouvé deux petites perles.»

C’est au Collège Mérici que ce grand fan de John Cassavetes a attrapé la piqûre du septième art, à la faveur d’un cours de création multimédia. «C’est devenu plus qu’un hobby. Je n’ai pas eu de grands questionnements. J’ai eu le goût de poursuivre.»

D’où son inscription en cinéma à l’Université Concordia. Diplôme en poche en 2011, il fera ses classes comme preneur de son sur plusieurs plateaux avant de faire le saut derrière la caméra.

Le jeune cinéaste a fait preuve de rigueur pour Les faux tatouages, réussissant à boucler le tournage en seulement deux semaines, avec un budget de 250 000 $, dont une enveloppe de Téléfilm Canada consacrée aux premiers longs-métrages.

Le film prendra l’affiche à Montréal le 16 février, tout juste après son passage à Berlin, où son auteur l’accompagnera. Il connaîtra une plus large distribution à Québec (au Clap) et en province à compter du 2 mars.

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CHARLES-OLIVIER MICHAUD JURÉ À SLAMDANCE

Le cinéaste et réalisateur Charles-Olivier Michaud (Anna, Boomerang) fera partie du jury de la compétition des longs métrages de fiction lors du prochain festival Slamdance présenté du 19 au 26 janvier à Park City, en Utah.

«C’est à ce festival que mon film Snow & Ashes avait remporté le Grand Prix du jury en 2010, rappelle-t-il. Il se déroule en marge de Sundance et met le focus sur des films indépendants souvent audacieux.»

Pour le cinéaste originaire de Québec, il s’agira d’une première expérience à titre de juré. La compétition officielle comprend 10 longs métrages sélectionnés à partir de 5000 soumissions.

En avril prochain, M. Michaud amorcera le tournage de la quatrième saison de la série Boomerang, diffusée à TVA.