Les acteurs Alan Arkin et Michaek Douglas jouent dans la série «The Kominsky Method».

Michael Douglas raconte ses douloureux débuts en tant qu’acteur

TORONTO — Michael Douglas aura attendu longtemps avant de trouver sa zone de confort en tant qu’acteur.

Ce double lauréat aux Oscars, qui tient le rôle d’un professeur de jeu aux côtés d’Alan Arkin dans la nouvelle série The Kominsky Method de Chuck Lorre, dit que ses propres débuts dans le métier ont été difficiles.

«J’étais terrible en audition. J’étais paralysé par le trac et, pendant longtemps dans ma carrière, je ne me suis pas senti à l’aise devant la caméra», s’est rappelé Michael Douglas, 74 ans, lors d’une récente entrevue téléphonique depuis son bureau, dans l’État de New York.

«Quelqu’un m’avait dit, au début de ma carrière, que la caméra pouvait toujours savoir quand tu mentais, et j’ai pris cela à coeur et je suis devenu un peu un acteur méthodique qui se mettait complètement à nu, en quelque sorte. Jouer était devenu douloureux.»

Mais alors qu’il se préparait à jouer un avocat new-yorkais pris au piège dans une relation périlleuse avec le personnage de Glenn Close dans le thriller psychologique de 1987 Fatal Attraction, il a eu une épiphanie.

«J’ai dit: «Attendez une minute, je raconte de petits mensonges de temps en temps» (...) Jouer, c’est mentir. Jouer, c’est simplement être un bon menteur, a-t-il confié. Je me souviens d’avoir eu ce rire hystérique et cathartique, comme si un interrupteur s’était déclenché.»

«Après ça, jouer est devenu joyeux et amusant, parce que c’était devenu un jeu. Que ce soit dramatique ou amusant, c’était un jeu de séduction, pour convaincre quelqu’un que tu disais la vérité.»

L’année suivante, Michael Douglas a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle de l’investisseur sans scrupules Gordon Gekko dans Wall Street d’Oliver Stone. Il s’agissait de son deuxième Oscar après celui qu’il avait obtenu en 1975 pour One Flew Over the Cuckoo’s Nest.

Alors que la carrière de Michael Douglas continue d’aller bon train, son personnage dans la série The Kominsky Method, disponible depuis vendredi, a de la difficulté à obtenir les rôles qu’il souhaite et à rester pertinent.

La dure réalité du vieillissement

Son personnage et celui d’Alan Arkin sont également confrontés à la dure réalité du vieillissement. En se taquinant l’un l’autre sur leur âge, ils partagent également des moments tendres, car le temps qui passe leur rappelle leur mortalité.

Michael Douglas ne connaissait pas Alan Arkin avant de tourner la série, et il a été réconforté lorsqu’il a regardé l’une de leurs scènes et s’est senti comme si les personnages se connaissaient depuis 40 ans, a-t-il confié.

Le personnage de Michael Douglas a peur du cancer, ce qui rappelle le combat de l’acteur contre la maladie en 2010. Comme l’a révélé l’acteur, le docteur Saul Frenkiel, de Montréal, a joué un rôle déterminant dans la découverte de sa tumeur et l’a conseillé sur le traitement à privilégier.

«J’ai été impressionné, après avoir eu deux diagnostics erronés aux États-Unis», a déclaré le natif du New Jersey, fils aîné du légendaire acteur Kirk Douglas.

«J’avais un problème et cela faisait neuf mois que j’essayais de découvrir (ce que c’était), avec des antibiotiques et ceci et cela, avant de recevoir le diagnostic au Canada.»

Dans sa nouvelle série, Michael Douglas a eu l’occasion de travailler avec son ami de longue date, Danny DeVito, qui joue le rôle d’un proctologue.

«Il est mon plus vieil ami, a affirmé Michael Douglas. Nous nous connaissons depuis 1967, nous étions colocataires à New York, en 1968-1969.»

En créant son personnage, Michael Douglas a pensé à son propre professeur de jeu au début de sa carrière, Wynn Handman.

«C’était un professeur plus doux, a admis l’acteur. Je pense qu’il a eu affaire à des étudiants qui, comme moi, éprouvaient encore des problèmes de confiance en eux, et il essayait vraiment de développer et de rebâtir leur confiance.»

«La confiance est la moitié de la bataille dans tout ce qu’on fait, que l’on soit un acteur ou quoi que ce soit d’autre.»