Daniel Fortin, vice-président création Groupe Cirque du Soleil.

Une nouvelle ère pour le Cirque du Soleil

TROIS-RIVIÈRES — Même si le Cirque du Soleil a habitué le public de la région à des surprises d’année en année depuis ses débuts à l’Amphithéâtre Cogeco en 2015, force est de constater que la sixième année de la série Hommage marquera un tournant dans l’histoire du Cirque à Trois-Rivières.

Clairement, l’équipe de création désire marquer un virage tant dans la nature du spectacle présenté que dans le regard de ceux qui seront appelés à créer Vive nos divas! «Je suis convaincu que nous allons avoir une belle année», lance d’emblée Daniel Fortin, vice-président création Groupe Cirque du Soleil.

Ce dernier le reconnaît: le plus grand défi année après année est de ne pas se répéter, de se renouveler et de surprendre le spectateur. «Le Cirque est là pour surprendre, et dans cette optique, nous nous sommes aussi dit qu’il était temps qu’on aille vers quelque chose d’un peu différent», convient-il, justifiant l’envie de ne plus se concentrer sur un seul artiste, mais d’aller dans un concept plus large qui permettra toujours de rendre hommage à la musique québécoise.

Du coup, le metteur en scène des cinq dernières années, Jean-Guy Legault, est remplacé par la metteure en scène et chorégraphe bien connue Lydia Bouchard, que l’on peut notamment voir actuellement sur le plateau de la populaire émission Révolution à TVA. Habituée du Cirque du Soleil, Lydia Bouchard avait notamment collaboré à trois des cinq premiers spectacles en sol trifluvien à titre de chorégraphe.

Ajoutons à cela l’idée qu’une ou plusieurs chanteuses seront sur scène pour interpréter en direct lors des spectacles les chansons inspirant les numéros de cirque présentés, et on a la recette toute faite d’un spectacle hommage aux femmes, par les femmes, note Daniel Fortin.

«Lorsque j’ai approché Lydia avec cette idée de rendre hommage aux divas, elle a été enchantée. Lydia est une habituée de Trois-Rivières, elle connaît la scène et va apporter une vision différente sur ce qu’on veut faire. J’adore sa façon de penser, sa vision artistique. C’est un beau défi pour elle», croit M. Fortin.

Le fait de confier la mise en scène à une chorégraphe doit-il nous laisser entendre que la danse sera encore plus à l’avant-plan du spectacle présenté en 2020 ? «Si vous regardez chacun des spectacles depuis le début, on a toujours mis la danse en premier plan. On aime la danse et je crois aussi que le Québec aime la danse. On a vu nous aussi que l’été dernier, le numéro final de danse avait été très apprécié et surprenant», lance-t-il, ne voulant pas trop se commettre sur la vision artistique précise qui sera développée au cours des prochains mois.

Le directeur musical Jean-Phi Goncalves, lui aussi un habitué du Cirque à Trois-Rivières, occupera donc ses prochaines semaines, en compagnie de Lydia Bouchard, à élaborer la trame narrative et musicale qui bercera ce sixième opus, dont les «hommagées» ne sont pas encore connues du public, mais pour lesquelles chacun est prêt à déjà prendre les paris.

Or, s’il nous vient instinctivement en tête les noms de Céline Dion, Diane Dufresne et Ginette Reno, Daniel Fortin garde toutes les portes ouvertes, notant au passage que ce nouveau concept permet d’imaginer un très large éventail d’œuvres et de divas, créant une cassure avec les concepts passés où l’on rendait du même coup hommage à une époque en particulier.

«Nous ne sommes plus campés dans une époque et c’est ce qui va, je crois, apporter une émotion différente des années passées. Ça va très bien servir l’histoire du spectacle selon moi», mentionne-t-il.

Ainsi, le public pourrait autant entendre La Bolduc que Cœur de Pirate dans un spectacle où le concept de divas souhaite s’éclater au-delà de la définition très générique que chacun peut s’en faire. Une chose est certaine, c’est aux femmes qu’on souhaitera rendre hommage.

Mais impossible de penser aux chanteuses québécoises sans penser à Luc Plamondon, déjà «hommagé» en 2017, mais de qui les paroles ont servi des dizaines de chanteuses québécoises. Daniel Fortin reconnaît qu’il pourrait être difficile de contourner les œuvres de ce grand parolier, mais assure que le répertoire de Plamondon est si vaste qu’il serait surprenant qu’on assiste à de la répétition par rapport au spectacle de 2017.

«On ne veut pas reprendre les mêmes chansons, mais la porte demeure ouverte à la création, à tout», mentionne-t-il, confiant d’arriver à surprendre le public une nouvelle fois cette année.

Les billets pour Vive nos divas ! seront mis en vente dès ce vendredi via la billetterie de la salle Thompson ou sur amphitheatrecogeco.com.