Il y a espoir d’un règlement entre les techniciens de l’AQTIS et les producteurs indépendants de télé et cinéma.

Cinéma et télé: rapport du médiateur entériné par l’AQTIS, recommandé par l’AQPM

MONTRÉAL - Il y a espoir d’un règlement entre les techniciens de l’AQTIS et les producteurs indépendants de télé et cinéma. Le rapport du médiateur sur le conflit a été entériné par les membres du syndicat, alors que le comité de négociation de la partie patronale en recommande l’acceptation à ses membres.

Les membres de l’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son - les techniciens, caméramans, preneurs de son, maquilleurs, coiffeurs des séries télé et des films tournés ici - ont voté à 85 pour cent, dimanche soir, en faveur du rapport du médiateur.

Le médiateur avait soumis sa proposition, au cours des derniers jours, portant sur les clauses que les parties n’avaient pas encore réussi à régler entre elles.

Le rapport du médiateur prévoit des améliorations à la rémunération, des jours garantis dans les contrats, un fonds pour la formation professionnelle, un exercice d’évaluation des fonctions dans le cadre de l’équité salariale, entre autres.

«C’est une nette amélioration sur les conditions quotidiennes des membres, notamment parce qu’ils vont avoir des contrats garantis avec des journées garanties, d’autres formes d’aménagement dans leurs horaires de travail. Donc, sur leur quotidien, c’est une nette amélioration. C’est sur le salaire qu’il y a encore beaucoup de travail à faire», a résumé en entrevue lundi Gilles Charland, directeur général de l’AQTIS.

Du côté patronal, l’Association québécoise de la production médiatique a fait savoir que son comité de négociation recommanderait d’accepter le rapport du médiateur, tant à son conseil d’administration qu’à ses membres.

«Même si elle ne correspond pas exactement à ce que l’AQPM souhaitait à titre de règlement, notamment en raison des coûts additionnels qu’elle impose aux producteurs dans un contexte déjà très difficile, la recommandation du médiateur reflète un véritable compromis entre les parties et le comité de négociation en recommandera l’acceptation au conseil d’administration et aux membres de l’AQPM au cours des prochaines semaines», a fait savoir sa présidente et directrice générale, Hélène Messier.

L’AQPM représente des producteurs indépendants dans le domaine du cinéma, de la télévision et du web. Les membres de l’AQTIS sont des pigistes. Ils avaient débrayé durant une journée, le 29 août dernier. Une dizaine de plateaux de tournage avaient alors dû suspendre leurs activités.

Situation financière de l’industrie

Les deux parties ont souligné que l’industrie culturelle était prise dans une situation financière difficile, à cause de la baisse des fonds disponibles pour réaliser les productions.

«Il est plus important que jamais que les différents paliers de gouvernement réinvestissent de façon réelle et concrète dans l’industrie de la production audiovisuelle indépendante», a plaidé Mme Messier, de l’AQPM.

Elle note que les crédits d’impôt québécois pour la production avaient été réduits en 2014 et qu’ils «n’ont jamais été rétablis à leur niveau antérieur».

De même, le Fonds des médias du Canada, qui sert à financer des émissions et qui est alimenté par les contributions des câblodistributeurs, dispose de moins d’argent, puisque les Québécois se tournent vers d’autres services que la câblodistribution.

L’AQTIS admet qu’il y a là problème. «On est conscient de cela. C’est pour ça qu’on veut lancer un mouvement pour accroître les budgets en culture», a commenté M. Charland.