Le Théâtre Dérives urbaines présente la pièce les Revenants du Petit Chicago dans les rues de l’ancienne ville de Hull.

Voyage dans le temps au cœur du « Petit Chicago »

« Trois pistes à suivre : le Petit Chicago, Al Capone et mon assassinat », lance le détective Surveyer en lever de rideau de la première représentation des Revenants du Petit Chicago.

Une trentaine de personnes se sont déplacées au Centre culturel Jacques-Auger afin d’assister à la grande première de cette pièce présentée par le Théâtre Dérives urbaines mercredi soir. Tous les billets ont été vendus.

« Le parcours est fait pour des groupes de 30 personnes parce qu’on travaille en plein air, sans amplification, indique André Rousseau, auteur des Revenants du Petit Chicago et directeur général du Théâtre Dérives urbaines. On tient à ce qu’il y ait un bon contact entre les spectateurs, les comédiens et les interprètes... c’est vraiment un théâtre de proximité. On a une distribution de cinq comédiens professionnels pour seulement 30 spectateurs, c’est rare que l’on voie ça de nos jours. »

Malgré des conditions météorologiques incertaines, l’organisation a tout de même décidé de présenter la pièce à l’extérieur, comme prévu.

Les Revenants du Petit Chicago, une pièce écrite par André Rousseau et mise en scène par Mathieu Charrette, raconte l’histoire d’un détective venu des années 1930 pour enquêter sur la présence du bandit américain et chef de la mafia Al Capone dans la région de l’Outaouais. Le détective Édouard Surveyer tente aussi de trouver des réponses quant aux origines du nom « Petit Chicago », un nom qui avait été donné à l’ancienne ville de Hull à cette époque.

L’idée de ce scénario est venue à l’esprit de M. Rousseau grâce à une anecdote qui stipule « qu’Al Capone est venu en Outaouais ».

À travers cette production, les citoyens ont l’occasion d’en apprendre davantage sur l’histoire de leur région, tout en se divertissant grâce au caractère humoristique de la pièce.

« On était quand même la capitale du crime au Canada pendant 10 ans [...] et ç’a un peu défini notre identité, souligne André Rousseau. On souhaite principalement intéresser les jeunes, car lorsqu’on connaît l’histoire de notre ville, ça nous permet de définir notre identité. Les gens qui viennent d’ailleurs au Québec comme l’Abitibi, le Lac-Saint-Jean ou la Côte-Nord, n’ont pas de misère à se définir. Ils savent quels sont les éléments importants de leur région. Ici, en Outaouais, on a un peu plus de problème avec ça. Quand on demande aux gens de se définir ou de parler de l’histoire de la ville, il n’y en a pas beaucoup qui peuvent répondre. »

D’ailleurs, selon M. Rousseau, 85,5 % du contenu de la pièce est basé sur des faits réels qui ont été vérifiés.

« Il y a toujours un guide, un spécialiste de l’histoire, qui fait une mise en contexte pour chacun des personnages et qui répond aux questions des spectateurs. »

Dans la peau d’un détective

Édouard Surveyer est le détective et personnage principal des Revenants du Petit Chicago. Interprété par le comédien Théo Martin, M. Surveyer enquête notamment sur la présence possible d’Al Capone en Outaouais.

« Qui n’a pas entendu parler du grand Al Capone ? Je trouve qu’il en mène large celui-là, lance-t-il en entrevue. En tant qu’inspecteur ici à Hull, je pense pouvoir lui mettre des bâtons dans les roues. »

Selon Théo Martin, la pièce est un « outil de médiation historique parfait ».

« On donne, à travers un aspect ludique, beaucoup d’informations historiques, mais qui passent bien à travers le jeu du théâtre et de la comédie, contrairement à un cours d’histoire », croit-il.

POUR Y ALLER

Quand ? 8, 15 et 22 août

Où ? Centre culturel Jacques-Auger (39 rue Leduc, Gatineau)

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