On a procédé mercredi matin au dévoilement du titre et de l’affiche du prochain spectacle du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco avec, de gauche à droite, Roger Picard, président du conseil d’administration de la Corporation des événements de Trois-Rivières, Daniel Fortin, vice-président création chez 45 DEGREES ainsi que le metteur en scène du spectacle Jean-Guy Legault.

Un «Joyeux calvaire» à l’Amphithéâtre cet été

Trois-Rivières — Trois-Rivières — Les grands responsables de la série de spectacles Hommage du Cirque du Soleil ont levé le voile sur certains aspects du spectacle de l’été 2019 à l’Amphithéâtre Cogeco consacré aux Cowboys Fringants. On a notamment appris que le spectacle portera le titre de ''Joyeux calvaire'' du titre d’une chanson du groupe parue sur leur album Break syndical datant de 2002.

On a aussi pu apprendre que l’élaboration des chorégraphies du spectacle ont été confiées au Trifluvien Vincent Desjardins, propriétaire du studio de danse District V. 

On a également dévoilé l’affiche qui servira de repère visuel pour Joyeux calvaire au cours de prochains mois. À ce stade-ci, son intérêt tient beaucoup à ce qu’elle donne déjà une idée de l’approche que les concepteurs ont adoptée en rapport avec cet hommage aux Cowboys Fringants. On peut y voir une cabane nichée dans des bois automnaux et flottant sur un nuage qu’un personnage féminin tire au moyen d’une ficelle. Derrière elle, en ombre chinoise, se profile une fenêtre laissant entrevoir un ciel dégagé et quelques arbres. 

On en comprend que les concepteurs voient dans la poésie du groupe un moyen de rêver à un monde rendu meilleur par un souci de l’environnement. La fenêtre vient rappeler comment, avec leur poésie très accessible et authentique, les Cowboys Fringants se font un chemin vers le cœur de chacun.

Le synopsis du spectacle indique qu’on se retrouvera dans une banlieue riveraine du fleuve où une jeune fille s’évade dans le rêve en se balançant sur les paroles des Cowboys. Dans ce lieu rassurant, la réalité se transformera au gré de l’imagination de la jeune fille qui refera le monde, tableau par tableau, en mettant l’accent sur une nature qui reprend ses droits. Les maisonnettes de cette banlieue flotteront sur l’eau et virevolteront entre ciel et terre.

Le metteur en scène Jean-Guy Legault reprend les rênes de ce cinquième spectacle avec ce qui semble être une implication plus intime que jamais puisque son inspiration lui vient de sa propre progéniture. «J’ai une fille de 15 ans qui écoute les Cowboys Fringants en se balançant sur la vieille balançoire familiale et elle plane, elle voyage, elle recrée le monde. Je trouve ça très émouvant de la regarder faire. Je lui ai déjà demandé où elle allait en écoutant les Cowboys Fringants comme ça et elle m’a répondu qu’elle va ailleurs avec des gens qui comprennent ce qu’elle veut dire et où elle veut aller. Ça m’a rentré dedans comme une tonne de briques.»

«Beaucoup voient les milléniaux comme blasés et fermés sur eux-mêmes alors que pour moi, c’est tout le contraire. Ils ont une façon différente de voir l’univers autour d’eux, de le raconter et de voir l’avenir. Je les trouve résilients: malgré les problèmes, ils veulent un monde nouveau, plus beau, qui ressemble à leurs valeurs dont les Cowboys Fringants sont les porte-paroles. Des porte-voix lucides et un peu frondeurs qui s’expriment à travers une poésie très touchante.»

«Ils racontent de petites histoires qui s’inscrivent dans de grands tableaux, comme la rencontre intime de deux personnes au milieu d’une grande manifestation. C’est ça, les jeunes d’aujourd’hui, prêts à passer à travers les difficultés pour en faire un monde plus beau. C’est ce que la musique festive du groupe nous dit. En plus, les Cowboys ont ce don d’entrer en contact intime avec leurs fans, de les prendre par la main pour les entraîner dans un gros party de cuisine.»

Le thème de l’écologie, au centre de la démarche du groupe, sera forcément présent. À ce titre, quelle meilleure référence que le fleuve, qui définit le site de l’Amphithéâtre mais aussi tout le Québec? «Jamais on n’a abordé cet élément qui est peut-être le plus symbolique de l’univers québécois, soumet Legault. Il scinde le Québec en deux. C’est un des cours d’eau les plus difficiles à naviguer avec des bouts très calmes, d’autres, très tumultueux, des portions très profondes alors qu’ailleurs, c’est très peu profond. Il est aussi complexe que le sont les Québécois. Finalement, le fleuve coule vers l’océan: il s’ouvre au monde comme les Cowboys Fringants qui ont un gros succès international.»

Il apparaît évident que la démarche de l’an dernier de toucher une clientèle plus jeune grâce aux Colocs va se poursuivre cette année avec les Cowboys. «Je crois qu’on va encore avoir plusieurs générations de spectateurs, des parents qui vont venir avec leurs enfants tous attirés par le côté très rassembleur du groupe. Ils ont déjà un catalogue impressionnant: on va avoir 14 tableaux dans le spectacle et c’est encore un joyeux calvaire que de choisir les chansons qu’on va garder. Surtout que comme à chaque année, on veut offrir des surprises en présentant aussi des chansons moins connues.»

Vincent Desjardins, pour sa part, a hérité d’une mission qui le comble de bonheur. «C’est un très gros projet qui m’enchante totalement. Je n’ai pas hésité une seconde à accepter quand ils me l’ont proposé. Ça va être un super été.»

«À Trois-Rivières, on a tout le talent nécessaire pour participer à des spectacles de cette ampleur-là. En ce qui me concerne, je vais superviser tout ce qu’il y a de danse et je vais donc travailler dans tous les tableaux autant avec les interprètes du Cirque que d’autres. De mon côté, je travaille le plus souvent dans le hip-hop et le contemporain mais le Cirque n’a pas un style spécifique puisqu’il s’inspire de toutes sortes de choses, touchant autant un côté urbain qu’un style lyrique alors ça offre un défi vraiment stimulant que j’ai très hâte de relever.»