Tyler Rake (Chris Hemsworth) a bien du monde à ses trousses après avoir libréré Ovi (Rudraksh Jaiswal).
Tyler Rake (Chris Hemsworth) a bien du monde à ses trousses après avoir libréré Ovi (Rudraksh Jaiswal).

Tyler Rake: un petit air de Rambo ** 1/2

CRITIQUE / Netflix mise beaucoup sur Tyler Rake (Extraction) et sa vedette dans le rôle-titre, Chris Hemsworth. D’autant que Joe Russo, réalisateur des Capitaine America et des deux derniers Avengers avec son frère Anthony, a écrit le scénario. Ceux qui se repaissent des films de Rambo, voire la série des John Wick, vont adorer ce film d’action extrêmement brutal et nerveux au propos simpliste et souvent invraisemblable. Les autres peuvent passer leur tour.

Le choix de Netflix de miser sur le personnage central comme titre français plutôt qu’un terme générique sur sa mission est clair comme de l’eau de roche : il y a un potentiel d’une série de films.

Mais contrairement à Rambo et à Wick, ce qui pousse Rake à l’action n’a rien à voir avec sa survie ou la vengeance : il a besoin d’argent… Le mercenaire accepte donc une mission-suicide.

Il doit extraire Ovi (Rudraksh Jaiswal), le fils d’un trafiquant indien, des griffes d’Amir Asif (Priyanshu Painyuli), le dealeur numéro un du Bangladesh voisin.

Évidemment, ça ne passera pas comme prévu une fois que Rake repart avec l’adolescent. Non seulement Amir Asif dispose d’une armée de fier-à-bras, mais peut aussi s’appuyer sur la police corrompue de Dacca. Rake doit également composer avec un gang de rue (une illustration pertinente des enfants laissés pour compte qui survivent comme ils peuvent).

Seul contre tous, le mercenaire chevronné utilisera son attirail, ses gros bras et (un peu) son imagination pour se tirer de ce guêpier. En parallèle, Rake et Ovi vont s’apprivoiser et développer une relation père-fils. C’était prévisible, comme pas mal tout le reste, d’ailleurs.

Pour son premier long métrage, Sam Hargrave déploie tout l’arsenal pour maintenir la tension. Ayant travaillé avec David Ayer (Fury, Suicide Squad) et les Russo, l’ancien as cascadeur mise sur la caméra portée, entrecoupée gros plans de réaction et un montage serré pour immerger le spectateur dans l’action.

C’est surtout l’utilisation du plan-séquence vertigineux d’une haletante course-poursuite qui retient l’attention (pensez à l’ouverture de 007 Spectre). Bravo.

On a aussi droit aux habituelles (répétitives) scènes de combats rapprochés à mains nues ou avec armes de poing où Tyler Rake multiplie les victimes. Le long métrage est parsemé de morts à la douzaine.

Les scènes de combats rapprochés à mains nues sont courantes.

Hemsworth doit plus sa carrière à son physique que son talent d’acteur, ce long métrage n’y changera pas grand-chose. Le jeune Rudraksh Jaiswal, par contre, démontre une belle fraîcheur.

Perso, on se désolera de la sous-utilisation de Golshifteh Farahani dans cet univers gonflé à la testostérone. La douée interprète (Les filles du soleil, Pirates des Caraïbes) sert de caution dans un scénario où la moitié féminine de la planète évolue en très, très lointaine périphérie.

On peut penser bien du mal des Rambo, reste que le premier long métrage reposait quand même sur une prémisse forte : le manque de soins (et d’attention) prodigués aux vétérans souffrant de stress post-traumatique.

Ici, la douleur de Tyler Rake est personnelle et relève du mauvais sort plutôt que de l’injustice. Bref, un trauma individuel plutôt que collectif.

C’est très XXIe siècle, je trouve...

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Tyler Rake

Genre : Action

Réalisateur : Sam Hargrave

Acteurs : Chris Hemsworth, Rudraksh Jaiswal, Randeep Hooda, Golshifteh Farahani

Durée : 1h32