Il n’y avait pas exactement 1001 voix, dimanche soir à la Maison de la culture. Mais personne n’en tiendra rigueur à Véronic DiCaire.

Véronic DiCaire et l’Orchestre de Gatineau récoltent 74 000 $

Le passage de Véronic DiCaire à la Maison de la culture de Gatineau, le dimanche 4 novembre, aura permis de récolter 74 000 $ au profit du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau (CPSG).

Dans le cadre de l’imitiative 1000 et une voix, la chanteuse et imitatrice originaire d’Embrun était venue interpréter Une chance qu’on s’a en duo avec... la foule.

Ce spectacle unique ne réunissait pas exactement mille voix, mais tout de même une conséquente chorale de quelque 840 têtes (dans la mesure où presque tous les fauteuils de la salle Odyssée semblaient occupés). Chiffre auquel il faut ajouter les 25 jeunes membres de l’ensemble à cordes du Conservatoire de musique de Gatineau, qui en ont interprété la mélodie de Jean-Pierre Ferland, ainsi que les 51 musiciens de l’Orchestre symphonique de Gatineau (OSG).

Car Véronic DiCaire a profité de cette rencontre pour donner, en version symphonique, un aperçu de son prochain spectacle d’imitations. Et tout un avant-goût ! La prestation orchestrale allait durer en réalité 90 généreuses minutes.

On a « entendu » au passage Lady Gaga, Britney Spears, Lara Fabian et Sandra Dorion, sans oublier Barbara et Isabelle Boulay (désacralisées !), Tina Turner, Barbra Streisand et une poignée de divas... bref, certainement suffisamment de voix pour atteindre le « 1000 » symbolique).

« On a répété ce matin avec l’orchestre. Ça s’est super bien passé. On est très content », se réjouissait Véronic DiCaire, quelques dizaines de minutes avant la prestation. « Bon, j’ai senti que je déstabilisais un peu les musiciens, parfois – par exemple quand je chante La P’tite grenouille à la façon Isabelle Boulay. Ils ne sont pas habitués à ça. Ils ont pu rire un peu... et c’est très bien comme ça, parce qu’ils vont rester super concentrés pendant le spectacle », poursuit la chanteuse.

C’est Mme DiCaire elle-même qui a proposé de reprendre à Gatineau cette formule de spectacle symphonique qu’elle avait testée en mai dernier, en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal, et de faire appel à l’OSG pour donner une amplitude orchestrale à son spectacle caritatif au profit du CPSG.

Le mari et gérant de Véronic DiCaire, Rémon Boulerice, voyait en ce « concert unique et exceptionnel » l’occasion rêvée de croiser les plaisirs et les publics : « Les gens qui s’intéressent au classique vont découvrir des versions pop ; et ceux qui connaissent ces chansons pop vont pouvoir (se familiariser avec) ces versions symphoniques », confiait-il, avant le spectacle.

« Je suis sur le gros nerf », a avoué l’idéateur de 1000 et une voix, Richard Martin. Directeur créativité pour la firme Pixel, M. Martin a accueilli le public et présenté les artisans de la soirée, à commencer par le chef invité Simon Leclerc, qui dirigeait l’OSG. Il est l’auteur des partitions orchestrales des chansons interprétées dimanche.

Le directeur général de l’OSG Yves Marchand a pris le relais de l’animateur, à titre de chef de chœur. En quelques coups de sa main-baguette magique, il a, épaulé par François Dubé au piano, transformé la foule en véritable chorale, le temps d’une répétition « intime » d’une quarantaine de minutes précédant l’arrivée de la tête d’affiche... et le signal pour allumer les caméras.

Pixel Media a en effet supervisé la captation vidéo de l’événement, afin de contribuer à faire mousser la campagne de financement sur les réseaux sociaux.

« C’est des bonnes cordes, ça, Yves ! » a partagé la chanteuse, enthousiasmée par la qualité des cordes vocales qui lui parvenaient de l’assistance et par la dextérité des jeunes de l’orchestre à cordes du Conservatoire.

Garage à musique

M. Martin a profité d’une pause de l’orchestre pour « réaliser un rêve » en demandant à Mme DiCaire de l’accompagner le temps pour lui d’interpréter la chanson en imitant Jean-Pierre Ferland. La foule a apprécié ce petit duo impromptu, organisé juste avant que le montant de 74 000 $ récoltés ne soit dévoilé.

Tenue en mai 2017 au Complexe Branchaud-Brière, la première édition (Mme DiCaire et la foule avaient alors partagé S’il suffisait d’aimer, de Céline Dionavait permis de récolter 55 000 $ pour financer le « garage à musique » que le CPSG veut faire construire à côté de ses locaux de Hull.

Ce « garage » truffé d’instruments permettra de développer des approches thérapeutiques à travers la musique avec la jeune clientèle du Centre de pédiatrie sociale.

Heureux d’avoir dépassé l’objectif qu’il s’était fixé, Richard Martin n’avait plus aucun doute que le « garage » pourrait voir le jour bientôt, même s’il reste encore certains détails importants à régler avant de pouvoir donner une date officielle.

Sa construction, a laissé entendre M. Martin, serait logiquement confiée au Groupe Heafey – le chef de l’entreprise, Charles Masse, étant un partenaire de la première heure du CPSG.

M. Martin a par ailleurs confirmé au Droit qu’une troisième édition de 1000 et une voix aura lieu à Gatineau, toujours au profit du CPSG.

Mme DiCaire a chaleureusement remercié cette foule qui a « contribué à apporter un sourire à ces enfants vulnérables » et de lui avoir permis, à elle, d’assouvir le « fantasme » que représente pour elle ce « concert unplugged avec 60 musiciens », a-t-elle blagué.

Supplémentaires

La prochaine tournée internationale de Véronic DiCaire, qui s’étalera sur trois ans, s’arrêtera au Théâtre du Casino du Lac-Leamy les 18 et 19 janvier 2019. Ces deux représentations s’affichant déjà à guichets (pratiquement) fermés, deux supplémentaires se sont ajoutées les 13 et 14 octobre 2019 au Casino, a dévoilé Rémon Boulerice en primeur au Droit. Les billets sont disponibles depuis ce lundi matin à 10 h.

Il est très probable que l’imitatrice revienne à Gatineau ultérieurement pour offrir quelques représentations... à la Maison de la culture, cette fois, a laissé entendre M. Boulerice : « d’abord parce que Véronic adore la salle Odyssée, ensuite parce que cela donnerait une chance à tout le monde de la voir, alors que le public familial ne peut pas rentrer au Théâtre du Casino ».