Le directeur musical et arrangements Jean-Phi Goncalves et le metteur en scène Jean-Guy Legault ont présenté Bye Bye Lou et Les étoiles filantes.

Un «Joyeux calvaire» prometteur

MONTRÉAL — À environ six semaines de la grande première de Joyeux calvaire, le spectacle hommage du Cirque du Soleil aux Cowboys Fringants, force est de constater que les arrangements musicaux de cette œuvre s’annoncent des plus prometteurs. Le directeur musical Jean-Phi Goncalves a dévoilé, jeudi, les premiers extraits de ce spectacle qui occupera l’Amphithéâtre Cogeco à compter du 17 juillet prochain pour cinq semaines. Des extraits particulièrement vibrants qui dénotent tout le travail d’adaptation que s’impose l’équipe de production à l’heure actuelle.

Le petit studio de la rue Saint-Denis à Montréal, où Jean-Phi Goncalves travaille en ne comptant plus ses heures ces jours-ci, contraste drôlement avec l’immensité de l’Amphithéâtre Cogeco, où résonneront les notes de musique dans quelque temps. Pourtant, dès que le directeur musical fait résonner ses arrangements, on se sent déjà au spectacle. La signature Goncalves, que l’on entendra pour un cinquième été à Trois-Rivières, on la reconnaît dans son ampleur, son intensité et dans sa capacité de rendre justice à la fois à l’œuvre originale de l’artiste et à l’effet wow que le Cirque cherche à apporter année après année.

Bye Bye Lou et Les étoiles filantes n’ont servi, jeudi, qu’à mettre la table à un spectacle qui prend de plus en plus forme pour rendre hommage au groupe emblématique des Milléniaux québécois. La seconde chanson, très significative dans la trame narrative du spectacle, devrait clôturer Joyeux Calvaire, au dire du metteur en scène Jean-Guy Legault.

 

Rappelons que cette trame narrative, fortement inspirée par la fille de Jean-Guy Legault qui aimait bien s’évader en écoutant son groupe préféré dans ses écouteurs, racontera l’histoire de Margot, cette adolescente qui s’envole au-dessus de la banlieue endormie pour inventer des vies aux gens qui habitent ces petites maisons. À la fois entraînant et introspectif, à l’image des Cowboys Fringants, Joyeux Calvaire amènera à travers cette poésie à la réflexion et aux préoccupations des Milléniaux que l’on peut entendre résonner à travers les textes du groupe.

«Les étoiles filantes, c’est un constat. Au départ, je l’avais placée plus en début de show, car je trouvais que ça donnait une bonne lancée, mais j’ai finalement réalisé que non, ça ne marche pas. Ça ferme plutôt l’histoire de ce personnage-là. C’est une décision prise de continuer de cheminer avec quelqu’un malgré tous les écueils de la vie», constate Jean-Guy Legault, qui n’hésite pas à qualifier ce spectacle d’émotivement chargé. 

«Les premiers albums des Cowboys, c’était construit pour être festif. On sent qu’ils ont suivi leur public et leurs préoccupations de parler aux gens de leur époque. La tendresse, le message d’espoir, le côté très intimiste des relations, on le ressentira dans le spectacle», ajoute le metteur en scène.

Côté musical, Jean-Phi Goncalves estime que la particularité de la trame musicale qu’il doit travailler cette année aura justement été de jouer avec les contrastes que personnifient les Cowboys à travers leur musique.

«Il y a beaucoup de surprises qui vont venir plus du visuel que de la musique, alors moi j’essaie de magnifier un peu, d’accentuer les contrastes qu’il y a déjà dans le band. Ils ont des tounes super intimes, très lentes, et des tounes tellement rapides et intenses. Ce que j’appelle le côté épique des Cowboys, c’est ce côté très rapide où tu as l’impression de courir un marathon mais avec 10 000 personnes en arrière de toi. J’essaie de rendre les choses big encore plus big et les choses intimes encore plus intimes», explique le directeur musical.

Un travail de précision, mais pour lequel il n’est pas justifié de «virer la toune à l’envers», comme le dit Jean-Phi Goncalves. «C’est le band le plus moderne qu’on a fait dans les cinq dernières années, et c’est donc le matériel musical avec lequel je trouve le moins justifié de moderniser quelque chose. Je ne vois pas la justification de mettre des trucs plus électroniques, ou d’essayer de combiner les différentes textures ensemble, ça ne marche pas et ça dénature l’affaire. Il va y avoir un petit peu d’électronique mais vraiment pour le besoin de la cause avec le visuel», commente-t-il.

Aller ailleurs?

Bien que toutes les énergies soient désormais concentrées sur les derniers préparatifs, le montage et l’arrivée des artistes à Trois-Rivières le 25 juin prochain, la question de la suite du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco se pose. Les cinq prochaines années prévues à l’Amphithéâtre Cogeco se solderont-elles par la poursuite du concept de la série hommage? 

Si rien n’a encore été annoncé, Jean-Guy Legault admet avoir ses préférences. «Si j’avais la possibilité de choisir, moi j’irais dans une autre direction. Je pense qu’un moment donné, un concept a fait une durée de vie. Es-tu obligé de rester dans ce concept-là ou tu peux continuer dans la musique sans rester dans ce concept-là? J’irais ailleurs», confie-t-il, avant d’ajouter: «Ça ne veut pas dire que ce sera moi qui ferai la mise en scène. Je suis un pigiste. Rien n’est encore décidé», mentionne-t-il.

Quoi qu’il en soit, l’équipe en place dit travailler bien ensemble, et de mieux en mieux avec l’expérience et le temps. «Je suis encore aussi flou et à moitié clair qu’avant», rigole Jean-Guy Legault. «Oui mais je te comprends mieux», réplique Jean-Phi Goncalves en éclatant de rire à son tour.

«Jean-Guy a un bon instinct par rapport à la musique, je lui fais confiance. Il a son idée de ce qui va se passer dans la scène plus que n’importe qui d’autre. Quand il est assis ici et qu’il écoute la toune, il regarde le spectacle dans sa tête et il est capable de me guider mieux en fonction des intentions. J’apprends à lui faire confiance, car une fois sur la scène, je sais que ça va marcher», ajoute le directeur musical.