À compter du 30 janvier, on pourra voir Marc-André Coallier dans la websérie Germain s’éteint sur ICI tou.tv.

Un premier rôle devant la caméra en 20 ans pour Marc-André Coallier

À compter du 30 janvier, on retrouvera Marc-André Coallier en tant que comédien devant la caméra pour une première fois en plus de vingt ans, alors qu’il tiendra le rôle-titre de la nouvelle websérie de Radio-Canada Germain s'éteint.

« C’est vrai que ça fait pas mal longtemps que je n’ai pas joué à la télévision, concède celui pour qui la dernière apparition remonte à 1996, dans la série Jasmine. J’ai animé, j’ai fait beaucoup de théâtre depuis, j’ai eu quelques apparitions dans d’autres webséries dans lesquelles je jouais un peu mon propre personnage, mais un vrai rôle… »

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’il s’est plongé dans la peau de Germain, il y a deux ans, pour le court-métrage Retour de qualité des réalisateurs Daniel Abraham et Pierre-Alexandre Girard et duquel est dérivée la websérie de six épisodes d’une dizaine de minutes chacun, tournés eux en octobre dernier.

« Germain, c’est un homme d’une cinquantaine ou une soixantaine d’années qui est déprimé, pour qui rien ne fonctionne dans la vie. Même les objets technologiques flanchent tous dès qu’il s’en approche », raconte le comédien.

Il se rend donc chez le médecin, qui lui diagnostique un grave problème d’obsolescence programmée. « Il est condamné à mourir ou à se faire greffer des cellules souches made in Taiwan. Il essaiera par tous les moyens de s’en sortir et de prouver à sa femme [Sandra Dumaresq] et à sa fille de 16 ans [Marguerite D’Amour] qu’il n’est pas complètement démodé. »

Dans sa quête de « guérison », il rencontrera également d’autres « obsolètes » comme lui, poursuit Marc-André Coallier, dont une téléphoniste au 411 (Nathalie Mallette) et un réparateur (Alexis Martin). « Ils formeront en quelque sorte le réseau des Obsolètes Anonymes. »

Socialement périmé ?

Malgré un scénario qui tire absolument vers l’absurde et la comédie, Marc-André Coallier assure que la websérie s’apparente davantage au drame. « En fait, c’est une comédie, mais jouée comme un drame, un peu sur le même ton que Série noire », compare-t-il.

« Mon personnage souffre réellement de ce qui lui arrive, et est très sérieux quand il demande par exemple à sa fille s’il peut recevoir des courriels quand son ordinateur est fermé », ajoute-t-il.

Résolument, Germain s’éteint invite à réfléchir sur notre rapport à la technologie dans « un gros clin d’œil à notre société », est d’avis le comédien. « Ce pourrait-il qu’on en arrive à considérer les humains obsolètes ? Si tu n’as pas de cellulaire, que tu n’es pas sur Facebook, que tu écris encore des lettres que tu envoies par la poste… es-tu périmé socialement parlant ? » questionne-t-il.

Se libérer

Ce premier rôle de composition devant la caméra depuis belle lurette ne sera probablement pas un acte isolé pour Marc-André Coallier, puisque le propriétaire de La Marjolaine envisage de fréquenter de nouveau les plateaux de tournage. « J’ai déjà eu plusieurs offres, mais j’ai dû les refuser, car je n’étais pas disponible », laisse-t-il savoir.

C’est que les séries télévisées se tournent de plus en plus durant l’été, explique-t-il, ce qui n’est pas compatible avec la saison estivale qui bat son plein à son théâtre. « Mais je veux me libérer, me rendre davantage disponible. C’est pour ça que je souhaite avoir de la relève pour La Marjolaine. » Pour l’instant, toutefois, rien ne bouge de ce côté.