Josue Nieto, directeur artistique du Ballet Aztlan, Yves Léveillé, chef de l’OSG, Yves Marchand, directeur général de l’orchestre, Nicolas Boulérice et Simon Beaudry, de la formation trad Le vent du Nord.

Vent de folie sur rythmes trad’ avec l'Orchestre symphonique de Gatineau

Pour inaugurer sa 13e saison, l’Orchestre symphonique de Gatineau (OSG) se lance dans un concert d’envergure où se télescoperont les traditons folkloriques de trois pays, le Canada, le Mexique et la Russie. Un concert-événement où se rencontreront la musique et la danse, mais aussi la peinture les recettes gourmandes, entre la Salle Odyssée et le foyer de la Maison de la culture de Gatineau.

La troupe Le Vent du Nord (LVDN), avec sa musique trad’ 100 % pur-laine étoffée par l’orchestre gatinois, partagera la scène avec les danseurs mexicains issus du Ballet folklorique Aztlan, et une poignée d’autres, issus de la troupe Kalinka. Ce happening intitulé Fusion symphonique promet d’en mettre plein la vue, l’ouïe et les papilles, ce samedi 9 novembre.

LVDN et l’OSG n’en sont pas à leur première colaboration : en 2014, ils ont donné un concert conjoint dans le cadre de L’Outaouais en Fête. Samedi, les folkloristes en profiteront pour livrer des versions symphoniques de deux chansons tirées de leur plus récent opus, Territoires.

LVDN n’en est pas à ses premières armes symphoniques : en 10 ans, le groupe a donné une douzaine de spectacles orchestraux — au Québec et aux États-Unis, surtout. Et le quintette trad récidivera en janvier 2020, en Écosse, au festival Celtic Connections de Glasgow.

« On a toujours beaucoup de plaisir à refaire ce spectacle [symphoniquement] bonifié », lance Nicolas Boulérice, le vielleux de la formation. Et celui à Gatineau sera « le plus flyé de tous ». Le Vent du Nord ne s’est produit entouré de danseurs qu’une fois dans sa carrière : à Joliette, avec les Petits Pas Jacadiens.

La première fois que le chef de l’OSG, Yves Léveillé, a présenté ce nouveau projet au Vent du Nord, ses membres « ont eu un peu peur, et se demandaient si j’allais leur demander de jouer de la musique traditionnelle russe », partage le chef, hilare. Mais une fois clarifiée avec eux la teneur du futur répertoire, ils se sont montrés très enthousiastes à l’idée d’intégrer ce volet exotique de danses traditionnelles, dit-il. « Nous, LVDN, on est pour l’apropriation culturelle, quand c’est fait avec intelligence... »

Ryhtme et polymétrie 

Car, quelles que soient les différences ostensibles de leurs disciplines respectives, les trois groupes partagent une chose en commun : « le folklore », rappelle Yves Léveillé. « Et les racines », enchérit Nicolas Boulérice, pour qui « tous ces rythmes se recoupent ».

Le directeur général de l’orchestre, Yves Marchand, n’a pas eu besoin de se pencher sur les partitions orchestrales, puisque celles-ci ont toutes été écrites par l’Américain Tom Myron, un grand fan du Vent du Nord... et un compositeur aussi « surpris » qu’« allumé par la polymétrie de la musique trad québécoise », évoque Nicolas Boulérice.

La polymétrie ? De fréquents changements dans la structure rythmique secouent nos reels et rigodons. Ainsi, les temps des mesures peuvent passer de 3/4 à 4/4 dans un même phrasé musical, parce que « quelques syllabes dépassent », et que ces paroles imposent d’étirer un peu les choses, illustrent les musiciens. C’est même là une des caractéristiques de la musique trad québécoise... et ce qui fait « sa richesse » et son charme, assure Simon Beaudry, le bouzoukiste de LVDN. « Un peu comme le vieux blues. On appelle ça de la musique croche, de la crooked music », précise-t-il. Alors qu’en danse folklorique, il faut « danser sur le temps ».

Voilà d’ailleurs qui a constitué le principal défi qu’ont dû relever les danseurs, habitués à des cadres rythmiques beaucoup plus ‘carrés’, souligne le directeur artistique du ballet Aztlan, Josue Nieto.

Ce chorégraphe a bûché fort pour que les pas des danseurs concordent avec chacune des assises rythmiques de LVDN, aussi accidentées fussent-elle, observent les musiciens. « Il va chercher ça très loin, dans ses chorégraphies. On voit qu’il contacte, qu’il communique, qu’il s’associe au style de LVDN. »

Un travail d’adaptation délicat, entrepris « avec beaucoup de respect pour les folklores » russes et mexicaines, précise Josue Nieto, qui s’est fait un point d’honneur à conserver « le sens », la signification symbolique des gestes et mouvements des danses traditionnelles.

Car « la musique trad’, ça se réinvente... mais pas les gestes trad’ » l’appuie Nicolas Boulérice.

Le Ballet Aztlan compte 28 danseurs. Auxquels s’ajouteront une dizaine de danseuses de Kalinka. Tous en costume (et avec plusieurs costumes, pour certains). Avec la cinquantaine de musiciens que compte l’OSG... ça fait du monde à la messe.

Pour l’orchestre, la difficultéréside essentiellement dans les « arrangements complexes » des partitions. Mais le vrai défi, « ça va être de les empêcher de taper du pied » pendant cette prestation endiablée, prédit Yves Léveillé, tout sourire.

En parallèle, des œuvres d’artistes originaires de Russie et du Mexique seront exposées dans le foyer de la MCG.

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POUR Y ALLER

Quand ? Samedi 9 novembre, à 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca