Les points en litige sont les abolitions de postes et le transfert des emplois de TVA vers d’autres filiales de TVA ou Québecor, comme les studios Mel’s.

Grève à TVA: l’UDA lance un message de solidarité syndicale

MONTRÉAL — C’est maintenant au tour de l’Union des artistes de lancer un message de solidarité syndicale à ses membres, devant le risque d’une grève des 830 employés de TVA.

Dans un message qu’elle vient d’adresser à ses membres, la présidente de l’Union des artistes, Sophie Prégent, indique que l’acceptation d’une nouvelle offre de contrat qui pourrait être faite par les compagnies de production de TVA, dont la fonction n’est pas couverte par l’entente qui existe déjà entre TVA et l’Union des artistes, « équivaudrait en quelque sorte à franchir une ligne de piquetage ».

«Par respect pour les employés du syndicat des employés de TVA, l’UDA vous recommande de ne pas accepter ces propositions de contrats», écrit la présidente de l’Union des artistes.

Accepter une nouvelle offre de contrat qui n’est pas couverte par l’entente existante « irait à l’encontre du fondement même de solidarité syndicale que l’Union des artistes défend ardemment », écrit encore Mme Prégent.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne en fin d’après-midi, la présidente a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un mot d’ordre formel à ses membres, mais d’un guide.

«On n’est pas la police ; on n’est pas les juges. Et ce n’est pas nous qui allons dire aux membres quoi faire ou quoi dire. Moi, je réponds de l’Union des artistes au complet. Puis après ça, ce sera aux individus de prendre leurs responsabilités et d’assumer leurs gestes et leurs choix. Mais c’est clair que comme syndicat, l’Union des artistes, son mandat, sa mission et sa position sont clairs», a-t-elle affirmé.

Mme Prégent précise que ses membres qui sont présentement «sous contrat UDA» à titre d’animateur ou de chroniqueur, d’artiste invité, dont la fonction est couverte par l’entente collective conclue entre TVA et l’UDA, ne sont pas visés. Il s’agit seulement des nouvelles offres de contrat qui pourraient être faites par les compagnies de production de TVA et dont la fonction n’est pas couverte par cette entente, précise-t-elle dans sa missive.

«Il faut comprendre qu’on est un syndicat et on respecte le mouvement des syndicats», a-t-elle ajouté.

Techniciens pigistes

Lundi, c’est le syndicat qui représente les techniciens pigistes, l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son, qui a lancé un semblable message de solidarité syndicale à ses membres.

Le président de l’AQTIS, Alexandre Curzi, n’a pas non plus donné de mot d’ordre proprement dit à ses membres, mais leur a adressé un message de solidarité syndicale, en précisant en entrevue que lui-même «ne traverserait jamais une ligne de piquetage». Mais ses membres étant pigistes, il leur appartient de décider, avait-il ajouté.

Boyer : faut revenir à la raison

Plus tôt jeudi, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a invité le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, à «revenir à la raison» et négocier de bonne foi avec le syndicat des employés de TVA pour éviter la grève.

Les 830 travailleurs de TVA à Montréal menacent d’exercer le mandat de grève générale illimitée dont ils se sont déjà dotés, à compter du 22 septembre. Leur syndicat est rattaché au Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ.

«C’est pour protéger les emplois ; c’est pas les salaires. Donc, on pense que M. Péladeau devrait revenir à la raison et négocier de bonne foi», a lancé M. Boyer.

Jointe par courriel, la direction de TVA n’a pas souhaité commenter.

Les points en litige sont les abolitions de postes et le transfert des emplois de TVA vers d’autres filiales de TVA ou Québecor, comme les studios Mel’s.

La direction de TVA, quant à elle, nie transférer ainsi des emplois et soutient que des protections à cet effet existent déjà dans la convention collective.

Travailleurs de remplacement

Mais la direction de TVA ne s’en cache pas : elle a déjà commencé à former des employés de remplacement, au cas où une grève serait effectivement déclenchée. Et le recrutement «va bon train», a déjà rapporté la direction.

La télédiffusion est de compétence fédérale. Et le Code canadien du travail ne prévoit pas de dispositions anti-briseurs de grève, contrairement au Code du travail du Québec.

«On a demandé des améliorations aux dispositions anti-briseurs de grève, parce que le travail ne s’effectue pas comme il s’effectuait à l’époque, c’est-à-dire dans une entreprise entre quatre murs. Surtout dans ce milieu-là des communications, il y a du travail qui s’effectue de manière virtuelle. Il ne faut pas prendre des travailleurs de remplacement pour faire le travail de ceux qui sont en conflit», a plaidé M. Boyer.