Quand elle n’est pas sur le plateau de Mehdi et Val, Ève Galhidi-Gratton étudie au collège St-Joseph

Une princesse dans la forêt

La Gatinoise Ève Galhidi-Gratton, 13 ans, campe Flora

Mehdi et Val fait appel à de jeunes comédiens déjà chevronnés. C’est le cas de Clifford Leduc-Vaillancourt et Marilou Forgues, qui campent les deux héros. On a pu voir Clifford dans Les Argonautes, où il campe Bao, tandis que sa complice Marilou incarnait Kelly dans la série Mes Petits Malheurs. Elle y donnait la réplique à Antoine Marchand-Ganon (Jeffy), qu’elle retrouve ici dans la peau d’Alix de Tiravel, fils du châtelain et petite tête blonde bouffie d’orgueil à la Jeoffrey Baratheon. Elliot Mivile-Deschênes Elliot, récemment vu dans La théorie du KO (il fut aussi des 5 saisons de La Galère) se greffe à cette fine équipe. 

Ces quatre jeunes talents sont Montréalais. Mais la distribution compte aussi sur deux comédiens de Gatineau : David Bélizaire, qui campe le forgeron du village, et Ève Galhidi-Gratton, 13 ans. Son personnage, Flora, est une orpheline qui vit seule dans la forêt, au risque de passer pour une sorcière. 

« C’est une très belle expérience et je me considère vraiment chanceuse que le réalisateur [Martin Cadotte et la productrice Marie-Pierre Gariépy] m’aient donné cette chance-là », explique la jouvencelle, qui avait auditionné pour le rôle principal (Valérie) avant de se faire offrir celui de Flora, la farouche, mais sympathique sauvageonne. Au terme de trois auditions auxquelles avaient participé quelque 700 candidats, la Gatinoise faisait toujours partie des trois filles pressenties pour Valérie. « Le potentiel, ça ne s’explique pas : ça se voit. Ça perce l’écran en trente secondes », nous dira la productrice qui a été spontanément séduite par « le naturel » d’Ève et de David.

Flora apparaît dans 9 des 33 épisodes de la première saison. « Flora est une joueuse de tours. Elle est forte, fonceuse, féministe et persévérante. Et très indépendante. C’est un personnage vraiment le fun à jouer », résume son interprète.

Son personnage, elle l’a apprivoisé d’autant plus vite qu’il lui « ressemble un peu ». « Elle est coquine, et moi aussi j’aime jouer des tours. Mais, en même temps, moi je suis plutôt ‘fifille’ – on peut dire ‘princesse’ – alors que Flora est complètement à l’opposé... et ça, c’est drôle à jouer. » 

La « princesse » qui s’avoue « du genre à crier arkh ! » à tout bout de champ lorsque sa famille l’emmène en camping dit avoir été étonnée par le flegme dont elle a fait preuve, lorsqu’il a fallu tourner in situ en forêt. « J’aimais ça, et j’étais surprise de n’avoir pas peur dans les bois et je mettais les deux pieds dans la boue sans chialer... »

La peur de l’inconnu, celle de se tromper dans ses répliques et de « se faire engueuler » est à présent loin derrière elle. Son souci est désormais de rester à niveau, scolairement. À cause de la deuxième saison, dont le tournage commence le 15 janvier, « je vais rater une semaine complète » d’école, constate cette élève de secondaire 2 au collège St-Joseph de Hull. Elle sait toutefois qu’elle peut compter sur la collaboration de tutrices et de son enseignant.

Martin Cadotte, lui, se fait rassurant : « On a ajusté les horaires pour qu’ils (les enfants) ratent le moins d’école possible. On leur a aménagé un espace dans le ‘château’ pour qu’ils puissent faire leurs devoirs au calme, entre deux prises. Ceux qui sont plus expérimentés connaissent déjà bien cette routine. Ils sont très structurés. »

Coach de jeu

Sur le plateau, la gang a bénéficié de la présence d’un coach de jeu ayant énormément travaillé en télé jeunesse, Patrick Renaud. « Ça roulait tellement bien que j’avais l’impression de travailler avec des adultes. Ils (les comédiens enfants) me faisaient beaucoup de propositions », poursuit le réalisateur. « Quand je n’étais pas sûr de ce que je voulais, je n’hésitais pas à leur dire : proposez-moi quelque chose. Après tout, vous êtes beaucoup plus proches des 6-9 ans que moi ! » s’esclaffe-t-il.

Ève Galhidi-Gratton a très hâte de retrouver Flora. Elle adore déjà son nouveau « métier ». « Ça me plait beaucoup, mais je sais qu’au Québec il n’y a pas beaucoup d’acteurs qui arrivent à percer. Alors, je me cherche un plan B », dit-elle en partageant sa fascination pour le travail et l’uniforme de police... « J’écoutais beaucoup District 31, et ça m’interpelait ! »