Lionel Lehouiller propose, avec <em>Albert N</em>, le récit d'une femme qui se glisse dans la peau d'un homme.
Lionel Lehouiller propose, avec <em>Albert N</em>, le récit d'une femme qui se glisse dans la peau d'un homme.

Albert N: une «grande première» virtuelle pour le Théâtre Tremplin

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Plutôt que d’annuler sa prochaine grosse production, Albert N, le Théâtre Tremplin a choisi d’en modifier le format, pour la proposer «sous forme de radio-théâtre».

«Après plusieurs mois de travail pour effectuer une transition vers un format numérique, l’équipe est heureuse de vous présenter Albert N, sous forme de radio-théâtre avec accompagnement visuel», a indiqué la compagnie vendredi.

Cette «grande première» pour la troupe d’Ottawa se déroulera sur la page Facebook du Théâtre Tremplin, le 21 août (à 19h30), «en même temps que le lancement de la Fierté dans la Capitale».

Le visionnement sera gratuit. «Les contributions volontaires sont acceptées», précise le Théâtre Tremplin, heureux «de partager notre art virtuel» avec le public. Les contributions peuvent se faire via la plateforme de dons aménagée dans le site Internet de la compagnie.

Albert N. est l’adaptation théâtrale – signée Hedwige Herbiet – d’une nouvelle de l’auteur irlandais George Moore. La pièce a pour décor un hôtel dans le Dublin des années 1860. Son garçon d’hôtel, Albert Nobbs, employé irréprochable, a pourtant un lourd secret: il est une femme. 

Échos contemporains différents

À l’heure où il se demande s’il devrait se conformer aux normes sociales, Albert, qui a toujours vécu dans la marge, «en vient à se questionner sur ses choix et ses désirs profonds, tout en naviguant une identité non définie», résume le Théâtre Tremplin.

Ce radio-théâtre sera vocalement défendu par Amaranta Quintara (Albert), Charlotte L'Orage, Jean-Nicolas Masson et Audrey Gagnon, entre autres. Le directeur artistique du Tremplin, Lionel Lehouiller, assure la mise en voix.

«L’œuvre s’intéresse au déséquilibre homme / femme, à la question des privilèges et des limites poussées à l’extrême pour les atteindre», analyse le créateur. 

Si à l’époque de sa publication, en 1918, la nouvelle de Moore dénonçait les inégalité entre les hommes et les femmes, le texte résonne «pour d’autres raisons», aujourd’hui, estime-t-il.