Le duo gatinois Geneviève et Alain était le premier à fouler les planches de la Salle Odyssée pour un spectacle en web diffusion.

Une scène et pas de public [PHOTOS et VIDÉO]

La majorité des grandes salles de spectacles ont été mises sur pause. Pour retrouver leur public, elles ont toutes — ou presque — créé une programmation virtuelle.

Est-ce simplement une réponse rapide à la crise ou y aurait-il une pérennité dans cette façon de faire ?

La question se pose surtout que de nombreux diffuseurs ou entreprises de sonorisation se sont lancés dans la webdiffusion en investissant d’énormes sommes d’argent dans l’acquisition de nouveaux équipements. 

Mais offrir une excellente qualité de diffusion sur internet représente un défi technique important pour toutes les équipes de production. Le principal enjeu est la stabilité du réseau de diffusion.

« La grande inconnue dans ce monde tout à fait nouveau pour nous, c’est la stabilité du feed internet, explique Marc-André Major, copropriétaire de Perfecson qui est un des principaux partenaires dans la production du StudiOdyssée, le volet web de la Maison de la culture de Gatineau (MCG). 

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Alors, pour pallier nos inquiétudes à ce niveau, on a investi dans des composantes techniques qui nous permettent d’avoir accès à plusieurs liens internet simultanément. »

Ce système appelé LiveU permet de coupler plusieurs connexions internet pour créer une méga connexion.

« En ce moment, on utilise deux clés LTE, un lien câblé et un lien wifi, explique M. Major. Avec la connexion combinée, on obtient un filet de protection encore plus grand. Et quand on connaît les standards de qualité de la Maison de la culture, on n’a pas intérêt à rater notre coup. »

En direct

Dans le cas du StudiOdyssée, la programmation en webdiffusion de la Maison de la culture de Gatineau produite en collaboration avec Perfecson et PrestiGo, les spectacles sont présentés en direct sur la page Facebook de la MCG et sur son site web via Vimeo.

« Le direct est tout un défi technique, ajoute M. Major. On a une équipe conjointe avec celle de la salle Odyssée qui compte au total sept techniciens. On a quatre régies qui contrôlent la mise en ondes, la sonorisation, l’éclairage et les réseaux sociaux. C’est toute une organisation. »

La sonorisation, l’éclairage et la mise en ondes sont dans des régies fermées, permettant ainsi le maintien des consignes sanitaires et de distanciation. 

« Tout est contrôlé par un réalisateur qui assume l’aiguillage de tout ce beau monde, dit-il. Pour le StudiOdyssée, c’est Simon Villeneuve qui en est le grand manitou. Pour notre première cette semaine, la pression était très forte sur les épaules de Simon, qui a répondu au-delà des attentes. Le rendu en ondes était parfait. Nous n’aurons probablement rien à changer pour la suite. »


« Le direct est tout un défi technique. »
Marc-André Major

Quant à la sonorisation, la particularité des webdiffusions est de mixer le son non pas pour la salle, mais pour la diffusion sur internet.

« Pour avoir une qualité sonore optimale, on doit compresser le son, explique M. Major. On travaille donc avec les standards déjà fixés par les stations de radio commerciale qui elles, compressent au maximum la source sonore pour ensuite la diffuser en ondes. La télé utilise le même standard. »

Pour l’image, elle est transmise en haute définition.

« On est conscient qu’il y aura deux types de spectateurs, de continuer M. Major. Il y a ceux qui vont regarder sur Facebook et les autres qui s’installeront devant leur télé intelligente. Ces derniers auraient avantage à se brancher sur le site internet de la MCG afin d’avoir une qualité d’image et de son maximale puisque la diffusion passe par Vimeo. Quant à Facebook, c’est par cette plateforme que les gens peuvent interagir avec l’artiste. Par contre, je suggère fortement de porter des écouteurs pour une meilleure expérience sonore. »

Capter le moment

La portion visuelle de l’expérience webdiffusée est également très importante.

« En plaçant trois caméras, dont une à l’épaule, on voulait maximiser l’expérience immersive pour le public, d’expliquer Martin Vanasse, directeur des communications à la MCG. On veut permettre au spectateur de se sentir très près de l’artiste sans pour autant que l’artiste se sente envahi. Mais, de pouvoir recréer virtuellement cette proximité entre le public et l’artiste sur scène ajoutera à l’expérience du spectateur. »


« On veut permettre au spectateur de se sentir très près de l’artiste sans pour autant que l’artiste se sente envahi. »
Martin Vanasse

Tout comme la sonorisation, l’éclairage fait partie intégrante du spectacle. 

Pour le StudiOdyssée, des centaines d’ampoules de type Edison ont été placées un peu partout dans la salle. Ajouté à un éclairage de scène léché, l’effet est très agréable, voire intime. On a même poussé le concept avec des fondus au noir après chaque chanson.

« On n’est pas allé jusqu’à faire une mise en scène, avoue M. Major. On ne voulait pas que ce soit stagé. On voulait simplement capter le moment sans empiéter dans la bulle de l’artiste sur scène. Alors, un éclairage bien pensé nous permet d’avoir un effet scénique maximal tout en laissant l’artiste libre de ses mouvements. »

En différé

L’équipe de Perfecson a également expérimenté la webdiffusion préenregistrée.

En utilisant le même genre de technologie, sauf bien sûr le système LiveU, la production s’apparente à celle des événements en direct à quelques différences près.

« Nous avons enregistré dans notre propre studio les cinq prestations des Mardis classiques du Plateau qui ont débuté mardi dernier, confie M. Major. C’est différent du StudiOdyssée principalement parce que c’est enregistré à l’avance et que nous pouvons faire un montage visuel et sonore si c’est nécessaire. Par contre, toutes les prestations enregistrées l’ont été comme si c’était du direct. Mais, on est bien conscient que l’on pouvait faire des retouches ou des reprises s’il y avait des erreurs importantes. »