Télé et radio

Fabien Cloutier: réhabiliter le «mononcle»

Fabien Cloutier est devenu oncle à 16 ans. Ce rôle, il connaît. Et il clame avoir lui-même grandi entouré d’oncles qui ont eu une influence positive sur lui. Le sens péjoratif associé au mot «mononcle», donc, très peu pour lui.

«Tasse-toi mononcle, c’est encore tel que tel, lance-t-il. Ça serait le mononcle qui ne va pas vite, qui a une pensée un peu arriérée. Mais quand on arrive dans le côté “mononcle cochon”, est-ce que c’est vraiment mononcle, cette affaire-là? Ou c’est juste un cochon tout court? Ça m’énerve un peu.»

Le dramaturge, metteur en scène et comédien n’a donc pas hésité lorsqu’on lui a proposé de mener l’enquête aux quatre coins du Québec afin de décortiquer le stéréotype entourant cette figure familiale souvent mise à mal par son sobriquet. Réalisé par Yves Pelletier, le documentaire humoristique Mononcle présentera cette semaine à Télé-Québec le fruit de ses recherches. 

Bien entouré

«Moi, j’ai été entouré dans ma vie de bons oncles, ajoute Cloutier. Il y a eu des hommes avec qui j’ai été capable d’avoir des discussions franches sur un paquet de sujets, qui m’ont appris des choses. Qui m’ont appris de vraies valeurs. Il y a eu plein d’hommes autour de moi qui respectent les femmes, qui veulent que les femmes, les filles, les jeunes se sentent bien. Que si quelqu’un a envie de ne pas être gentil, il va se le faire dire. Il y a toujours eu autour de moi dans les rencontres familiales du monde de tous les âges et tout ce monde-là a toujours été bien.»

Constatant en discutant avec son entourage que son expérience était partagée par plusieurs, Fabien Cloutier a donc pris la route pour aller à la rencontre de divers spécimens. Parce que comme il le souligne tout sourire, des mononcles, il y en a plusieurs types...

«Il y a le patenteux, cite-t-il en exemple. Mais le patenteux, peut-être qu’il patente des affaires impressionnantes. Peut-être que ça fait 30 ans qu’il recycle. Ça fait 30 ans qu’il est capable de faire une tondeuse qui fonctionne avec trois vieilles tondeuses. En cette ère de surconsommation, c’est peut-être le fun d’avoir des bonshommes capables d’aller dans leur cabanon et de réparer leurs choses eux autres même. Qui sont capables de porter leurs vieilles affaires et qu’ils s’en sacrent parce qu’elles sont encore bonnes. C’est peut-être un exemple…» 

Mononcle sera diffusé à Télé-Québec le 9 janvier à 20h, en reprise le 10 janvier à 23h et le 13 janvier à 20h. La suite de notre entrevue avec Fabien Cloutier sera publiée dans Le Mag de samedi.

RICHARD THERRIEN

Un bon «Bye Bye», une parfaite Anne Dorval

CHRONIQUE / Pas un grand «Bye Bye», mais un bon «Bye Bye». Et une Anne Dorval au sommet de son timing humoristique. Une revue humoristique rassembleuse pour ce 50e anniversaire, à laquelle les vedettes des années précédentes se sont greffées tout naturellement. Mais ceux qui rêvaient de revoir Dodo dans un sketch ont dû se contenter de ses souhaits pour défoncer l'année. Un moment qui avait tout de même quelque chose de solennel.

Claude Legault, qui faisait ses débuts au Bye Bye, s'est généralement bien débrouillé et on l'a beaucoup vu. Son Donald Trump a eu droit à deux sketchs. Un premier, dans lequel sa Melamina se fait kidnapper par le maudit Damien de «Fugueuse 2», qui l'oblige à se donner à des vieux cochons. «Encore? Ça fait 13 ans que je fais ça tous les jours!» s'est plaint la formidable Melamina d'Anne Dorval. Puis, un second, moins réussi, dans lequel le président s'imaginait en lune de miel avec Kim Jong-un.

Dans la catégorie des meilleurs sketchs, «SOSO», parodie de XOXO, avec ÉlisabÊta, Olivier Primate, et Cary Tauben (excellent Pierre Brassard), qui «ne sert à rien» et porte du linge «avec un manteau par-dessus». Qui a été éliminé? L'émission! Encore une fois, Anne Dorval a brillé en Anouk Meunier beaucoup trop contente d'animer. Elle venait tout juste de composer un extraordinaire Hubert Lenoir «aux mamelons surexposés», plus vrai que vrai.

