Martin Giroux de la distribbution de Notre-Dame de Paris

Un nouveau visage pour Phœbus

Martin Giroux est le nouveau Phœbus de Notre Dame de Paris (NDP).

Le Gatinois d’origine (il a quitté l’Outaouais en 2004, juste à temps pour intégrer la deuxième saison de Star Académie) a failli défendre ce rôle dès 2015, lors de la tournée asiatique de la comédie musicale.

À la suite d’auditions tenues en 2014, on lui avait proposé d’accompagner la troupe, mais on ne lui proposait qu’un rôle de second plan : être doublure pour les rôles de Phœbus et de Gringoire.

Jouer les seconds couteaux, l’expérience ne le tentait guère, lui qui avait déjà été la doublure de Bruno Pelletier sur la production Dracula, en 2006... mais qui n’a pas eu la moindre occasion de monter sur scène à la place de Pelletier.

À l’époque, Martin Giroux — qui a trois albums à son actif : Faut que j’te dise (2005) ; En cavale (2008) ; La vie ça s’mérite (2010) — a donc préféré « se consacrer » à ses propres spectacles.

Malgré cette décision, le producteur de NDP productions, le Français Nicolas Talar « m’a demandé d’assister aux répétitions [...] au cas où ça me tenterait d’embarquer dans l’aventure un jour ou l’autre. J’y suis allé. J’ai passé trois semaines à Paris à l’automne 2014. » Puis en 2015, au Qube (le théâtre mobile de Gregory Charles), Nicolas Talar assiste à la première médiatique d’un spectacle hommage à Luc Plamondon auquel participait Martin Giroux. Ils ne prennent pas vraiment le temps de jaser. Pourtant, « deux ou trois mois plus tard, en décembre » Talar l’appelle pour lui offrir le rôle de Phœbus sur un plateau d’argent. « Ce n’était plus un rôle de doublure ; j’ai accepté facilement... » « À partir de là, ç’a déboulé. » Dans la foulée fut effectivement annoncé « le gros come-back de Notre Dame » à Paris, puis la tournée française de ce spectacle-anniversaire, et, enfin, la tournée canadienne, programmée un an plus tard.

Les répétitions ont débuté en octobre 2016, en prévision de la première parisienne, qui s’est déroulée au Palais de Congrès à la mi-novembre. « Ça m’a causé un stress énorme. Je ne me souviens pas d’avoir été aussi stressé de ma vie, sérieusement ; j’ai dû donner le pire spectacle ever. Je ne suis pas un habitué des comédies musicales – surtout à Paris ; moi, c’était la première fois que je montais sur scène ailleurs qu’au Québec. »

« Avec le temps », fort heureusement, il a « appris à prendre ça de façon beaucoup plus smooth ».

Après un an et demi avec la production, le Gatinois était rassuré, et « super content de [s]on travail, content de tout ce qui se passe sur la tournée. On a vraiment développé une chimie. C’est cliché à dire, mais parfois, il pourrait y avoir des conflits de personnalités. Je n’ai pas vu ça : les chanteurs, les danseurs, les acrobates... toute la gang se tient. Les partys de production sont super cools, tout le monde se mélange. C’est une belle cohésion, super plaisante. »

Le mentor Richard Charest

Richard Charest, qui a longtemps défendu la partition de Phœbus, est toujours de la partie, mais désormais dans le rôle de Gringoire. Et Martin Giroux en a rapidement fait son « mentor ». Au même titre qu’il a fait de Robert Marien (Jean Valjean dans Les Misérables) son mentor, en ce qui concerne le jeu.

« Quand j’ai su que j’avais le rôle, j’ai appelé immédiatement Richard, parce que je savais qu’il avait joué Phœbus plus de 400 fois — il en est à pas loin de 1000 shows, avec NDP. Je l’ai engagé pour qu’il me coache sur la posture et la “philosophie” du personnage, qu’il m’aide à appréhender le rôle. On a fait cinq ou six rencontres, pour que je sois fin prêt aux répétitions. »