Elena McMahon (Anne Hathaway) est une journaliste aux nerfs d'acier qui va va finir par perdre pied.

Sa dernière volonté sur Netflix: l’art de tout gâcher

Une distribution alléchante (Hathaway, Affleck, Perez, Dadoe…), une histoire épicée, une bonne réalisatrice aux fourneaux, tous les ingrédients étaient réunis pour Sa dernière volonté (The Last Thing He Wanted). Malheureusement le suspense politique diffusé par Netflix s’avère indigeste.

Dans l’art de tout gâcher, en compliquant les inutilement les choses, Dee Rees a fait fort. La cinéaste américaine, qui a eu Spike Lee comme mentor, s’est fait connaître avec une couple de longs métrages, puis la série Empire. Mais c’est Mudbound (2017) et ses quatre nominations aux Oscars qui lui ont mis le pied à l’étrier.

Parmi ces coups de chapeau, on remarque celui du scénario adapté. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci. La transposition du roman de Joan Didion, avec Marco Villalobos, tire dans toutes les directions — déjà que la trame de fond est complexe. Déception...

L’action débute en 1982: Elena McMahon (Anne Hathaway) couvre la guerre civile au Salvador. Deux ans plus tard, alors qu’elle s’intéresse aux magouilles américaines au Nicaragua, la journaliste aux nerfs d’acier est réaffectée à la campagne de réélection à la présidence de Ronald Reagan à la suite de pressions politiques sur l’Atlantic Post, où elle travaille.

Excédée, McMahon plaque son affectation pour prendre soin de son père malade. Dick (Willem Dafoe) s’apprêtait à réussir un coup fumant : revendre des surplus militaires aux Contra nicaraguayens.

Cette partie de l’intrigue manque cruellement de contexte, comme si le spectateur devait tout savoir au préalable de l’implication de l’administration Reagan dans l’aide financière et militaire aux contre-révolutionnaires (en vendant des armes à l’Iran) ainsi que la propagande diffusée pour dissimuler leurs exactions sur la population civile. Sans parler du financement par l’argent de la drogue qui a mené l’épidémie de crack en Californie dans les années 1980...

Donc, notre superwowan du reportage décide de remplacer son père pour enquêter sur place. Mauvaise idée sur le plan journalistique… et personnel. McMahon perd pied et devient, en plus, une cible à abattre.

Dans ce récit mal ficelé et tiré par les cheveux, la journaliste réussit à éviter les balles qui pleuvent et se sort toujours miraculeusement d’impasse. Déjà que ça demande une bonne crédulité, le spectateur peine à comprendre les tenants et aboutissants de l’action.

Anna Hathaway et Ben Affleck dans <em>Sa dernière volonté.</em>

Il faudra, pour maintenir l’intérêt, se rabattre sur la performance d’Hathaway (Interstellar, Colossal). Elle se révèle absolument remarquable dans la peau de cette femme opiniâtre qui a eu une chienne de vie (père absent, mère décédée, divorce, cancer du sein..), mais qui continue de se battre envers et contre tout.

Ben Affleck, dans un rôle secondaire, se démarque aussi dans la peau de Treat Morrison, un énigmatique haut fonctionnaire du département d’État qui s’active en coulisses.

The Last Thing He Wanted se logeait tout en haut du top 10 des plus populaires sur Netflix depuis sa mise en ligne vendredi. Ça ne durera pas longtemps.