Spectacles et théâtre

Le rebelle de Niagara charme Gatineau

La vague du « new country » frappe de plein fouet le Québec et l’Outaouais n’y échappe pas. La star du country canadien, Tim Hicks, a déposé ses éperons à la salle Odyssée, lundi soir, pour le troisième d’une série de six spectacles qu’il présente dans la Belle Province.

Initiée par les organisateurs du Festival western de St-Tite, la tournée St-Tite sur la route, qui met en vedette le chanteur de Niagara Falls, a débuté samedi à Drummondville et se terminera samedi prochain à Trois-Rivières après s’être arrêtée à Saint-Hyacinthe, Gatineau, Québec et La Baie.

Spectacles et théâtre

Phèdre en cure de jouvence

Fixer et conserver le répertoire classique ou le « dépoussiérer », l’actualiser et le rendre plus accessible ? Jocelyn Pelletier est plutôt de la deuxième école, qui s’accorde à adapter les grands textes, à les réinventer pour mettre le théâtre au présent.

Il rend Phèdre à son époque : dans une mise en scène où la vidéo se filme en direct sur le plateau, la langue se libère de l’alexandrin pour préférer la prose. Et impose les sonorités québécoises au détriment du français dit « international ». Aller au théâtre pour repartir à l’aventure, voici De l’instant et de l’Éternité, à la Nouvelle Scène les 2 et 3 février.

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Tourments d’adolescence

Di, c’est Diane, 16 ans, presque 17. Dans un long monologue, « une pièce pour une femme seule », elle se dévoile en confession-fleuve. La pièce tisonne l’adolescence, l’apprivoisement de qui l’on est, la découverte d’où l’on vient. Elle marque la quatrième collaboration entre l’auteur Michel Ouellette et le metteur en scène Joël Beddows, tous deux franco-ontariens. Histoire d’un cheminement artistique sous les mêmes latitudes.

« Michel puise beaucoup dans ses origines du Nord de l’Ontario, fait remarquer Joël Beddows, ancien directeur de la Catapulte désormais à la tête du Théâtre français de Toronto. Je retrouve la lumière, l’espace, la lutte pour protéger son environnement. J’ai particulièrement été déstabilisé par ce texte où les sentiments et les images convoqués m’habitent aussi. »

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La double personnalité de Camille Poliquin

Elle, c’est la moitié milk du duo électro-minimaliste Milk & Bone. Par affinité syllabique, Camille Poliquin avait donc proposé « milk » quand Laurence Lafond-Beaulne se voyait plus « bone » au baptême de leur formation.

À l’heure de la dématérialisation de la musique, toute la force de leur musique réside précisément dans cette capacité paradoxale à redonner corps, chair et matière physique à une musique façonnée par des synthétiseurs. L’alchimie de leurs voix a miraculeusement pris : le succès de leur premier album, Little Mourning (2015), leur a ouvert les portes des récompenses musicales et des tournées internationales. Trois ans plus tard, elles reviennent avec un tout nouvel album, Deception Bay, à paraître le 2 février sur l’étiquette Bonsound. Milk & Bone confirment le charme et la douceur qu’elles savent injecter dans des chansons où flotte le sentiment de rupture, de paradis perdus et de clair obscur amoureux. Pas de fausse fragilité, pas de démonstration de star attitude. Camille Poliquin reste au service de son art, en duo ou en solo. 

Retour en arrière : en 2014, Milk & Bone fait partie de la programmation de l’ancien Festival de l’Outaouais Émergent (FOÉ). La formation alors inconnue se fraie une place à l’affiche de la Galerie Axenéo7 ; un concert que Camille Poliquin n’est pas prête d’oublier. 

« C’était notre premier vrai spectacle en salle. Nous n’avions pas encore assez de chansons pour tenir 1 h alors nous avons dû faire des reprises, se souvient-elle. Nous avions aussi apporté tout un équipement à projections, mais ça ne fonctionnait pas. »

En quatre ans, Milk & Bone s’est donné les moyens de ses ambitions. Le duo s’est vu décerner le prix Révélation de la SOCAN 2015 et son premier album l’a positionné sur la liste des disques sélectionnés dans la course au Prix Polaris 2015. En 2016, une nomination aux JUNO dans la catégorie Révélation de l’année (groupe) confirme le talent des deux musiciennes. Elles écrivent et composent, chantent ensemble, avec le souci d’une démocratie participative pour valider les choix de l’une ou l’autre. 

« Nous avons été sur la route pendant un an et demi. Laurence et moi, quand nous sommes seules, écrivons beaucoup. Des phrases, des couplets...Nous attendons de nous retrouver ensemble pour terminer l’écriture, il faut que ça parle à l’autre. »     

La colonne vertébrale de ce nouveau disque tout en anglais, la chanson Deception Bay, propose une incantation adressée à une ancienne flamme, à un amour déçu, pour un ultime rendez-vous sur la partition d’un « je t’aime, moi non plus. »

« C’est la première chanson que nous avons travaillée », explique Camille Poliquin en nous précisant que son parfait bilinguisme lui vient d’un séjour de deux ans en Australie. Les autres chansons de l’album ont découlé du thème de la déception.   

14 titres — dont deux pièces instrumentales — confirment que le groupe est l’un des plus inventifs de la scène québécoise ; parce que l’on a cette sensation d’une transparence des cœurs, d’une intimité extrême bousculée par des questionnements émotionnels. Parce que les harmonies vocales nous plongent loin du tumulte du monde. 

La réalisation du nouvel opus a été confiée à Gabriel Gagnon et convie plusieurs invités à rejoindre son cocon, notamment Chilly Gonzales pour l’une des plus belles pièces de l’album, Tmrw. Dans la foulée de la sortie de Deception Bay, Milk & Bone entamera une tournée nord-américaine débutant le 1er mars à Toronto avec un concert le lendemain à Ottawa, au Club 27 (ex Zaphod’s).