En vrac, le sketch de Trudeau à la Bollywood n'était pas le plus drôle, mais visuellement le plus impressionnant. «House of CAQ», avec un François Legault qui attribue ses ministères à l'aide d'un boulier, était très réussi. Beaucoup aimé celui sur l'annulation de SLAV et Kanata, où Robert Lepage attribue le rôle de Black Panther à Luc Picard. «Qui dit musique africaine dit Michel Rivard», ajoute le metteur en scène, qui confie le personnage d'un arbre à un comédien noir, faisant fi des recommandations. L'équipe d'auteurs a fait le pari de ridiculiser Lepage plus que ses détracteurs. J'ai aussi bien aimé «Les assoiffés», qui ridiculisait les désespérés de la bouteille, en pleine grève de la SAQ. Un conflit «qui a mis le Québec à feu et à sang, avec ses moyens de pression inhumains». Dans la bouche de Manon Massé, reprenant les succès d'Aretha Franklin, Natural Woman est devenue «Ça me fait sentir comme une femme naturelle». Véronique Claveau la jouait, elle qu'on a trop peu vue, et qui est pourtant toujours excellente.

Télé et radio

Netflix accusé de censure après avoir retiré une émission en Arabie Saoudite

WASHINGTON — Netflix a confirmé avoir retiré de sa plateforme en Arabie Saoudite, à la demande de Ryad, l'épisode d'une émission satirique critiquant le royaume, une décision ayant entraîné des accusations de censure.

Dans cet épisode de Patriot Act with Hasan Minhaj, l'humoriste et commentateur politique américain parlait du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et critiquait le prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé «MBS», ainsi que la campagne militaire menée par l'Arabie au Yémen.

«C'est le moment de réévaluer notre relation avec l'Arabie Saoudite», y dit M. Minhaj. «Il y a des gens en Arabie Saoudite qui luttent pour de vraies réformes, mais MBS n'est pas l'un d'eux», ajoute-t-il.

Netflix a confirmé à l'AFP cette information initialement publiée mardi par le Financial Times.

«Nous appuyons fortement la liberté artistique à travers le monde et avons seulement retiré cet épisode en Arabie Saoudite après avoir reçu une requête légale valide et pour nous conformer à la législation locale», écrit un porte-parole de la plateforme.

Et le géant du streaming de préciser le contenu de la requête de l'autorité saoudienne des télécommunications, qui cite un article de loi contre les cybercrimes.

Selon Netflix, cet article stipule que «la production, préparation, transmission ou conservation de matériel qui empiète sur l'ordre public, les valeurs religieuses, les moeurs publiques et la vie privée, via le réseau télévisé ou informatique», est un crime passible de cinq ans de prison et d'une amende n'excédant pas trois millions de riyals saoudiens (800 000 $).

Contacté par l'AFP, le ministère saoudien de l'Information n'avait pas répondu dans l'immédiat.

Karen Attiah, qui éditait les contributions au Washington Post de Jamal Khashoggi, a qualifié la position de Netflix de «scandaleuse», et de nombreux internautes criaient à la censure sur Twitter.

M. Khashoggi a été assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul début octobre. Ce meurtre, d'abord nié puis reconnu par Ryad, a embarrassé au plus haut niveau le royaume, d'autant plus que la responsabilité de Mohammed ben Salmane a été évoquée dans cette affaire en Turquie et aux États-Unis.

Télévision

À ne pas manquer: «Flippons» à TFO

La chaîne TFO diffuse sa toute première revue de l’année 100% franco-ontarienne.

Flippons, une émission humoristique d’une heure consacrée à l’actu 2018, concoctée par l’équipe de Flip (devenu Flip l’algorithme). Cette émission de 55 minutes «faite pour et par les Francos» réunira plusieurs chroniqueurs, dont la gang d’Improtéine, la chanteuse marie-Clo et l’humoriste Alex Bisaillon, autour de l’animateur Pascal Boyer.

Au programme: une grosse partie de bingo, des sketches plein d’autodérision, et la suite des aventures Flippées de Trump et Trudeau, laisse entendre la production, qui entend bien rebondir sur les dossiers «chauds » de l’Ontario français, dont les coupures des conservateurs, et la bisbille autour des cours d’éducation sexuelle à l’école.