La pièce a fait l’objet d’une lecture-spectacle avec Céline Bonnier en 2017. Coproduite par le Théâtre français de Toronto et le Théâtre la Catapulte, elle sera à l’affiche du Centre national des arts du 31 janvier au 3 février avec la comédienne Marie-Ève Fontaine.

Tourments d’adolescence

Di, c’est Diane, 16 ans, presque 17. Dans un long monologue, « une pièce pour une femme seule », elle se dévoile en confession-fleuve. La pièce tisonne l’adolescence, l’apprivoisement de qui l’on est, la découverte d’où l’on vient. Elle marque la quatrième collaboration entre l’auteur Michel Ouellette et le metteur en scène Joël Beddows, tous deux franco-ontariens. Histoire d’un cheminement artistique sous les mêmes latitudes.

« Michel puise beaucoup dans ses origines du Nord de l’Ontario, fait remarquer Joël Beddows, ancien directeur de la Catapulte désormais à la tête du Théâtre français de Toronto. Je retrouve la lumière, l’espace, la lutte pour protéger son environnement. J’ai particulièrement été déstabilisé par ce texte où les sentiments et les images convoqués m’habitent aussi. »

La pièce a fait l’objet d’une lecture-spectacle avec Céline Bonnier en 2017. Coproduite par le Théâtre français de Toronto et le Théâtre la Catapulte, elle sera à l’affiche du Centre national des arts du 31 janvier au 3 février avec la comédienne Marie-Ève Fontaine.

« Elle incarne la projection d’un personnage qu’on ne voit jamais, explique son metteur en scène. Nous avons créé un univers onirique qui met l’accent sur la corporalité de l’interprète. »

Michel Ouellette a écrit la pièce comme un poème hiératique, teinté de surréalisme et parcouru de virages sinueux. Les thèmes intimes et politiques y foisonnent : Di expérimente son premier choc amoureux et homosexuel auprès de Peggy. Elle découvre aussi la véritable identité de sa mère (mais l’est-elle vraiment ?) et flirte avec son beau-père. À ce chamboulement intérieur s’ajoute une menace extérieure : une éviction imminente de la maison familiale ciblée par des appétits de compagnies minières. Ces glissements de terrains thématiques n’ont pas effrayé le metteur en scène, qui s’en est tenu à la forme éclatée de la pièce : « j’ai mis en avant l’aspect décousu, comme en lambeaux du texte, dit-il. Au théâtre, je crois qu’il est toujours plus fort d’évoquer que de montrer. Les jeux d’ombre et de lumière sont donc très présents et le décor est inspiré des mobiles et des kaléidoscopes. »


«Quand elle a souri, j’ai voulu l’embrasser pour mélanger ma langue avec la sienne. C’était la première fois que ça m’arrivait, ce sentiment-là. Pour une fille, je veux dire. Pour les garçons, ça faisait longtemps déjà que je leur avais offert ma bouche, que j’avais joué avec ce qui bougeait en eux jusqu’à ce que ça tremble avec des beaux trémolos puis que ça se calme finalement, tout doucement, tout chaud et humide. J’ai toujours trouvé ça plaisant de jouer avec les garçons. Mais là, avec Peggy, c’était autre chose, plus fort, plus profond. Il y avait de quoi d’inquiétant dans ce désir-là».
Extrait de la pièce

Pour se lancer dans l’arène ouellettienne, la comédienne Marie-Ève Fontaine était toute désignée : la Manitobaine d’origine avait déjà repris le rôle de Lili dans La fille d’argile de Michel Ouellette, en 2016. « À ce moment-là, j’ai compris dans quelle mesure elle pouvait voyager entre onirisme et réalité », se souvient son metteur en scène.

« On travaille bien ensemble, complète-t-il. Elle aime le risque et peut sortir des sentiers battus. C’est la première fois que je trouve de telles qualités chez quelqu’un d’aussi jeune. »

Lancement du livre et entretien 
Pour souligner la parution concomitante du Dire de di aux Éditions Prise de parole, une discussion publique entre l’auteur et le metteur en scène aura lieu le 31 janvier, à 18 h 30, à l’Espace urbain du CNA.

POUR Y ALLER

Quand ? Du 31 janvier au 3 février, 20 h

Où ? CNA

Renseignements : 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787