Une troupe de 12 citoyens-acteurs forme le clan Marchessault dans la pièce Une petite entreprise familiale.

«Une petite entreprise familiale»: honnête, mais pas tant

CRITIQUE / Appât du gain, malhonnêteté, magouilles, secrets, voici ce qui occupe le clan Marchessault dans «Une petite entreprise familiale». La pièce tragi-comique de Sir Alan Ayckbourn est présentée dès mercredi au Théâtre de l’Île dans le cadre de son volet communautaire.

« C’est une comédie noire sur la moralité, indique la metteure en scène Isabelle Bélisle. Alors que la société nous pousse parfois à omettre de révéler certaines choses, la pièce pose la question : “Est-on capable de rester moral quand tout le monde tourne les coins ronds ?” »

La pièce choisie par la directrice artistique du Théâtre de l’île, Sylvie Dufour, suit les tribulations de Jacques Marchessault, un honnête homme dans la quarantaine qui accepte de reprendre l’entreprise familiale de fabrication de meubles. Toutefois, le protagoniste attaché à ses principes aura vite fait d’être confronté à des problèmes qui mettront ses convictions à dure épreuve. Et les membres de sa famille tricotée serrée ne sont pas étrangers à toutes ces magouilles.

« Soudain, il doit faire des choix de vie qui vont à l’encontre de ses principes pour sauver sa famille, son entreprise. Se pose alors la question : “Est-ce que ça ne serait pas plus facile de faire des petites affaires sous la table ?” », questionne Isabelle Bélisle.

« C’est ainsi que petit à petit, des squelettes sortent du placard familial. La pièce soulève également des questions d’actualité : “Y a-t-il encore une place pour l’idéalisme et quel est le prix à payer lorsqu’on se bat pour ses principes ?” », souligne la metteure en scène.

Toujours d’actualité 

Écrite par le dramaturge et metteur en scène britannique Sir Alan Ayckbourn — auteur dramatique le plus joué après Shakespeare — la pièce Une petite entreprise familiale (A Small Family Business) a été écrite et créée en 1987. Pourtant, 32 ans plus tard, elle est toujours pertinente.

D’ailleurs, la pièce traduite et adaptée par Josée La Bossière n’a eu besoin d’aucune mise à jour.

« Elle n’a pas mal vieilli. L’écriture dans la pièce est vraiment très réaliste. Les conversations peuvent très bien avoir lieu aujourd’hui », estime Isabelle Bélisle.

Si Une petite entreprise familiale aborde des questions morales, il n’en reste pas moins que le tout est abordé avec un humour typiquement anglais. « C’est un humour noir très fin, très réaliste. On rit, mais on rit jaune », confie-t-elle.

Douze comédiens de différentes générations se sont glissés dans la peau des membres de la famille Marchessault.

Depuis le mois d’août, la troupe de citoyens-acteurs, composée de Nancy Beaulieu, Bernard Chagnon, Krystel Chauret, Martin Croteau, Ginette Fournier, Daniel Gagnon, Michel Gingras, Nancy Langlois, Alexandre Larocque, Jules Leblanc, Justine Simard-Legault et Nathalie Tremblay, a répété à raison de deux à trois fois par semaine pour réussir à s’approprier les personnages.

« Nous avons travaillé pas moins de 125 heures ensemble pour que le jeu soit vrai et senti. Le texte est accessible et il y a de beaux morceaux à défendre pour les comédiens », fait remarquer la metteure en scène.

La troupe de 12 citoyens-acteurs qui forme le clan Marchessault dans la pièce «Une petite entreprise familiale» est composé de Nancy Beaulieu, Bernard Chagnon, Krystel Chauret, Martin Croteau, Ginette Fournier, Daniel Gagnon, Michel Gingras, Nancy Langlois, Alexandre Larocque, Jules Leblanc, Justine Simard-Legault et Nathalie Tremblay.

Quant aux personnages qui forment le clan Marchessault, la metteure en scène Isabelle Bélisle précise qu’ils ne sont en aucun cas des caricatures.

« J’ai vraiment demandé aux comédiens de se dire : “Qu’est ce que vous feriez à la place de chacun de ces personnages ?” », conclut-elle.

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POUR Y ALLER

Quand ? Du 23 octobre au 17 novembre. (Du mercredi au samedi à 20 h et le dimanche 14 h)

Où ? Théâtre de l’Île (1, rue Wellington, à Gatineau)

Renseignements : www.gatineau.ca