L’animateur Jean-René Dufort et la journaliste scientifique Marie-Pier Élie achèvent le tournage du Gros laboratoire, sur le campus de l’Université Bishop’s. L’émission sera diffusée à partir de décembre sur la chaîne Explora.

Jean-René cloîtré pour la cause scientifique

Jean-René Dufort et son équipe du Gros laboratoire, nouveau magazine scientifique produit par Zone 3 et qui sera diffusé en décembre à Explora, sont à 24 heures de plier bagage, après une semaine très intense à l’Université Bishop’s. Leur mission : tourner une quarantaine d’expériences en huit jours, avec une centaine de cobayes en retraite fermée.

Mais vous n’en saurez pas plus sur la nature des expériences. Motus et bouche cousue jusqu’à l’automne. Le plus drôle, c’est que les cobayes n’en savent pas davantage. Dans la majorité des cas, ils ignoraient la variable testée (pour ne pas influencer leur comportement) et n’en ont pas été informés une fois les protocoles terminés. Et ce n’est pas l’animateur ni sa coéquipière, la journaliste scientifique Marie-Pierre Élie, qui vendront la mèche.

« Mais depuis le début, je suis totalement étonné de leur courage, confie Jean-René Dufort. Après 18 ans d’Infoman, je suis parfois un peu déprimé de notre Québec, mais ces gens-là me redonnent espoir. Certains des tests sont difficiles émotivement ou exigeants physiquement, tellement qu’on se dit que personne ne va accepter. Mais non, tout le monde lève la main! »

Ça ne signifie pas qu’aucun n’a besoin d’être rassuré. « On a droit à tous les types de Québécois, résume Jean-René en riant. Il y a ceux qui veulent tout gérer, ceux qui jouent les durs, ceux qui demandent tout, ceux qui parlent trop... On a même parfois quelques petits tricheurs! Mais la plupart ont l’air de bien s’amuser. Plusieurs me confient qu’ils en apprennent beaucoup sur eux-mêmes, sur leurs capacités ou leur façon de réagir dans telle situation. »

Retour aux sources

« Ils auront aussi beaucoup de plaisir quand ils regarderont l’émission, ajoute-t-il, car ils vont comprendre pourquoi on leur a fait faire des choses qu’ils trouvaient niaiseuses... »

Ils étaient nombreux sur la ligne de départ. « On a reçu 1600 candidatures. On était estomaqués! Il a fallu trois vagues de présélection. Avec la centaine qu’on a gardée, on a essayé de faire un petit Québec : la même proportion d’hommes et de femmes, différentes tranches d’âge, des Québécois nés ici et nés ailleurs... C’est une émission qui a demandé un an de préparation, si on compte également le temps pour monter les protocoles d’expérience. Mais ce que je trouve le plus beau, c’est que, même si on est arrivés très prêts, on ne savait aucunement la tournure des expériences. Nos hypothèses pouvaient être aussi bien validées que complètement scrapées. »

Pour Jean-René Dufort, qui a fait son baccalauréat en biochimie à l’Université de Sherbrooke de 1987 à 1990, c’était une sorte de retour aux sources. Alors que plusieurs étudiants de la colline universitaire sherbrookoise font leurs trois années sans jamais mettre les pieds à Lennoxville, l’aspirant biochimiste s’y rendait régulièrement. « Souvent, quand je voulais avoir la paix pour étudier, loin de ma gang d’amis, je me sauvais à la bibliothèque de l’Université Bishop’s. »

Explorant les méandres de la nature humaine et ses mécanismes psychologiques (peur, âge, racisme, humour, préjugés, apparences, argent, perceptions, compétences), les dix épisodes d’une trentaine de minutes du Gros laboratoire comporteront aussi bien des tests physiques que psychologiques et sociologiques. Jean-René participera activement à la compilation des données et au montage de l’émission, « entre deux candidats de la CAQ, du Parti libéral ou du PQ » l’automne prochain, précise-t-il.

Beaux casse-tête

Pour l’équipe du Gros laboratoire, le campus de l’Université Bishop’s s’est vite révélé comme l’endroit idéal pour non seulement tourner les expériences, mais aussi loger et restaurer tout ce beau monde. Dans l’établissement lennoxvillois, la production pouvait bénéficier des résidences étudiantes, de la cafétéria, du gymnase et de la cour extérieure, le tout sur quelques centaines de mètres carrés. Du reste, explique Jean-René, « dans ce concept télévisuel adapté d’une émission hollandaise », le lieu joue un certain rôle. « Ici, avec les superbes édifices du campus de Bishop’s, nous étions servis.»