Télé et radio

LNI: célébrer les 40 ans de notre art national

Dans les années 70, le Nouveau théâtre expérimental décide de mélanger théâtre et hockey pour quelques soirs ; un arbitre, des thèmes, des pénalités et deux équipes de comédiens rapides sur leurs patins qui s’affrontent. L’improvisation était née.

La ligue nationale d’improvisation (LNI) a 40 ans et pour célébrer ce jubilé, un match tout à fait spécial sera diffusé sur les ondes d’ICI Radio-Canada télé le lundi 18 décembre.

Pour l’occasion, des vétérans reprennent du service. On verrait par exemple le vénérable Gaston Lepage, qui était du tout premier match de la LNI, passer la rondelle au jeune Pierre-Luc Funk. «Voir Sonia Vachon ou Patrice L’Écuyer, des gens qui n’ont rien à prouver dans la vie, avoir les jetons parce qu’ils n’ont pas foulé la glace depuis longtemps, ça m’a impressionné», indique Stéphane Bellavance, qui agissait comme commentateur lors de cette soirée spéciale, en duo avec Anaïs Favron, qui était analyste.

L’improvisation est entrée dans la vie de l’acteur et animateur au primaire, grâce à une stagiaire qui a expliqué un jeu où l’on raconte une histoire en l’inventant à mesure. «J’avais levé la main tout bonnement, et toute ma vie je vais me souvenir du feeling de cette première impro, raconte-t-il. Je pense que la piqûre de mon métier, je l’ai pogné ce matin-là.» 

Au cégep, il goûte au côté sportif de l’activité, mais aura finalement une courte carrière de joueur, puisqu’il doit renoncer à l’impro en entrant à l’école de théâtre. À l’époque, c’était la norme. On avait peur que la discipline souvent axée sur l’humour ne contamine trop les futurs acteurs. «Alors je suis tombé de l’autre côté, je me suis mis à arbitrer et à coacher, parce ça, on ne nous avait pas dit qu’on ne pouvait pas le faire.»

Si les improvisateurs sont à la fois auteur et acteur, l’arbitre, selon Stéphane Bellavance, est le script-éditeur et le metteur en scène du match. «L’air de rien, l’arbitre a une bonne part de responsabilité dans le succès de la soirée. Lorsqu’il signale un cabotinage ou une confusion, les joueurs se ressaisissent.» Le légendaire Yvan Ponton sera, évidemment, le gardien de l’ordre pour le match anniversaire.

On verra des impros de tout au plus 4 minutes, dont une avec un accessoire vivant (un humain, de surcroît) et plusieurs qui porteront des titres d’improvisations célèbres. Pensons à celle où Robert Lepage incarnait la statue de la Liberté pour une visite guidée de New York. Plusieurs joueurs seront aussi intronisés au temple de la renommée.

«L’impro, c’est à la fois périlleux et fantastique. Ça peut donner des moments télévisuels incroyables. J’espère que ça va sonner une cloche chez les diffuseurs. Je crois que notre télé aurait bien besoin de ce thrill-là», souligne Bellavance.

Le match spécial des 40 ans de la Ligue nationale d’improvisation sera présenté le lundi 18 décembre à 20h à ICI Radio-Canada télé.

Blogue

«Les pêcheurs»: c'est la fin

BLOGUE / L'épisode des «Pêcheurs» diffusé ce soir, mercredi à 21h sur ICI Radio-Canada Télé, sera le dernier. En entrevue avec Paul Houde et Thérèse Parisien au 98,5, à l'émission «Le Québec maintenant», Martin Petit a annoncé que sa série en ondes depuis cinq ans ne reviendra pas l'automne prochain.

«J'ai passé l'automne à vouloir continuer», a-t-il dit. C'est après avoir visionné ce tout dernier épisode qu'il a finalement pris la décision de mettre fin à son histoire. Selon lui, il boucle bien la boucle.

Dans cet épisode ultime, ses amis Claude Legault et Cathy Gauthier lui feront vivre un voyage astral surréaliste afin qu'il prenne contact avec son père, décédé dans l'épisode précédent.

Au fil des années, de nombreux humoristes ont participé à cette comédie, qui a longtemps rallié plus d'un million de téléspectateurs. Les auditoires ont toutefois décliné avec les saisons. Le 22 novembre dernier, Les pêcheurs a attiré 663 000 fidèles.

J'ai beaucoup aimé cette comédie, où Martin Petit ne s'est jamais donné le beau rôle, mettant en évidence ses collègues humoristes et acteurs. Il a su jouer merveilleusement avec l'humour absurde, et les humoristes embarquaient volontiers dans sa folie.

Martin Petit a aussi profité de l'entrevue au 98,5 pour dire qu'il annoncera du nouveau dès la semaine prochaine sur le Festival du rire de Montréal, créé à son initiative.

