Avec cette série, le réalisateur Martin Cadotte veut «redonner ses lettres de noblesse à “je t’aime”, qui est un peu bafoué dans notre société».

Jonathan Plourde, une histoire d’amour

« Je suis tombé en amour de même avec Jonathan », dit Félix-Antoine Duval, en claquant des doigts. « Dès la lecture du premier épisode, j’ai adoré le ton et le rythme de la série », explique l’interpète vedette de la télésérie La malédiction de Jonathan Plourde.

« Jonathan est un gars extrêmement rationnel, un “gars de bureau” à qui il arrive quelque chose de totalement surnaturel, un problème qu’il ne sait pas comment résoudre ». « La partition à jouer, c’est la désillusion » de celui qui voit sa réalité tangible et bien ordonnée s’écrouler. D’autant qu’« il se rend compte que même sa mère lui a caché des affaires », poursuit le comédien.

Si elle est parfois « très drôle », entre autres grâce au personnage de Nic (campé par l’Ottavien de naissance Simon Lacroix), qui « sert de comic relief en disant toujours tout haut ce que Jonathan pense tout bas », la série devient pourtant « très épeurante », dès que les protagonistes se mettent à explorer le mystère qui expliquerait la mort des quatre blondes de Jonathan, indique le comédien en cherchant une filiation du côté de It, Stranger Things ou Get Out, au ton réaliste, malgré le contenu horrifique.

« La série est un beau mélange d’amour et d’humour », relance le réalisateur Martin Cadotte (Mehdi et Val), aux commandes de la série. Dans cet ordre ? « Oui, car le suspense est là, mais c’est avant tout une grande histoire d’amour. Dangereuse. » Avec cette série, Martin Cadotte veut « redonner ses lettres de noblesse à “je t’aime”, qui est un peu bafoué dans notre société ». À notre époque, cet aveu « sacré » perd de son sens et « de sa profondeur », noyé dans les cotes d’amours éphémères et les clics de Facebook ou Tinder, partage-t-il.

« On veut de la légèreté, on veut respirer, mais quand on plonge dans le thriller, on y va à fond. On veut avoir peur », poursuit le réalisateur en faisant valoir le « rythme visuel serré, le rythme des répliques » et les prises de vue « dynamiques » de la série.

« On veut de l’action. Ça bouge beaucoup, avec le moins possible de scènes où on est arrêtés longtemps. Dans la scène qu’on est en train de préparer (une simple discussion entre quatre personnages assis dans un salon), j’essaie de créer du mouvement, des déplacements, de resserrer des choses pour que tout aille vite ».

« C’est pas du tout les mêmes budgets, mais je suis constamment en train de courir d’un endroit à l’autre, comme Tom Cruise dans Mission Impossible », rigole Félix-Antoine Duval. Le comédien de 26 ans est aussi... cascadeur. Les deux tiers de ses scènes ont été tournées de nuit, dans la ville.

Les six épisodes ont été entièrement tournés dans la région de la capitale. « Ottawa s’inscrit dans la touche personnelle qu’on [Slalom Productions] apporte à la série. On sent la ville, l’espace », promet le réalisateur.

« Je suis très content de tourner ailleurs qu’à Montréal. Ça me permet de pratiquer mon anglais avec les membres de l’équipe technique, de mieux connaître la communauté francophone de l’Ontario », s’enthousiasme Félix-Antoine Duval, qui joue actuellement dans L’Échappée, et qu’on a pu voir dans Pour Sarah et dans Marche à l’ombre, dans la peau d’un jeune détenu qui se radicalise, à la suite de sa conversion à l’Islam.