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Arts

L’homme derrière «Bye»

Le sujet est dur, mais Jean-­Philippe Dion était résolu à l’aborder. C’est lui l’homme derrière le documentaire «Bye», dans lequel l’homme d’affaires Alexandre Taillefer tente de comprendre le suicide, il y a deux ans, de son fils Thomas, accro aux jeux vidéo en ligne.

L'œuvre, qui sera diffusée mardi soir et qu’on annonce bouleversante, fait parler d’elle partout au Québec depuis quelques jours. À un point tel que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette­, vient d’annoncer une aide de 15 M $ dans les soins psychologiques offerts aux jeunes, puis la mise sur pied d’un programme public de psychothérapie à hauteur­ de 35 millions de dollars. 

Le producteur natif de Saint-Alphonse-de-Granby avait effleuré le sujet avec La Voix de l’Est, en mars dernier, disant travailler « sur un documentaire sur la santé mentale chez les jeunes, en lien avec l’univers numérique ». Ce projet, c’était Bye

« J’ai toujours voulu m’impliquer en santé mentale. Je l’ai déjà fait pour l’hôpital de Granby, mais je cherchais une façon d’en parler », dit-il. 

Le déclic a eu lieu lors du passage d’Alexandre Taillefer à l’émission Tout le monde en parle, en 2016. Ce soir-là, l’entrepreneur a révélé certains détails sur la mort de son fils, dont la cyberdépendance­ qui le rongeait.

« Ça m’était resté en tête. Moi, le pouvoir que j’ai, c’est de déposer des projets pour faire avancer les choses. C’est la première fois que j’osais faire ça », confie Jean-Philippe­, qui est vice-président contenu et stratégie chez Productions Déferlantes, parallèlement à ses chapeaux d’animateur télé et animateur radio.

Télé et radio

Tout le monde en parle voulait Singh et La Meute

L’émission Tout le monde en parle souhaitait tenir un débat entre l’extrême droite et l’extrême gauche en invitant un représentant de La Meute et le militant altermondialiste Jaggi Singh dans son émission de dimanche. Le projet a cependant été «reporté à plus tard» en raison du refus de La Meute.

«Ces groupes sont de plus en plus présents sur Facebook et dans l’espace public, ils occupent un espace médiatique très important. C’est le gros sujet de discussion au Québec ces temps-ci, alors on voulait quelqu’un de la gauche et quelqu’un de la Meute, ensemble sur la même entrevue», a confirmé au Soleil Guillaume Lespérance, producteur de Tout le monde en parle, à propos de l’émission de dimanche qui a été enregistrée mercredi soir.

Le leader de La Meute, Sylvain Brouillette, a cependant refusé l’invitation. «Il a refusé très poliment et on n’avait pas encore reçu la réponse de Jaggi Singh, qui était en réflexion. Cependant, en n’ayant pas de représentant de La Meute, nous avons décidé de contacter Jaggi Singh et lui dire que l’idée était repoussée, car il était important pour nous d’avoir les deux», poursuit-il.

M. Lespérance avoue que le sujet est très délicat et qu’il faut le traiter avec un certain contexte. «C’est pour cette raison qu’on voulait les deux côtés de la médaille, pour que chacun puisse présenter son point de vue et ses arguments», indique le producteur qui n’écarte pas l’idée de tenter de nouveau l’expérience plus tard s’il est possible d’attirer à la fois un leader de La Meute et Jaggi Singh.

En différé

Sur le réseau social Facebook, Sylvain Brouillette a expliqué qu’il avait refusé l’invitation de Tout le monde en parle parce que l’émission est diffusée en différé et non en direct. «Même si je me ferais une joie de participer à un débat avec Jaggi Singh, je ne le ferai qu’en direct», a-t-il écrit.

«Je connais déjà les résultats, la clique du plateau va tout faire pour que Singh passe pour un héro (sic) au montage et faire passer La Meute pour des méchants racistes. Ils vont se mettre à 10 contre un pour nous descendre et couper les réponses au montage» poursuit le chef de La Meute, qui croyait alors que l’émission aurait lieu quand même.

«Ils vont le faire quand même, je n’ai pas besoin d’aller perdre mon temps là. Il n’y aura aucune question pour chercher à comprendre ce qu’est La Meute. La discussion sera orientée dans le sens que eux le veulent. Je me présenterai à n’importe qu’elle (sic) émission en direct, mais pas à Tout le monde en parle. Le jour où ils nous démontreront qu’ils peuvent être objectifs, je réévaluerai ma position», poursuit-il.

 Sylvain Brouillette ajoute qu’il faut choisir ses combats. «Quand on ne se bat pas à arme égale (sic) (diffusion en direct contre montages fallacieux), il vaut mieux décliner», conclut-il.